25 mars 2012

Spiritualité et leadership

Emmanuel Toniutti
Il m'a semblé intéressant de partager avec vous un texte écrit par Emmanuel Toniutti, PDG d’IECG (International Ethics Consulting Group), docteur en philosophie et théologie. Chef d'entreprise et coach de dirigeants depuis dix ans, Emmanuel a une approche originale du leadership et des questions de société en les replaçant dans une perspective morale des plus intéressantes et en livrant sa vision du management responsable.  Il a récemment publié « L’Urgence éthique, une autre vision pour le monde des affaires ». Voici donc un article publié dans son blog (adresse ci-dessous). 

Spiritualité et Leadership, par Emmanuel Toniutti.
Publié le 21 mars 2012 
Le mot spiritualité renvoie à la manière dont notre esprit ressent le lien intime qui nous unit à nous-mêmes, aux autres êtres humains, à la nature et au cosmos tout entier. Ce qui permet le ressenti intuitif de ce lien est l’âme. L’âme est le souffle de vie donné par l’inconditionné.
L’inconditionné est le principe des origines qui n’est soumis à aucune condition. En théologie, nous l’appelons Dieu ; en philosophie, le fondement de l’Être. La spiritualité est donc une approche de l’existence qui permet â l’être humain de se mettre en paix avec son âme pour développer une juste relation avec soi-même et les autres. Mais notre monde se compose d’être et de non être ; autrement dit de bien et de mal. Notre âme se trouve donc naturellement soumise à ces deux énergies négative et positive qui se complètent. Dans la mystique, nous appelons ce principe la coïncidence des contraires (1). L’art de conduire sa propre vie réside dans cette capacité à gérer ce qui semble a priori s’opposer.
Le leadership est cet art qui se manifeste par sa capacité à fédérer et à mobiliser les énergies. S’il consiste aussi à prendre des décisions et conduire des plans d’action cohérents avec des valeurs humaines fortes dans lesquelles nous croyons, il est avant tout la capacité à savoir gérer ses émotions personnelles. Le leadership nous questionne sur la manière dont nous pouvons apprendre à reconnaître et apprivoiser les peurs inconscientes qui viennent, malgré nous, parasiter nos comportements. Ainsi pour connaître les tendances de son type personnel et celles des personnes de son entourage, à IECG nous utilisons une tradition spirituelle millénaire : l’Ennéagramme.
Il s’agit d’une méthode de connaissance de soi, un moyen de développement personnel dont le but est de définir le modèle de leadership personnel qui nous permettra de devenir, dans un premier temps, leader de nous-mêmes. « C’est d’abord parce que je me remets en cause que j’apprends ce qui en moi fait obstacle à la relation » (2).
Son approfondissement, jamais terminé, nous conduira à développer ensuite notre capacité à donner du sens aux autres et à les faire adhérer à un projet de société qui dépasse largement la seule obsession de performance économique de l’ultralibéralisme ambiant actuel. A ce sujet l’utilisation de l’ennéagramme dans les entreprises est souvent une falsification de son utilisation d’origine. Il n’est ni un outil pour recruter ou évaluer les collaborateurs ni pour développer des processus de communication qui consisteraient à manipuler les autres. Au contraire “l’ennéagramme est la plus ancienne, la plus pertinente, la plus juste des méthodes de connaissance de soi, de connaissance des autres, de développement personnel et spirituel” (3).
Dans l’Ennéagramme, il existe pour l’être humain neuf types de personnalité soumis chacun à une énergie positive (la vertu) et une énergie négative (le vice). Lorsque l’être humain se sent bien dans sa peau, il se tourne naturellement vers l’être, c’est-à-dire sa vertu ; quand il se trouve sous stress, il tend naturellement vers le non-être, c’est-à-dire son vice. Les vices proviennent des peurs personnelles qui ont conduit à la construction de notre personnalité durant notre petite enfance. Ils s’activent naturellement, sans même que nous en ayons conscience, lorsque nous nous trouvons sous pression. C’est pourquoi
“Chacun de nous est un conglomérat de certaines qualités, talents, forces, faiblesses …. organisés rassemblés d’une manière particulière et originale” (3).
Certains font remonter la découverte de l’ennéagramme au VIe siècle avant J.C. en la personne de Pythagore, presque tous s’accordent pour citer les Pères du désert au Ve siècle de notre ère mais c’est au sujet de la présence du diagramme – symbole de l’ennéagramme – chez les maitres soufis que tous s’accordent enfin (3).
La tradition spirituelle d’origine propre à l’Ennéagramme ouvre alors sur un espace dans lequel Dieu, ou le fondement de l’Être, a cette capacité à venir nous envahir de son souffle pour nous conduire sur le chemin de la vertu, afin de dépasser les vices qui nous paralysent. Cette rencontre avec Dieu, ou l’Être, dans la contemplation, la méditation et la réflexion nous permet de nous mettre en paix avec nous-mêmes.
Seul l’esprit pacifié acquiert la capacité à développer l’amour fraternel nécessaire à l’édification d’une société dans laquelle les êtres humains se reconnaissent comme des frères provenant d’une même origine. À ce stade, l’Homme pacifié laisse émerger les ressources émotionnelles et rationnelles de son être intérieur pour construire des relations d’équité entre les personnes.
Le thème “Spiritualité et Leadership” répond ainsi à la préoccupation ultime du sens à donner à notre vie : que nous soyons leader d’une situation, d’une équipe ou d’une organisation, nous avons impérativement à mettre en pratique le principe de responsabilité qui consiste à mesurer l’impact de nos décisions et de nos comportements sur nous-mêmes et les autres. Une telle approche nous conduit nécessairement à revisiter les concepts inhérents à tout modèle de leadership éthique : l’autorité, l’amour et la justice (4).

(1) Cf. Maître Eckhart pour la spiritualité occidentale et la philosophie du Yin et du Yang pour la spiritualité chinoise.
(2) Marielle Bradel, L’ennéagramme, un chemin de vie, DDB, 2011
(3) René de Lassus, L’ennéagramme, les 9 types de personnalité, Marabout, 1997            
(4) L’autorité est le contraire du pouvoir. L’amour est le contraire de la recherche  obsessionnelle de l’argent. La justice est le contraire de l’iniquité.

