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27 mai 2016

Semaine Centrale Supelec "Ingenieurs Entrepreneurs ou comment faire décoller l'envie d'entreprendre !"


J’ai participé ce lundi en compagnie de Tanguy de la Fourchadière, d'Emmanuel Chain, de Xavier Fontanet, d'Alain Crozier et d'Augustin de Romanet à la Semaine "Ingénieurs Entrepreneurs" qui se déroulait  du 23 au 27 mai à Centrale Supélec. Cette initiative, soutenue par le MEDEF, l’Association Jeunesse et Entreprises, le METIl’Association des Centraliens et l’Association des Supélec avait pour objectif d'engager une réflexion sur l’entreprenariat scientifique et technique, portée par des intervenants venus du monde de l’entreprise, de l'enseignement ou de la recherche.

Ont été abordés des thèmes aussi variés que le développement et l’attractivité des entreprises, l’incubation et la création de start-up ainsi que les perspectives données aux carrières d’intrapreneurs, phénomène en plein développement au sein des entreprises. 



En synthèse,  mon propos était le suivant :
  • La jeunesse est digitale ! Elle est créative et peut apporter beaucoup à l'entreprise. Mais les salariés plus expérimentés ont un savoir-faire considérable. Il est souvent différent et complémentaire. Du coup, je crois beaucoup à l'intergénérationnel où chacun peut apporter sa valeur ajoutée à la construction de l'édifice. Donner de véritables missions aux jeunes et les encadrer pour qu'ils puissent apprendre est sans aucun doute la bonne démarche; 
  • Beaucoup de jeunes veulent se lancer dans la création d'un startup. 25% des promotions de Central Supelec par exemple ... c'est parfait. Il nous faut des entrepreneurs. Il nous faut des startup qui deviennent des entreprises et qui se développent à l'international ... au bout c'est plus de croissance et plus d'emplois !
  • Mais les startup ont aussi une autre avantage, elles poussent les PME et les grandes entreprises, le monde plus "traditionnel" à se réinventer. Je suis persuadé que cette fois le virage digital est en train de se prendre. Les entreprises ont pris conscience de la nécessité de bouger et vite. Les jeunes sont donc là aussi incontournables. Dans les grandes entreprises en particulier, ils peuvent aider à la remise en cause des statu-quo.


  • En revenant sur les startup, nous avons créé un programme chez Hewlett Packard Enterprise : Promo Start-Up. Lancée en 2014, cette initiative souligne notre engagement autour de l’innovation et de l’esprit d’entrepreneuriat. Avec ce programme,  nous souhaitons apporter toute notre expérience et notre savoir-faire pour favoriser et accélérer l'émergence de start-up hexagonales et ainsi contribuer à créer toutes les conditions pour leur réussite. Le détail des programmes est dans le lien ci-dessus. 
Je vous invite à regarder cette vidéo qui nous parle d'intrapreneuriat social et montre qu'il n'est jamais trop tard pour donner du sens à sa vie professionnelle. Elle est d'un complément intéressant. 

Je salue au passage le dynamisme de ces deux écoles, Centrale Paris et Supelec, qui n'en font qu'une aujourd'hui et qui n'en sont que plus fortes ! 


02 mai 2016

Intervention au DojoDej : entreprendre avec passion dans un monde digital !



Bonjour à toutes et à tous, 

Ce jeudi 28 avril, je suis intervenu lors d'un #DojoDej au Café-Restaurant Les Editeurs sur le thème "Diriger dans un monde digital". 
Cette initiative à été organisé par ClubDojoun club d’affaires qui réunit une communauté d’entrepreneurs - essentiellement des entrepreneurs de petite taille, des TPE, des start-ups, des professions indépendantes voire des commerçants – autour de la notion de partage de réseaux et d’expertises.
L’objectif est pour eux d'accompagner les entrepreneurs de partages d'expériences, en proposant des échanges, des formations et de nombreux services. Ces partages croisés sont évidemment très productifs pour les membres. Les événements comme le #DojoDej ont pour but d’aider les entrepreneurs à trouver des réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent au quotidien.