Conférence au Wine & Business Club

Le "Wine & Business Club", fondé et dirigé par Alain Marty, organisait une conférence le 07 février dernier au Pavillon Ledoyen sur le thème "Crise réelle ou opportunité". Invité à participer à ce débat lors d'une table ronde, je me suis retrouvé avec Nicolas Leroy-Fleuriot, PDG de Cheops Technology, Alain Ribet, journaliste, directeur général du magazine Objectif Aquitaine et co-repreneur de la Tribune et Nathalie Triolet, directeur associé de Naxicap Partners. Nous avons débattu de la position française dans le concert européen. La France a certes une balance commerciale qui ne lui est pas favorable, mais en même temps notre dépendance au commerce extérieur est moins forte que dans le cas de l'Allemagne par exemple. Par ailleurs, et contrairement à une idée reçue, les investisseurs n'investissent pas moins en France que dans le reste des pays européens, l'Euro-15 en particulier. Par ailleurs, la consommation reste relativement soutenue. Cela ne doit pas cacher les difficultés qui se présentent à nous. Le chômage augmente, la  dette n'a jamais été aussi forte et qui sait si les autres agences de notation ne nous dégraderont pas sous peu. Si cela venait à se confirmer, alors nous aurions sans doute à vivre des moments plus tendus. Mais nous n'en sommes pas là. Le challenge principal est de relancer notre économie en dynamisant nos PME-PMI. Elles peuvent créer des zones de croissance et au final des emplois. Nous avons en France des atouts fantastiques, notre niveau de formation est élevé et notre infrastructure globale de haut niveau. Nous sommes par essence une terre d'asile de grande qualité pour des pôles d'expertise et le développement de groupes internationaux en Europe.
Site "Wine & Business Club"

18 mars 2012

SFR et HP concluent un accord stratégique dans le cloud computing

Vidéo du partenariat SFR/HP : Pierre Barnabé et Gérald Karsenti


SFR Business Team et HP ont annoncé un partenariat stratégique dans le cloud computing. En cliquant sur le titre, vous pouvez accéder à toutes les informations relatives à cet accord. En synthèse, après une étape 1, signée il y a maintenant deux ans environ (partenariat technologique), les deux groupes s'engagent dans une nouvelle phase, dont le but est de joindre leurs forces commerciales respectives, internes et externes (partenaires) pour commercialiser les offres communes. Dès le 11 avril 2012, les deux partenaires proposeront une "Suite infrastructure cloud" de SFR, reposant sur une architecture / infrastructure CloudSystems Hewlett-Packard (HP), qui permettra aux entreprises (le coeur de cible étant celles allant de 10 à 5000 personnes) de se voir offrir tout un ensemble de services et d'applications propres à les accompagner dans leur développement. Cet accord a été annoncé devant un ensemble de journalistes par Franck Esser, PDG SFR, Yves de Talhouët, Senior Vice President, HP EMEA, Pierre Barnabé (en photo) et moi-même.
Gérald Karsenti
PDG HP France
Pierre Barnabé
DG SFR Business Team


Quelques papiers sur le sujet :

04 mars 2012

Le facteur chance

Un ami m'a adressé cette vidéo du professeur Philippe Gabilliet, ESCP. Il traite d'un sujet peu abordé, à savoir le facteur chance dans la vie ... Je vous laisse découvrir cette vidéo, vous faire une opinion et éventuellement échanger avec moi. J'ai pour ma part le sentiment que l'on peut effectivement provoquer la chance. Certaines personnes semblent destiner à toujours réussir, d'autres pas. Ne dit-on pas de certains/certaines qu'ils "transforment en or tout ce qu'ils touchent" ou d'autres qu'ils ont "la poisse" ? Difficile de répondre avec certitude. Les choses sont-elles marbrées ? Avons-nous une destinée ? Où peut-on influencer le cours des choses ? Voilà bien des questions intéressantes à se poser en ce début de dimanche !  


19 février 2012

Et si les femmes prenaient vraiment le pouvoir ?

Jeune étudiant, je me suis posé une question lancinante: que se passerait-il si les femmes venaient à prendre le pouvoir ? Je veux dire ... vraiment ! Pas de façon épisodique pour faire bien dans les statistiques. On se souvient de l'histoire des "jupettes" du premier gouvernement Juppé de 1995. Près de 30% de femmes et au final un échec qui avait fait couler beaucoup d'encre. Pas de jugement politique dans ce propos, la gauche n'a pas fait mieux depuis. Selon une étude récente, seulement 5% des postes de direction les plus importants dans les entreprises sont occupés par des femmes. Elles siègent par ailleurs peu souvent dans des législatures élues. Ces résultats éloquents sont le résultat d'un échec retentissant des classes politiques. Un échec qui au fond arrange bien ... les hommes !
Alors on se dit que le monde serait peut-être plus pacifique avec des femmes aux commandes. Pas 5, 10 ou 20%, mais plutôt ... 40, 50 ou 60%. Pour qu'elles puissent imprimer leur style, avoir un impact sur les mouvements de société, mettre leurs empreintes là elles se trouvent, elles doivent être à égalité avec les hommes. Etre une femme au pouvoir dans un monde d'hommes laisse peu de chance au succès. On reproche souvent aux femmes de ne pas avoir fait des choses différentes lorsqu'elles en avaient la possibilité. Mais d'une part, elles en ont peu souvent l'occasion, les statistiques sont édifiantes à cet égard, et d'autre part, elles doivent souvent composer avec les hommes puisqu'ils en ont globalement les rênes. Qu'adviendrait-il si les règles n'étaient plus fixées par les hommes ? Nous ne pourrons le savoir qu'une fois au pouvoir. Y-a-t-il un risque ? Certainement. Du moins, les détracteurs de l'idée d'un rééquilibrage avancent qu'elles n'ont pas l'expérience du pouvoir, de la prise de décision, du management. Ils avancent aussi que les hommes eux ont un recul de plus de 5000 ans, si l'on commence l'histoire des Hommes à la Genèse. Mais ce sont d'abord 5000 ans de guerres, de conflits, de conquêtes, de tueries, ... Avons nous déjà vu des femmes se liguer entre elles pour attaquer en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud un village voisin ? A-t-on vu une femme torturer ? Hitler ou Mussolini n'ont jamais eu d'équivalents en femme ! Que Dieu soit loué ! Bien sûr, il y a des exceptions, certaines femmes sont indignes, au même titre que les hommes. Certaines femmes n'ont pas de conscience. Certaines femmes n'ont pas d'états d'âme. Mais globalement les femmes ont un point qui les différencient des hommes : elles ont l'instinct maternel. Et cette pulsion les pousse à protéger leurs progénitures, à faire perdurer leur espèce. C'est elles qui donnent la vie ! Elles encore qui transmettent aux enfants culture et identité. Selon les civilisations, les femmes ont un rôle plus ou moins marqué, plus ou moins fort. Mais dans toutes, elles jouent un rôle clé pour la cohésion de la famille, d'un village, d'un peuple. Pourquoi donc ne pourraient-elles pas le faire au niveau de l'entreprise ou d'une nation ? Je suis persuadé que c'est là une révolution à venir. Et que nous n'avons plus longtemps à attendre pour la voir arriver. Notre société est prête à accepter des gouvernements de femmes ou des directions plus féminines. Fini le temps où le roi, le seigneur, devait être un homme, fort de plus, pour combattre l'ennemi, tels Alexandre le Grand ou Jules César. Le monde n'est pas forcément plus pacifique, mais les combats se livrent différemment. Les boucliers et les glaives ont laissé place depuis belle lurette à d'autres méthodes de gestion des conflits, dont la persuasion, le dialogue, l'écoute, le rassemblement ou la recherche de cohésion, des activités où les femmes excellent généralement. Finie aussi cette idée archaïque qui ferait des femmes des êtres incapables de prendre des décisions dures et radicales pour protéger ceux qu'elles aiment. Elles n'ont pas de problème à prendre les options nécessaires lorsqu'il le faut. Nous avons quelques exemples notables, comme ceux de Golda Meir ou Margaret Thatcher. Elles sont sans doute critiquables en certains points, mais personne ne peut avancer qu'elles ne prenaient pas de décision ! 

05 février 2012

La provocation peut-elle être une stratégie ?

Nous voyons bien que les provocations se succèdent depuis le début de la campagne électorale. Il s'agit de petites phrases, qui peuvent parfois passées inaperçues, mais qui ont en réalité un objectif bien précis. Faire passer une idée. Faire réfléchir. Car si l'on peut dans un premier temps être choqué par une position radicale, bien souvent, après y avoir réfléchi, nous prenons conscience que les choses ne sont jamais tranchées et qu'il y a toujours une part de vrai dans les provocations. Elles sont souvent le reflet d'une certaine réalité. Elles traduisent parfois ce que nous avons en tête. Selon l'angle d'observation, on peut avoir une vision différente d'un même événement. Je ne parle évidemment pas des paroles qui vont à l'encontre de la loi. Certaines personnes se font une spécialité de choquer en revenant sur des faits bien établis, ils ne souhaitent que heurter et ne méritent pas notre attention. Mais à part ces cas particuliers, la provocation a quelque chose de rafraichissant. Parlons plutôt d'interpellation. Il faut interpeller quand on a un doute. Il faut interpeller quand on veut attirer l'attention sur une injustice ou sur des attitudes peu acceptables. Si l'on avait un peu plus provoquer le monde de la finance et des marchés, ces agents qui réclament de la performance immédiate au détriment du moyen/long terme, nous n'en serions sans doute pas là aujourd'hui. Mesurée, la provocation peut être positive et porteuse de changement. 

29 janvier 2012

One paper I want to share with you : The Dumbest Idea In The World, Maximizing Shareholder Value

I want to share with you a paper published at Forbes. I feel this is one that can generate thoughts for you about how to approach the future and to transform the world in which we evolve. I let you read it and then we will have the opportunity to go through it later with additional comments and analysis. The link is below. 
The Dumbest Idea In The World: Maximizing Shareholder Value

The link : 
And See also the book from Steve Denning : "Radical Management"

21 janvier 2012

Le courage oui ... mais combiné à la culture c'est mieux !