Au cours de ce déjeuner, nous avons bien sûr discuté de la "disruption" actuelle, de la capacité de certains à développer de nouvelles façons de faire et de nouveaux savoir-faire. Nous avons échangé plus largement autour de l'entrepreneuriat. Des mots ont aiguillé mon propos: courage, optimisme, créativité et bien sûr passion. Cela ne signifie pas qu'il faille toujours créer une entreprise autour d'une passion, mais plutôt que toute entreprise doit être construite avec passion. Et c'est cette passion qui est au final le moteur de l'action. 

Je vous propose de regarder cette courte video, présentant une vision de l'entrepreneuriat ... un optimisme contagieux !   




25 avril 2016

"Le digital, un monde qui implique de nouvelles façons de collaborer" (Décideurs Magazine)



Julie Atlan m’a interviewé pour le magazine Décideurs sur le thème de la formation en interne qui pour moi est un facteur de différenciation des entreprises.

Lien interview Gérald Karsenti

J’y évoque notamment l’Université HPE qui est accessible à tous les collaborateurs de Hewlett Packard Enterprise afin de se former en interne, mais également aux salariés de nos partenaires. Une large palette de prestations - abordant des sujets tant comportementaux que techniques -  y est disponible.

Mais je partage également dans cet entretien ma vision de la formation pour demain et de la formation managériale plus particulièrement.

Dans ce monde de "disruptions", ou les changement sont incessants, la formation de façon générale est l’un des moteurs des grands chantiers de transformation. Nous allons devoir réinventer notre façon d’enseigner et d’apprendre. N'oublions pas que les jeunes générations (Z en particulier) vont arriver en entreprise avec un regard totalement différent. 



Ces générations - digital natives par essence - auront besoin d’un autre mode de dialogue, d’échange et de collaboration avec les professeurs.
Il en est de même pour le management. Au sein de Hewlett Packard Enterprise, nous commençons à mettre en place un dispositif de serious game. Cela consiste à utiliser des mécanismes ludiques pour résoudre des problématiques pédagogiques ou d'entreprises. Même s’il peut être amusant, son objectif est toujours de faire évoluer les mentalités, de mieux se former, de s'entrainer, de se sensibiliser à de nouveaux concepts et pour les dirigeants de fidéliser leurs équipes. Au sein de Hewlett Packard Enterprise, on utilise cette méthode dans le cadre de la formation des futurs managers. 

On doit intégrer différentes formes d’intelligence et accepter que le monde ne soit plus aussi cartésien qu’autrefois. L'imprévisible fait définitivement partie de l’équation. Les méthodes d’enseignement doivent prendre ces nouvelles évolutions. L’enseignement ne peut plus être: « je sais et je vous transmets ce que je sais », mais « je sais un certain nombre de choses, vous aussi, et nous allons dialoguer et collaborer pour mieux cerner le problème posé et y apporter les réponses adéquates».  


La collaboration est au coeur du changement sociétal actuel


30 mars 2016

La Promo Start-Up 2016 de Hewlett Packard Enterprise France dans les starting-blocks !

Le 23 mars dernier a eu lieu le lancement de la toute nouvelle "Promo Start-up 2016 HPE"- deuxième édition du Programme HPE Start-Up lancé en novembre 2014, à la Galerie de Pierre (8e).

Ce lancement fut une véritable réussite avec 62 personnes présentes dont 20 parrains/marraines du groupe HPE. A l’occasion de ce cocktail déjeunatoire, les start-ups de la Promo 2016 ont pu rencontrer leurs parrains/marraines mais également les start-ups de la Promo 2015 afin de partager leurs différentes expériences.

Le principe de cette "Promo Start-up" est d'accompagner une sélection de start-up en leur attribuant pendant une année un parrain, qui accompagnera ces jeunes pousses sur des problématiques techniques ou business.

Apporter autant que possible notre expérience, notre savoir-faire et notre soutien pour favoriser le développement de ces nouvelles entreprises est notre premier objectif. Nous voulons également contribuer au développement de l'emploi en France. Ce projet souligne l'engagement de notre entreprise en faveur de l'innovation et de l'entreprenariat. 

Notre jury a été particulièrement attentif aux critères suivants : le caractère innovant, la solidité de l'équipe, les référence de l'entreprise, son financement, sa stratégie de développement et l'importance de l'utilisation des technologies. 