Sans porter de jugement sur la Corrida elle-même,
elle illustre bien la notion de courage (de qui ? )
et s'apparente à une culture bien différenciée. 
Qui n'a pas lu les épopées de la Grèce Antique découvrant au fil des pages les héros et héroïnes qui nous ont transportés dans des rêves mythologiques ? Athéna ou Athéné (en attique Ἀθηνᾶ / Athênâ ou en ionien Ἀθήνη / Athếnê) est l'une de ces figures emblématiques. Elle est identifiée à Minerve chez les Romains et se trouve être la déesse de la guerre, de la sagesse, des artisans, des artistes et des maîtres d'école. Elle rejoint les dieux de l'Olympe, où elle prend une place particulière. Elle est célébrée dans les oeuvres bien connues du poète Homère (en particulier l’Iliade et l’Odyssée) comme la favorite de Zeus, celle à qui il ne peut rien refuser. On lui attribue cette devise "Culture et Courage". L'association des deux mots n'est pas le fruit du hasard. Nous avons déjà évoqué le courage comme étant l'une des valeurs essentielles à retrouver. Mais la culture ? La Culture est le seul élément qu'il est fondamentalement impossible de copier. Elle est donc essentielle. Voyons pourquoi. Mais tout d'abord, il faut lire, beaucoup lire, pour mieux en cerner l'importance. Pour cela, il faut acheter les livres du professeur Hannah Arendt (elle ne se voyait pas comme philosophe), et en particulier son ouvrage "La crise de la culture". La culture est la somme de plusieurs choses. Une partie nous vient de nos origines. Elle nous est transmise sans même que nous en prenions vraiment conscience. Elle passe par les discussions que nous avons avec notre entourage, nos amis proches, notre famille, nos parents bien sûr. Elle se développe en fonction des lieux que l'on fréquente depuis sa plus tendre enfance, les lieux de culte certes, mais pas uniquement. Les écoles et les universités achèvent de nous parfaire, mais l'essentiel a été fait avant. Que votre père soit un industriel religieux ou un artiste athée et engagé et il y a fort à parier que votre vie ne sera pas vraiment la même ! Essentiellement parce que vous ne serez pas le même. Pour l'entreprise c'est un peu la même chose. Certains groupes développent des cultures très fortes, qui leur donnent au fil des années un avantage compétitif indéniable. C'est le cas d'HP et de sa HP Way. Certains prétendent qu'il n'existe plus. C'est faux. Une culture ne disparait pas, elle évolue, elle se renforce, bouge, tangue, mais ne disparait pas, et ceci malgré les ventes d'activités ou les acquisitions. Vous pouvez tout copier chez votre concurrent, ses produits, ses actions marketing et commerciales, vous pouvez embaucher les mêmes profils, venant des mêmes écoles, des mêmes facs, vous pouvez mettre en place une organisation similaire, des processus quasi identiques, mais vous ne pourrez jamais copier sa culture. HP restera HP. L'Oréal ne sera jamais totalement imitable et Renault gardera ses fondements comme une marque de fabrique. Il en est ainsi depuis la nuit des temps. Il en est de même pour deux Etats, et finalement pour deux individus. C'est ce qui fait que les Français ne ressembleront jamais aux Américains ou aux Chinois et inversement, et c'est pourquoi vous êtes un individu unique, fort de votre bien le plus précieux, votre bagage culturel. Alors préservez-le et entretenez-le comme un capital ! La vie est un long apprentissage. Ce qui différencie l'homme de l'animal c'est qu'il veut apprendre et comprendre. Il ne veut pas mourir sans savoir. Il veut cela parce que pour l'homme il est un acte essentiel ... celui de la transmission culturelle, celui de la transmission du savoir. C'est ainsi que nous évoluons de génération en génération, c'est ainsi que l'humanité peut espérer poursuivre son développement. Allier le courage à la culture, c'est s'assurer que l'on ne reculera devant rien pour faire perdurer la connaissance et l'intelligence, et au-delà nos racines qui font de nous ce que nous sommes vraiment

15 janvier 2012

Une valeur essentielle à réhabiliter ... le courage !

Aujourd'hui je publie mon centième billet. Ce n'est pas rien ! J'ai choisi de le consacrer à la notion de courage. Une valeur clé à mes yeux. Pourquoi ? Avant d'y répondre ou de tenter de le faire, voyons de quoi nous parlons. Le courage consiste à gérer ses peurs. Nous avons à y faire face toute notre vie. Il peut s'agir de petites peurs, sur tout et rien, ou de peurs plus fondamentales, plus profondes, qui peuvent aboutir à ne plus rien faire, à nous paralyser en quelque sorte. Ce blocage potentiel peut se traduire par une incapacité à agir. Pour vivre, il faut lutter au fond contre de multiples craintes. A l'extérieur, nous sommes confrontés à un écosystème effrayant et souvent menaçant, à l'intérieur, notre théâtre intérieur nous réserve de nombreuses surprises. Nous n’avons jamais fait le tour de qui nous sommes vraiment ! Certains vivent tout cela comme un cauchemar, d'autres y trouvent excitation et motivation. Le courage c'est l'inverse de la lâcheté. Nous admirons les êtres courageux pour leur capacité à faire face à tous les dangers qui se présentent à eux, nous dédaignons les peureux qui fuient ou se dérobent à la moindre occasion. Nous admirons Sir Wallace face aux Anglais ou Alexandre le Grand pour toute son épopée. Mais le courage peut aussi prendre d'autres formes. Le malade qui endure des mois durant une souffrance inhumaine fait preuve de courage. Tout comme le coureur de fond qui va au-delà de toutes limites pour achever un marathon. Il faut garder en tête que certaines personnes font des choses invraisemblables, non pas par courage, même si les apparences sont trompeuses, mais pour l'appât du gain, le désir, la soif de pouvoir, l'orgueil ou toutes autres raisons ... qui n’ont en fait rien à voir avec le courage.
Le courage est une notion plus noble. Dans son sens absolu, il porte de belles promesses. Il a toujours été l'une des principales vertus de l'être humain, longtemps la première du reste. Et c’est pour cela, dans un monde qui se cherche, qu’il est peut-être temps de la remettre au goût du jour. L'être courageux n'est pas inconscient. Il a une bonne vision du danger et des risques encourus, mais la cause qu'il défend et son sens du devoir le poussent à défendre des positions bien arrêtées et à ne pas reculer. Faire preuve de courage ne veut en rien dire que l'on ne connait pas la peur. Cela signifie par contre que l'on ne veut pas se laisser dominer par elle et qu'elle nous empêche d'accomplir notre but ou notre destinée. "Mieux vaut tout perdre que la face", pensent les Japonais. Ils n'ont pas tort. A force de reculer, à force de compromis, on finit par perdre le sens même de notre existence et de nos exigences. Mais il est vrai que nous sommes déjà là dans autre chose que le courage, ne s’agit-il pas d’un mélange de courage et d’orgueil, assaisonnement où le sens du devoir et le code de l'honneur servent de mayonnaise.
Pourquoi le courage est-il si important pour l'entreprise moderne ? (et dans la vie en général). Pourquoi faut-il lui redonner toutes ses lettres de noblesse ? Parce que sans lui, nous sommes entourés de moutons, incapables de résister, incapables de dire "non", incapables de faire valoir leurs positions, incapables de bloquer quand il le faut par peur des conséquences pour leur personne, incapables de rester solides sur leurs positions et fidèles à leurs valeurs. Plus grave encore, sans courage, il n'y a pas de transformation possible, pas d'aspiration à bouger les frontières, à bousculer les « statu quo ».
Sans courage, il n'y aurait pas de héros, pas d'entrepreneurs, pas des résistants. Sans courage, le monde serait dominé par la terreur. Sans courage, plus rien ne serait possible. Tout ceux qui ont modifié le cours des choses ont dû à un moment ou à un autre faire montre de courage. Il peut se caractériser de différentes façons. C'est l'homme d'état ou le politique qui se dresse devant les errements financiers excessifs en disant simplement "stop", mais c'est aussi l'employé de bureau qui refuse de se conformer à des ordres stupides d’un chef borné et bête (voir billet précédent). Il ne s'agit pas de faire ou de dire n'importe quoi, je n’incite pas à cela, il ne s’agit pas de s'ériger en faux contre tout, mais de se faire respecter et de bousculer les choses établies pour éviter les états de fait et les rigidités improductives qui m’amènent au final d’échecs et déconvenues.

08 janvier 2012

C'est quoi "la bêtise" ?

Le physicien allemand
Albert Einstein
"Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue", déclarait Albert Einstein. Cette phrase m'a toujours amusé. Tout comme ce que me disait un de mes anciens collaborateurs: "Il n'y a qu'une seule chose contre laquelle il est quasiment impossible de lutter, la bêtise !". Ce n'est pas faux. Regardez tous les jours, ceux et celles qui vous entourent et qui par leur comportement, leurs actes, leurs paroles, vous semblent ... bêtes. Cela doit vous arriver au moins un fois par jour. Mais il convient de bien définir ce que l'on entend par bêtise. Un être intelligent se reconnait rapidement. Il ne tombe pas dans les clichés convenus, il accepte la remise en cause, il accepte même la critique. Il fait preuve en de nombreuses circonstances d'une capacité de changement et de créativité. Il ne peut que surprendre alors que l'être "bête" suit des chemins bien définis, il est dans le mimétisme, il subit souvent les effets d'entrainement, "faire comme tout le monde". Au final, il est prévisible et d'une certaine façon ennuyeux. Cela ne serait pas si grave si les conséquences s'arrêtaient là. Mais la bêtise peut blesser, heurter, et même tuer. La bêtise peut conduire un être faible, celui qui la subit, à commettre un acte irréparable. Du reste, je viens de parler d'un être "bête" ... il est curieux de voir que pour nous humains, un être stupide doit être assimilé à une bête, supposée ne pas être intelligente, supposée se contenter de copier ses parents, son entourage. Nous savons depuis pas mal de temps pourtant que les animaux sont dotés de diverses formes d'intelligence. Certains singes par exemple sont en théorie capables de parler, ils leur manquent des cordes vocales, mais on peut leur apprendre le langage des signes sans trop de problème ! Au fond, un individu stupide, idiot ou bête est quelqu'un qui applique des règles sans réfléchir, par automatisme. Il suit des processus, qu'il applique selon un ordre bien défini. Il fait cela par simplification ou par simplicité aussi. Il devient peu à peu un être non pensant. Un être dénué de jugement, d'analyse et d'esprit de contradiction. Il s'engouffre dans la brèche, à savoir celle de la tranquillité d'esprit. Il est beaucoup plus facile de ne pas trop faire fonctionner ses méninges. Etre intelligent ou se comporter comme tel exige de l'énergie. Beaucoup d'énergie. Et aussi beaucoup d'efforts. Souvenons nous que de nombreux événements de notre vie peuvent transformer un être dit intelligent en un individu digne des pires moqueries : la passion, l'amour, la déception, la haine, la colère, etc. Toutes ces émotions, positives ou négatives, qui déforment nos jugements et viennent heurter notre sens de la mesure et notre logique intuitive, peuvent nous rendre idiots. Comme nous le savons maintenant, il devrait être plus facile de ne pas être trop bête en 2012, d'autant que vouloir définir la bêtise est déjà la preuve d'une certaine forme d'arrogance puisque de fait on se range du côté des personnes ayant la capacité de donner un avis sur le sujet ! Or, nous le savons aussi, on est toujours le con de quelqu'un ! A ce propos, on pourra revoir avec délice le "Dîner de cons" de Francis Veber ou on écoutera "Quand on est con, on est con" de Georges Brassens qui insiste bien sur le fait que le "Temps ne fait rien à l'affaire". Terminons sur cette anecdote devenue célèbre depuis. En 1944, un officier des Forces Françaises Libres baptise sa jeep "Mort aux cons". Le Général de Gaulle aurait alors rétorqué : "Vaste programme Messieurs, vaste programme". Plutôt pas mal ! 

02 janvier 2012

Compétitivité : la clé pour 2012

Quelques réflexions pour démarrer 2012. La crise de l'Euro, qui vient de fêter ses 10 ans, n'est pas liée à celle de la dette, du moins pas uniquement, elle est plutôt celle de la compétitivité. Ce qui nous sépare nous autres français des allemands est de l'ordre de 15 points. C'est énorme. Notre industrie n'est plus au niveau où elle se trouvait dans les années 50 à 70. Les délocalisations ont été fortement préjudiciables à notre économie et au final à l'emploi. Il faut rétablir dans l'urgence notre compétitivité et faire émerger de nouveaux modèles de croissance. Le déficit de compétitivité est à considérer sur la partie "prix" mais aussi sur la partie "autres" ou "hors prix". Ce qui différencie les pays qui marchent de ceux qui stagnent, ou même ceux qui reculent, est en grande partie lié à un manque de compétitivité sur la qualité, le suivi des produits, le niveau des services, la valeur ajoutée offerte aux clients, etc. Bien sûr, la compétitivité "prix" est essentielle, elle est même une condition sine qua non à la survie des entreprises et des nations, mais elle est notoirement insuffisante. Pour gagner, pour faire front, il faut établir une stratégie de positionnement de bout en bout, sur toute la chaîne de valeurs. Ce n'est pas simple mais là se trouve l'enjeu des années à venir. 
Un lien pour avoir un point de vue documenté: 

01 janvier 2012

Chronique du mois de Décembre 2011 : Bonne année 2012 !