De gauche à droite : Vijay Raghavan le créateur de Bluemint Labs, Vivien Garnès le CoFounder-Coo d'Upfluence et Christophe Fontaine d'Hewlett Packard Enterprise

L'an dernier, nous avons accompagné 22 start-up et bon nombre d'entre elles se sont vues pousser des ailes avec notre collaboration (Genymobile, Qarnot Computing, Pulpix, ... ). Nous ne sommes sans aucun doute pas la seule raison de leur succès, mais nous y avons certainement contribué. C'est très gratifiant. C'est donc tout naturellement que nous avons décidé de renouveler l'expérience en accompagnant  24 nouvelles pépites pour 2016.

Voici la liste de la promo de cette année, retenez bien ces noms vous allez en entendre parler ! 

Vous pouvez suivre l’actualité du programme HPE Start-up sur le nouveau blog dédié à l’innovation : http://milkshakevalley.com/












28 mars 2016

Hewlett Packard Enterprise à la Fondation Louis Vuitton : la révolution digitale est en marche !



Le mardi 22 mars, la Fondation Louis Vuitton ouvrait ses portes à Hewlett Packard Enterprise France et à nos clients, pour une soirée haute en couleurs.

Une centaine de nos plus grands clients DSI et CTO ainsi que nos principaux partenaires ont accepté notre invitation dans la somptueuse Fondation Louis Vuitton, pour une soirée concoctée par nos soins pour le lancement de Hewlett Packard Enterprise en France.

J'y ai partagé ma vision sur les enjeux et les défis auxquels notre société est confrontée alors que les entreprises sont engagées dans la plus grande transition numérique de leur histoire. Bruno Buffenoir, Vice-président chez Hewlett Packard Enterprise,  a alors détaillé notre stratégie ‘New Style of Business’ autour de nos 4 offres stratégiques des ‘Transformation Areas’, afin de démontrer que nous sommes un partenaire clé pour accompagner nos clients dans cette transformation. Enfin nos clients, accompagnés de leurs conjoints, ont pu profiter d’un cocktail dinatoire et d’une visite privée de la Fondation et de ses expositions.

Je vous invite à lire un article tiré de Le Monde Informatique, résumant la soirée. 







09 février 2016

L'audace, moteur du changement !

Après l'introduction du général Jean-Paul Palomeros, je suis intervenu en lancement du Colloque de l'Armée de l'air sur le thème de : "L'audace, moteur du changement : regards croisés sur la transformation de l'Armée de l'air."

Je partage avec vous en synthèse mon intervention. 

Le changement est le propre de l'homme. Nous pouvons observer que le changement fait partie de nos vies et que de façon récurrente, l'humanité a pu avancer grâce aux innovations et ... aux changements. 

Du reste, le changement est le propre du leadership. Le leadership s'inscrit dans une dynamique de mouvement, de vitesse et de persuasion permanente, alors que le management se positionne plutôt dans le cadre d'une gouvernance organisée et structurée. Si le changement caractérise le leadership, le contrôle peut être considéré comme la mission principale du management. D'où l'expression bien connue en parlant d'un manager : "il est (ou pas) sous contrôle".  

Plus que jamais, être dans le changement est clé. Mais pas n'importe lequel ! Nous sommes entrés dans une période de profonde mutation, où ne rien faire est synonyme de gros problèmes à venir. La disruption qui frappe nos sociétés est bien réelle. Nous sommes entrés dans la quatrième révolution industrielle qui fait naitre grâce au digital une économie collaborative et partagée. Nous avons un devoir de veille et d'adaptation. 

Du reste, les moteurs du changement ont évolué au cours du temps. Avant la seconde guerre mondiale, le moteur était la pensée. Après 1945, le moteur devient la reconstruction industrielle car l'économie est à terre. Les ingénieurs prennent le pouvoir. Viennent les trente glorieuses. Deux chocs pétroliers et nous entrons dans une nouvelle ère, celle dominée par les marchés financiers, nouveaux moteurs de l'économie mondiale. Il en sera ainsi jusqu'à la naissance de l'internet qui signe l'avènement de l'âge de l'information. Mais après l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000, il fallait un nouvel essor et ce sera le cas avec l'innovation. La créativité devient le moteur de notre société. D'où l'émergence des startups qui créent de la valeur, "disputent" tout sur leur passage et obligent les entreprises dites "classiques" à se réinventer. 

Face à cela, quelles sont les responsabilités du dirigeant ? D'abord, construire une équipe. "Avoir les bonnes personnes dans les bons jobs pour accomplir les bonnes tâches au bon moment". Ensuite, ne pas rater un ou plusieurs virages. Et dans ce monde digital, il est facile de passer à côté de l'essentiel. 

La maitrise de la technologie n'est pas tout, bien sûr, mais elle est devenue essentielle. Si la première vague des startups s'est échouée contre les récifs au début des années 2000, c'est essentiellement parce que la promesse technique était supérieure à la réalité. Ce n'est plus le cas. Cela explique le succès des plateformes collaboratives

Les facteurs de réussite de toute transformation sont multiples. Je voudrais en citer trois : 
  • Remettre les femmes et les hommes au coeur de la transformation;
  • S'appuyer sur une culture forte, le ciment;
  • Donner du sens aux actions et à l'acte de transformation, ce qui permet de générer l'adhésion de tous. 
L'audace, thème de la session, est essentielle lorsqu'il est question de changement. Elle est intimement liée à la création, à l'entreprenariat, à l'innovation, à la créativité. Elle doit être maitrisée mais elle est essentielle. Sans elle, rien n'est possible car l'audace rime avec prise de risques. Tout ce dont nous avons besoin aujourd'hui.

Site du Ministère de la Défense - annonce du Colloque

Deux tables rondes très intéressantes ont suivi les deux introductions, sur les motivations du changement et les facteurs de réussite de la transformation.

01 février 2016

Ces nouveaux acteurs qui rebattent les cartes / Seront-ils les leaders de demain ? (deux posts dans LinkedIn)

Je voudrais partager avec vous mes deux premiers posts publiés sur LinkedIn en tant qu'Influencer. Ils portent sur la révolution digitale et la disruption qui en découle. 

Post 1 : 
Uber, Airbnb, Booking.com ... ces nouveaux acteurs qui rebattent les cartes






Post 2 : 
Uber, Airbnb, Booking.com ... seront-ils les leaders de demain ?

29 novembre 2015

La 1Oème Edition des Etats de la France s'est déroulée le 18 Novembre dernier


Cette année se déroulait la 10ème édition des Etats de la France. Comme depuis quelques années maintenant, nous nous sommes retrouvés dans le magnifique amphithéâtre du Conseil Economique, Social et Environnemental. Ci-dessous, en voici quelques éléments de synthèse. Y figurent aussi les informations  nécessaires pour obtenir plus de details. J'ai eu le plaisir d'accueillir Emmanuel Macron, Axelle Lemaire et de présider la table ronde sur le numérique.
CONSERVER LE CAP, ACCELERER LE RYTHME, AMPLIFIER L'EFFORT

Matthias Fekl

A l’issue de la 10ème édition des Etats de la France qui s’est tenue mercredi 18 novembre au Conseil économique, social et environnemental, plus de 500 représentants de sociétés à capitaux étrangers installées en France ont fait part de leurs « Recommandations pour améliorer l’attractivité du site France ». Un « Manifeste des Etats de la France 2015 », signé par 100 Présidents de filiales françaises d’entreprises multinationales, a été publié ce même jour dans le quotidien Les Echos pour porter ces recommandations. Ont été dévoilés les résultats d’un sondage Ipsos / EY / Etats de la France réalisé auprès de 200 dirigeants sur leur perception de l’impact des réformes engagées en matière d’attractivité. Ci-dessous Matthias Fekl en introduction de cet événement.