Manifestations en Russie en
Décembre 2011 - Moscou
Que l'actualité aura été riche en ce mois de Décembre 2011 et au-delà au cours de l'année qui vient de s'écouler ! Des révoltes dans les pays arabes, le refus de soumission, des manifestations en Russie contre le régime de Poutine, des changements de gouvernements partout en Europe, faisant tomber des figures qui semblaient insubmersibles, par exemple Silvio Berlusconi. Et pourtant, confronté à une crise économique et financière sans précédent, à un malaise lié à une absence de modèle de référence toujours fiable, à la quête d'une nouvelle identité, le monde se cherche, tangue, vacille et l'on voit bien qu'un rien, une petite étincelle, pourrait déclencher de véritables catastrophes. Nous n'en sommes qu'aux prémisses. Est-ce pour autant que nous devons renoncer et tourner le dos à "l'histoire qui est en marche" ? Non, il faut au contraire l'accompagner et y faire face. Nous devons tous contribuer à en assainir le fonctionnement. 
Le maître mot est toujours le même : liberté
"Liberté chérie" ... expression tirée comme chacun le sait du sixième couplet de la Marseillaise, mais que l'on retrouve aussi dans le Chant des déportés. La liberté est certainement la valeur la plus fondamentale que nous puissions avoir en tant qu'être humain, libre de nos pensées, libre dans nos actes, libre de nos choix, sous réserve que l'on respecte les règles de la république et/ou universelles de toute  démocratie (c'est à dire celles communément acceptées de tous). La liberté, dont nous disposons en France plus qu'ailleurs à mon sens, n'est pas une évidence. Il ne faut pas la considérer comme un don, ni même comme un élément irrémédiable. Elle a été conquise de haute lutte et nous savons qu'il faudrait peu pour la perdre. Il faut donc être vigilant et la voir comme un bijou, une valeur patrimoniale qu'il convient de préserver ... et donc de transmettre le moment venu.
Jacques Chirac
Ancien Président
de la République Française
Liberté de la presse et indépendance de la justice, voilà bien deux autres acquis de notre modèle français, décrié par certains, mais dont les vertus sont immenses. Le mois de Décembre a ainsi vu la condamnation de Jacques Chirac. Deux ans de prison avec sursis pour un président de la république. Voilà bien qui caractérise par essence ce que l'on peut appeler la séparation des pouvoirs. Fallait-il pour autant envoyer notre ancien président devant les tribunaux ? J'ai un avis et j'ai le souhait de ne pas l'exprimer dans ce blog. D'un côté, en condamnant Jacques Chirac, on prouve que nul n'est à l'abri de la justice, que tout le monde doit tôt ou tard rendre des comptes. D'un autre, on envoie devant les juridictions un vieil homme, malade, qui représente (ou a représenté) l'image de la France. Pourquoi ne pas l'avoir jugé avant dans ces conditions ? Je ne veux pas trancher mais ce mois aura tout de même été marqué par cet événement qui est loin d'être anodin. Ajoutons simplement que même s'il a certainement commis certaines fautes, Jacques Chirac se sera montré digne dans cette période. 
Nous sommes le 1er Janvier 2012. Nous démarrons une période intense sur un plan politique. Des moments propices pour moi et certains de mes lecteurs de décrypter le leadership de l'un ou l'autre, d'analyser certains actes de leadership car cela reste bien sûr pour moi l'un des axes majeurs de mon blog. 
L'actualité encore une fois va certainement être chaude, alors autant se souhaiter une très bonne année !
A tous, mes meilleurs voeux de santé, de réussite et de bonheur pour cette année 2012 !
J'en profite pour signaler que je ne ferai plus de chronique du mois pendant la période de campagne électorale, présidentielle et législative. 

29 décembre 2011

Une nouvelle émission dédiée aux voix sur MCE ... A ne pas manquer !

Bientôt sur la chaîne MCE (Ma Chaîne Etudiante), une nouvelle émission consacrée au doublage voix. Vous allez enfin pouvoir mettre un visage sur les voix des artistes et acteurs connus. Qui double Bruce Willis ? Qui double Angelina Jolie ? La réponse est dans l'émission "Il était une voix", concept crée par Nathalie Karsenti, émission animée par ses soins. 

 
 
L'émission sera diffusée chaque lundi en "access prime time" à 19h35 sur MCE à partir du 9 Janvier 2012 !
 

26 décembre 2011

HP Cloud Generation - l'événement Cloud de l'année 2011

Le 28 Septembre 2011, HP a organisé l'événement "HP Cloud Generation" au Palais Brongniart. Nous avons pu ainsi accueillir près de 450 clients. Voici quelques extraits de l'introduction. En fin de note, une synthèse du programme et des vidéos correspondantes :




Le programme complet et les vidéos correspondantes :

23 décembre 2011

Tous les ordres ne doivent pas être exécutés !