Table ronde L’Embellie
Une table ronde
Cette 10ème édition a été ouverte par un message de solidarité de la communauté des entreprises étrangères avec la France dans l’épreuve qu’elle traverse depuis les tragiques événements du 13 novembre. Une minute de silence a été respectée en mémoire des victimes.
Muriel Pénicaud
Muriel Pénicaud
Quatre membres du gouvernement, vingt-cinq présidents de filiales françaises d’entreprises étrangères, le président du MEDEF, la directrice générale de Business France et plusieurs grands témoins, ont débattu de l’attractivité de la France devant 500 participants.
Gérald Karsenti
Gérald Karsenti
Au total, six tables-rondes ont abordé le thème de l’attractivité de la France sous différents angles :
  • L’attractivité de la France s’est-elle améliorée depuis un an ?
  • Comment nous inspirer des bonnes pratiques étrangères pour aller plus vite, plus loin, plus fort dans la réforme ?
  • Comment faire de la transition énergétique un facteur d’attractivité pour la France ?
  • Comment mieux valoriser l’atout « innovation » pour améliorer l’attractivité de la France ?
  • Comment faire en sorte que les investissements étrangers soient plus créateurs d’emplois ?
  • Comment faire de la révolution numérique un facteur d’attractivité de la France et attirer les talents de la nouvelle économie ?
Nous tenons une fois encore à remercier tous les intervenants et participants, ainsi que nos partenaires.
Rendez-vous l’année prochaine pour la 11ème édition des Etats de la France !
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

L'attractivité de la France selon les responsables de sociétés étrangères

Thierry Mandon
Thierry Mandon
Pour nourrir la réflexion, les Etats de la France en collaboration avec EY ont demandé à Ipsos de réaliser, pour la deuxième année consécutive, un sondage sur l’image de la France auprès des responsables de sociétés étrangères ayant plus de 250 salariés en France.
Le pays est-il jugé attractif pour les entreprises ? Les mesures prises vont-elles dans la bonne direction ? Sont-elles à la hauteur des enjeux ? Comment les perceptions ont-elles évolué depuis un an ?
À ces questions, l’enquête dévoilée le 18 novembre a apporté plusieurs éléments de réponse :
  • La perception globale de l’attractivité de la France progresse positivement et l’action du Gouvernement dans ce domaine est saluée ;
  • Les mesures prises depuis deux ans sont jugées comme allant dans le bon sens mais restent insuffisantes pour répondre aux attentes des entreprises étrangères ;
  • Bien que toujours dégradée, l’image de la France s’améliore auprès des sièges mondiaux.
Les recommandations prioritaires des Etats de la France 2015 
Axelle Lemaire
Axelle Lemaire
Les entreprises multinationales représentées aux Etats de la France ont présenté 7 mesures phares :
1. Installer de nouvelles règles de gouvernance pour améliorer l’attractivité de la France
2. Refonder le droit du travail pour favoriser la création d’emplois
3. Améliorer l’écosystème de l’innovation en rapprochant le monde de la recherche, de l’entreprise et de l’université et améliorer son financement et sa fiscalité
4. Faire de la numérisation de la société française un facteur d’attractivité pour la France en facilitant le développement des start-ups ainsi que leur alliance avec les grands groupes
5. Attirer les talents de la nouvelle économie pour renforcer l’attractivité de la France
6. Favoriser l’installation des quartiers généraux et des centres de décisions internationaux des multinationales
7. Mettre la transition énergétique au cœur de la politique d’attractivité de la France
Pierre Gattaz
Pierre Gattaz en clôture
propos des Etats de la France :
Fondés par Denis Zervudacki, Président de D.Z.A., les Etats de la France constituent le rendez-vous annuel des sociétés à capitaux étrangers pour qu’elles puissent, dans une approche résolument « francoptimiste », faire entendre leur voix sur la problématique de l’attractivité du site France. Ils ont pour objet de permettre aux multinationales de débattre des ressorts de l’attractivité de la France et de former leurs recommandations pour que notre pays soit mieux irrigué par les investisseurs étrangers. Pour cette 10ème édition, les Etats de la France étaient soutenus par plus de 70 grandes entreprises partenaires, dont 6 partenaires stratégiques : Accenture, Adecco, EY, Hewlett-Packard Enterprise, Roche et Siemens.   

04 octobre 2015

C'est le moment de nous demander si nous avons les bons leaders en place ?

Sommes nous bien gouvernés ? De toujours, cette question alimente les débats, les discussions de comptoir dans les bars de quartier et les échanges animés à la machine à café. Nous avons tous notre avis sur la question. Nous observons les dirigeants d'entreprises et les leaders politiques et nous nous forgeons une opinion sur eux. Cette position est souvent définitive. Il y a une raison à cela. 

Mais avant de voir cela, une autre question se pose à nous : jugeons nous avec les bons critères ? 

Elle est en réalité toute aussi importante que la première. Peut-être l'est-elle même davantage ?  

Alors même que l'Occident, France en tête, est le temple de la rationalité, nous concentrons généralement notre analyse sur des critères extérieurs généraux, tels que l'énergie déployée ou la clarté des propos. Un tribun de scène sachant restituer en des termes simples sa vision du monde de demain a toutes les chances de plaire. Et ceci qu'il soit engagé en entreprise ou en politique. C'est pour cela que nous ne changeons que très rarement d'avis. Parce que nous n'allons que très rarement dans le fond des choses, par manque de temps essentiellement. Les politiques le savent bien et jouent sur tout le reste pour influencer nos choix. 

Pourtant, nous savons bien que l'essentiel n'est pas là. Certes, bien présenter, bien communiquer et avoir du charisme sont des éléments déterminants, mais ils ne peuvent suffire à orienter un navire dans la bonne direction. 

Du moins plus aujourd'hui. Nous sommes en effet entrés dans une transformation profonde de notre société, des entreprises en particulier. Nous sommes en "disruption" selon le terme consacré. Toutes les activités, tous les secteurs d'activité, tous les métiers, sont en passe d'être revisités par de nouveaux entrants, les "nouveaux barbares" comme titrait récemment le journal "Le Point". Maurice Levy, patron de Publicis, a trouvé cette formidable formule lors d'une interview au magazine Fortunes "tout le monde peut être ubérisé !". Tout est dit ! 

Il se dit que nous aurions produit plus de données dans les deux dernières années que depuis la naissance de l'humanité ! S'il est sans doute difficile de vérifier cette statistique avec une certitude absolue, nous mesurons bien l'enjeu et l'ampleur des mouvements engagés. Les applications se multiplient, les réseaux sociaux explosent, le monde vacille. Les objets connectés, le "cloud", le "big data" sont des termes techniques certes, mais connus à présent de tous. Car en quelques années, l'informatique a été rebaptisée. On ne parle plus de systèmes d'information mais de numérique ou de digital. En quelques temps surtout, les présidents de sociétés, leurs comités de direction plus généralement, se sont emparés de la question "numérique", conscients de son importance, des enjeux financiers qui lui étaient attachés et des conséquences possibles dans l'hypothèse où certains virages ne seraient pas pris. 

Le leader de demain, dirigeant d'entreprise ou politique, doit assurément comprendre ce monde en mouvement. Il doit se l'approprier, prendre conscience que plusieurs générations sont et vont se côtoyer à ses côtés, sans se comprendre parfois, les uns étant des "digital natives" ou presque, les autres d'une époque plus lointaine. Ces derniers, du moins la plupart d'entre eux, tentent de se raccrocher aux branches, et la plupart se débrouillent finalement très bien. Et cela tombe bien. 

Il n'est en rien question d'âge ici. La bêtise n'attend pas les années pour s'imposer et les plus expérimentés ne sont pas forcément les plus réfractaires à la technologie et plus largement au progrès technique. 

Quand on voit la vitesse à laquelle des secteurs se voient chahutés par des nouveaux entrants. L'hôtellerie avec Airbnb ou booking.com, les logisticiens avec Amazon, la SNCF avec Blablacar ou les réseaux par car, etc.,  les exemples ne manquent pas, on se dit qu'actuellement mieux vaut connaitre ses gammes ! 

Du coup, l'expérience accumulée compte bien moins aujourd'hui. Car la plupart du temps, elle devient plus ou moins obsolète dans les deux ans qui suivent. Bonne nouvelle, nous sommes confrontés à une obligation de compétence et de résultat ! 

Il est temps de disposer des leaders 
aptes à construire le monde de demain

Les questions à se poser sont alors simples. 