"Is your boss a psycho ?". Vous avez peut-être vu le film ci-contre. Nous avons tous été confronté au moins une fois dans notre vie à un patron maniaque, dépressif, excessif, agressif ou pire. Un patron se laissant aller à exprimer ses opinions politiques de façon excessive, un patron pressant, un patron usant de méthodes dites de harcèlement. Un patron qui par nature, du fait de ses déviations comportementales, n'était pas toujours en mesure de prendre des décisions rationnelles et/ou justes. Un patron qui, à défaut de chercher le consensus, ne demandait même pas l'opinion des autres avant de trancher et de donner des ordres. 
L'histoire regorge d'exemples de chefs politiques, d'entreprises ou militaires de ce type. Il faut se souvenir que tout leader est tôt ou tard confronté à son narcissisme qui le conduit à penser que les règles et les lois communes ne s'appliquent pas à sa personne, puisque justement il se place au-dessus d'elles. Dans ce qui peut vite devenir une forme de "folie", il arrive malheureusement que certains patrons perdent pied et ne soient plus en mesure de prendre des positions raisonnables. Il existe de nombreuses méthodes pour pallier à ce type d'excès, les prévenir et donc les gérer. Avoir par exemple un "fou du roi" près de soi est une bonne méthode. Elle consiste à avoir à ses côtés une sorte d'éminence grise, un "sherpa", un homme ou une femme de confiance, dont la carrière n'est plus un enjeu et qui ne sera guidé que par la seule réussite du leader en question. Il s'agit souvent d'une personne qui l'a suivi depuis de nombreuses années, souvent d'une entreprise à l'autre ou d'un poste à l'autre. 
Que faire alors lorsque l'on reçoit un ordre qui nous semble injustifié ? Que faire face à un ordre allant à l'encontre de nos valeurs ? Ou encore que faire lorsqu'un ordre nous parait être dangereux pour la structure ou l'entité que l'on dirige ? Faut-il ne pas le discuter, mettre ses valeurs dans sa poche et l'exécuter ? Faut-il décider au contraire de se rebeller ? De s'opposer ? 
Vous avez tous vu des films ou lu des livres traitant de ce thème. Certains sont mêmes devenus des anthologies. Qu'auriez-vous fait en temps de guerre dans telle ou telle situation ? C'est aussi la chanson de Jean-Jacques Goldman, "Né en 17 à Leindenstadt. Et oui qu'aurions nous fait ? 
Bien que je souhaite laisser chacun libre d'agir et de penser comme il l'entend, je ne crois pas qu'il faille jamais accepter de négocier avec ses valeurs. Ce serait un peu comme perdre une partie de soi. Un chef tyrannique, aux comportements erratiques, n'a pas sa place dans la société actuelle. Le courage est la qualité première d'un individu. La lâcheté conduit aux pires extrémités. La lâcheté conduit au "laisser-faire". On cherche alors à justifier l'injustifiable. Mais quand on a pas su résister, quand on n'a pas su refuser, il ne faut pas s'étonner des conséquences possibles. Je n'ignore pas que dire "non" n'est pas facile. Que cette opposition peut vous coûter votre job. Elle peut même dans certaines situations avoir des répercussions plus graves. Sans doute, mais c'est aussi peut être votre hiérarchique qui y laissera le sien ou qui mieux prendra conscience de ses excès et changera ... Et dans tous les cas, vous pourrez vous regarder dans une glace. Et ceci n'a pas de valeur !

18 décembre 2011

Les Indicateurs Sociaux Fondamentaux ou "Key Social Indicators" (KSI)

Exemple de tableau de bord utilisé
par les dirigeants
KSI en plus des KPI ! 
Dans une réunion interne HP la semaine passée, je dévoilais à mes équipes ma vision de ce que sera la mesure de l'entreprise de demain. Je suis convaincu, qu'au-delà des fameux "Key Performance Indicators" (KPI), que l'on peut traduire par Indicateurs clés de Performance, qui resteront valables quoiqu'il arrive (voir figure ci-contre, un exemple de KPI utilisés par des dirigeants), nous devrons ajouter des "Key Social Indicators"(KSI) ou Indicateurs Sociaux Fondamentaux. Les premiers mesurent la performance économique et financière d'une firme, mais ne disent rien de ce qu'elle fait ou produit pour la Société. Que fait-elle pour insérer les jeunes ? Que fait-elle pour aider de jeunes pousses d'entreprises à émerger ? En d'autres termes, permet-elle l'incubation ? Que fait-elle pour aider les seniors à poursuivre une carrière enrichissante jusqu'à 62 ans et au-delà ? Que fait-elle pour l'environnement ? Que fait-elle pour favoriser le mécénat ? Que fait-elle pour aider les collectivités locales ? Est-elle au fond une entreprise "bon citoyen" ? Demain, les entreprises ne pourront pas être jugées juste sur des résultats trimestriels ? Elles devront inscrire leurs actions dans le temps, afficher des progressions réelles et démontrer qu'elles ont la capacité d'apporter de la valeur à la société de façon générale. Leur valorisation en dépendra ... pour le bien de tous. 

Les actes sont plus importants que les paroles !

Le Sénat Romain,
lieu d'échange et de débat
La parole est aux difficultés de la vie quotidienne ce que le miel est à une gorge irritée : un pansement provisoire ! Depuis que le monde est monde, les orateurs ont toujours eu la part belle. Nous les écoutons nous prodiguer leurs belles paroles et nous nous laissons (souvent) convaincre. Pourtant, l'histoire regorge de promesses merveilleuses prises par des leaders charismatiques et pourtant jamais (ou rarement) honorées. Pourquoi ? Pas facile d'y répondre, mais en ces temps d'élections présidentielles, il parait intéressant de se poser la question et de chercher à décrypter ce mystère. Au fond de nous, nous pensons que les actes sont plus importants que les paroles, normal ils ont un impact sur nos vies, alors même que nous accordons manifestement plus de place à la parole. Nous devrions par exemple accorder plus de crédit à l'homme politique annonçant une hausse du SMIC qu'à celui qui déclarerait avoir l'intention de le faire. Et pourtant, dans la réalité, nous passons plus de temps à commenter un projet ou une annonce hypothétique qu'une décision ferme. Comme si cette dernière n'appelait plus débat ! Il en est de même dans la vie des entreprises. On discute davantage autour d'un projet de réorganisation que des résultats factuels obtenus dans un projet ou un programme à présent achevé. Comme si le bilan revêtait peu d'importance. Ce paradoxe est aussi un fait. Notre culture judéo-chrétienne devrait pourtant nous avoir préparés à accorder une place prépondérante à l'acte. Ainsi, dans son fameux jugement, le roi Salomon ne se contente pas de paroles, il menace de fendre l'enfant du dilemme en deux pour générer une réaction des deux femmes suppliantes. Aussi, le Nouveau Testament insiste sur les Actes des Apôtres, et pas uniquement sur leurs mots. Il est exact que notre éducation Gréco-Romaine vient tempérer tout ceci.  L'une nous a apporté la philosophie et la démocratie, qui est une tradition en grande partie orale, l'autre le droit et la discipline. On parle beaucoup à Athènes et à Rome ! On débat, on échange, on cherche la contradiction et l'affrontement des idées. L'Ecclesia, la Boulé et l'Héliée sont des assemblées grecques démocratiques, chacune ayant un rôle spécifique, où le débat tient une place prépondérante. Le Sénat Romain est un autre exemple où la performance d'orateur est appréciée. Alexandre le Grand représente comme souvent un bon intermédiaire. Il ne se contente pas de donner des ordres à ses hommes, il les mène au combat avec bravoure et détermination. Aristote lui a appris l'importance de faire suivre les paroles d'actions bien concrètes. Aujourd'hui, beaucoup parlent, peu agissent. Et parmi ceux qui disent agir, peu le font vraiment. Il faut donc se montrer vigilants et exigeants. Il en va de l'équilibre de notre société. Cette dérive de la parole sur les actes est sans doute le produit de notre société de l'information et de la communication, certes, mais elle nous conduit à coup sûr vers de grosses déconvenues. Demain, les hommes d'Etats et d'entreprises devront être jugés sur leurs propos (comprenant un programme, des projets, une philosophie de vie, un système de valeurs, etc.) et sur leurs actes (ce qu'ils ont réellement fait) ! L'un ne doit pas aller sans l'autre. La parole doit servir à mobiliser, c'est important, l'acte à convaincre, sans doute encore plus essentiel. On peut avancer avec un homme d'actions qui ne communique pas bien, on part à la dérive lorsque l'on a affaire à un orateur qui ne passe jamais à l'action. Celui qui par exemple prétend vouloir mener une politique sociale sans jamais prendre aucune option traduisant cette volonté reste sans intérêt pour ses employés. Ce sont juste des paroles. C'est une sorte de manipulation, consciente ou inconsciente