S'il s'agit d'un dirigeant d'entreprise :
  • Est-il en train de prendre les bonnes options sur le marché ? 
  • A-t-il une bonne compréhension des enjeux du numérique et de ses conséquences possibles sur l'entreprise ? 
  • S'est-il bien entouré ? A-t-il positionné des Gen Y, les plus jeunes, aux côtés de Gen X ou de babyboomers pour bénéficier à plein de leurs atouts respectifs ? 
  • Va-t-il au contact des équipes, des clients, de son écosystème pour s'imprégner des mouvements qui se produisent tout autour de lui ? 
  • Est-il capable de prendre les bonnes décisions pour éviter le pire à l'entreprise ? 
  • Et bien d'autres points bien sûr ...
Au final, les conseils feraient bien de s'en assurer. Car si des groupes comme AXA ou Accor ont pris le sujet à bras le corps, d'autres peinent à décoller un premier niveau d'analyse. 

S'il s'agit d'une femme ou d'un homme politique, les questions sont un peu les mêmes. Mais l'absence de compréhension de ce monde numérique qui se profile sous nos yeux est quasi éliminatoire. 

De nombreuses enquêtes montrent qu'aujourd'hui réussir la mutation numérique est une condition de survie pour de nombreuses entreprises. Dans tous les cas, en ne prenant pas aujourd'hui certains virages technologiques, on se prépare des lendemains très douloureux. 

Il en est de même bien sûr en politique. Je ne donne bien entendu aucun conseil, souhaitant garder une parfaite neutralité, mais il est un fait que nous jouons ces prochaines années une partie très importante. La gagner c'est mettre la France ou l'Europe si nous voyons plus large, sur les bons rails. La perdre c'est la garantie de décrocher face à la redoutable férocité des adversaires.

Nous n'avons donc jamais eu autant besoin de leaders adaptés au monde de demain, tant en politique que dans les affaires. Les critères sont la définition d'une vision simple et claire, une parfaite compréhension des enjeux du numérique, une écoute active, un sens de l'humain et de l'émotionnel (on veut s'éloigner du fameux QI), une certaine distance par rapport aux approches de court terme, etc.

Fort de cela, lorsque vous voterez, dans la solitude de l'isoloir, songez à ces qualités requises et faites les bons choix. Fort de cela, cette grille de référence à l'esprit, que vous ne manquerez pas de développer, vous saurez si le ou les leaders de votre société sont à même de vous entrainer vers la lumière !

Une chose est certaine, la compétition fait rage. Ces dernières années, la France a perdu son 5ième rang mondial au profit du Royaume-Uni. Certes, nous disposons de nombreux atouts, mais encore faut-il que nous fassions les bons choix en matière d'investissement, sur le plan des secteurs d'activités à développer ou des formations à adapter, etc.

Toutes ces décisions conditionnent en réalité ce que nous serons dans 5 à 10 ans ! Est-ce terrifiant ou au contraire excitant ? Je vous laisse juge, mais en tout état de cause, telle est notre feuille de route. 

09 juin 2015

Innovations : quel nouveau visage pour la France de demain ?

Je suis intervenu hier dans le cadre d'une table ronde organisée par "Génération Entreprise - entrepreneurs associés", avec Natacha Polony, journaliste bien connue (Europe1, Canal+, Le Figaro), Pascal Dalloz, Directeur Général Adjoint chez Dassult Systèmes et Christian Peugeot, directeur des affaires publiques et délégué aux affaires extérieurs de PSA Peugeot Citroën.

Site Génération Entreprise - Entrepreneurs associés

Le thème de la table ronde était : "L'innovation : clé du redressement économique français". Un thème qui m'est bien sûr très cher. 

Le sujet que j'ai abordé plus particulièrement était : "se réinventer à l'heure du digital : la révolution digitale transforme les business models des entreprises". Le sujet est d'actualité et bien entendu vital pour pour le futur de notre pays et des entreprises françaises.

Voici une synthèse de mon intervention : 

En quelques années, nous sommes passés de l'Octet au Digital. On ne parle plus de systèmes d'information traditionnels mais d'usine numérique, où comme pour la délivrance d'énergie électrique, nous allons vers un modèle de "catalogue de services". Aujourd'hui, personne ne cherche à savoir ce qu'il y a derrière une prise électrique à la maison lorsqu'il branche un appareil. Qu'il y ait au bout une centrale (électrique ou nucléaire) n'est pas notre souci, nous voulons un service 24h / 24, 7jours/7 et payer en fonction de ce que nous utilisons. Demain, il en sera de même avec l'informatique. Les clients veulent acheter des services et payer à la consommation. "Pay for use". Par exemple, vous dirigez une PME, vous avez 10 salariés, vous voulez que l'on adresse 10 bulletins de paie, fin de mois. Si vous en voulez 12, vous voulez voir votre facture ajustée en conséquence. C'est une confort absolu. C'est en même temps une révolution et un changement drastique. HP fonctionne déjà dans ce modèle pour les clients qui le souhaitent. Mais c'est le modèle où le marché va. Les implications de ce type de mouvements ne vont pas être neutres. Il y aura des conséquences sur divers points. 

On ne parle plus de technologie pour la technologie, mais d'usage. Ce que l'on peut faire des technologies acquises est bien plus important. C'est un changement majeur, y compris sur le plan des mentalités. 

McKinsey a publié en 2014 une étude "Accélérez la mutation digitale" montrant que la France est bien placée en matière de digitalisation pour le particulier, mais pas pour l'entreprise, où nous sommes mal classés. J'ai rajouté qu'à la maison nous sommes au 21ème siècle, avec les tablettes, smartphones, etc. mais dans l'entreprise ce n'est pas encore le cas, et le "bring your own devise" a sans doute aidé mais nous sommes loin de pouvoir réussir la convergence de toutes les technologies. Et là, sur ce sujet, nous sommes engagés dans une course contre la montre. Il faut dire que la mutation a été rapide. En moins de 30 ans, ce qui est très court, on a vu naitre l'ordinateur personnel, l'internet, les technologies objet, le Cloud, le Big data, les objets connectés, les réseaux évolués et ultra-performants, les réseaux sociaux. Sous peu, d'ici 2030, chaque mois, on connaitra le même niveau d'innovation que pour tout le 20ème siècle ! C'est un mouvement de fond. 

Les dirigeants prennent conscience de l'importance de cette mutation digitale mais très lentement. Il faut maintenant bouger plus vite. 

Il faut en même temps prendre conscience que la compétition semble parfois déséquilibrée. Les nouvelles sociétés qui émergent dans le monde, Uber, Alibaba, Airbnb, Booking.com, etc. transforment le monde des affaires et le rapport au monde mais sans posséder le capital lui-même. Amazon est un acteur de la distribution mais n'a aucun inventaire, Facebook est un leader média mais ne fabrique pas de contenu, Uber n'a aucun véhicule en propre etc. Les entreprises dites classiques doivent compenser en fait leur structure de coûts. Autrefois, posséder donnait de la valeur. Mais est-ce toujours le cas aujourd'hui ? Question intéressante. 

Il faut apprendre à travailler avec d'autres générations. L'inter-générationnel est en fait devenu un facteur critique de succès ou d'échec. 

Tout le monde a peur de se faire "Ubériser". C'est tellement fort qu'on en a fait une formule ! Dans le monde l'hôtellerie par exemple. D'un côté il y a Airbnb qui vient prendre aux acteurs en place des pans entiers de business et de l'autre Booking.com qui prend possession de la relation clients. Ne rien faire c'est aller assurément dans le mur. On peut signaler le plan stratégique bâti par le Groupe Accor qui me semble pertinent, solide et en ligne avec les attentes du marché. 

Les règles sont maintenant : désintermédiation, dématérialisation et immédiateté. 

En conclusion, j'ai indiqué que selon moi la mutation digitale stimulait la mutation sociétale qui est en cours, elle-même engendrant une mutation humaine sans précédent. Il faut revoir la façon dont nous préparons les futures générations de leaders. Le monde de l'éducation va devoir aussi se mettre au digital, les Moocs étant un bon exemple. Le leader de demain n'aura que peu de choses en commun avec ceux d'aujourd'hui. Nous sommes là aussi face à une évolution majeure, à venir. 

Des questions devront néanmoins être posées et traitées : quelles sont les limites de l'acceptable sur un plan éthique ? Quelles évolutions sociales à venir ? Futur du contrat de travail ? Transhumanisme et limites ? 

Au final, l'Etat a un rôle majeur à jouer sur ce plan, celui de mettre le curseur là où il doit être mis, sans transférer cette responsabilité au monde du privé, aux grandes multinationales en particulier. Cet effort est à mener sur un plan international. 

Nous sommes au coeur d'une révolution unique.