11 décembre 2011

Chronique du mois de Novembre 2011

Que dire de plus sur la crise qui nous frappe depuis maintenant des années, car nous y sommes entrés en 2008, sans jamais trouver la voie de sortie. Sans être pessimiste, ce n'est pas ma nature, je crois que le plus dur est devant nous. Les gouvernements européens vont devoir prendre des décisions drastiques pour réduire l'endettement et relancer les économies. Les Etats-Unis n'y échapperont pas non plus et les BRICs commencent à être touchés à leur tour. Le ralentissement observé en Chine n'est pas surprenant mais il peut inquièter. La bonne nouvelle est que l'empire du milieu a besoin de l'Europe pour assurer son développement !
Les échanges entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel suscitent de nombreux commentaires. Le fameux "Merkozy" fait parler. Certains y voient une domination de la chancelière allemande. Je pense pour ma part que nous pouvons dresser deux conclusions : 1) la France et l'Allemagne sont au coeur de tous les débats et c'est une bonne chose; 2) L'Allemagne a besoin des débouchés de l'Europe. Une chute de l'Euro lui couterait très cher, beaucoup plus que ce que nous imaginions il y a encore peu de temps. Il est également juste de dire que Merkel affirme un certain leadership. Enseignant cette discipline à HEC Paris, le parcours de cette dernière m'intéresse car il était loin d'être prévisible. Le style de la chancelière, visionnaire, un grand sens de l'exécution et une certaine ténacité, commence à porter ses fruits et à marquer les esprits.  
Manifestations en Russie contre la
victoire du parti de Vladimir Poutine
Valdimir Poutine en difficulté ! Les Russes se sont mobilisés en grand nombre dans plus de cinquante villes, y compris au coeur de Moscou, pour dénoncer selon eux les fraudes perpétrées lors des élections législatives qui viennent de se dérouler et remportées par le parti de Vladimir Poutine. C'est sans aucun doute le premier mur (celui-là n'est pas de Berlin !) qui se dresse devant l'ex-président russe qui aspire à revenir l'an prochain au Kremlin. Que les accusations soient vraies ou fausses, il est intéressant de voir que tous les pouvoirs sont questionnés en ce moment. Après les révoltes arabes, qui se poursuivent du reste, la chute de Silvio Berlusconi, sur quoi débouchera cette contestation ?

04 décembre 2011

La vérité en face ...

Nous sommes pris en étau. Le mur de la dette se dresse devant nous. Il semble infranchissable. Nous nous apprêtons à perdre notre triple A. Nos taux d'intérêts, qui étaient déjà deux fois supérieurs à ceux de l'Allemagne, vont donc encore perdre du terrain. Un taux de croissance nul, peut-être même négatif, un chômage croissant, un déficit commercial qui se creuse, la chute est abyssale, un gouffre ouvert sous nos pieds, un gouffre sans fond. Comment la France peut-elle s'en sortir ? Il semble que nous soyons pris dans un piège. Comment redevenir la nation dominante que nous avons été par le passé ? 
Notre modèle social, qui présente de nombreuses vertus, n'est de fait plus compatible avec nos ambitions de regain de compétitivité. Il nous met en tout cas devant une double réalité à laquelle nous voulions échapper, à laquelle nous ne voulions pas croire : l'Allemagne nous domine et les marchés imposent leurs lois. C'est ainsi. 
Un image me vient à l'esprit. Celle d'un coureur, en sur-poids, pas très en forme, qui tente vaille que vaille de rester dans le peloton de tête. Au bout d'un moment, essoufflé, il lui faut faire un choix :
1) arrêter la course, faire un régime, se préparer avec sérieux et se représenter à l'édition suivante;
2) renoncer à la compétition.
La France en est là. Où elle refond son modèle économique et social, sans complaisance ou elle devra sortir de l'Euro. Sinon c'est l'explosion, l'essoufflement et possiblement le malaise cardiaque. Pas drôle me direz vous. Bon, une bonne nouvelle, de nombreux pays sont encore plus mal que nous. Si nous mourons, d'autres auront dérouillé avant nous ! La spirale est implacable : taux d'intérêts élevés, restriction des crédits, récession, les entreprises ne vont pas tarder à manquer de fuel. 
Pour s'en sortir, il faut une gouvernance, il faut une forme de gouvernement européen (voir billet précédent). Certes, il y a là une forme d'abandon de souveraineté, mais nous n'avons pas le choix. Car faire fonctionner l'Europe exige de la discipline, la chancelière allemande n'a pas tort. Surtout dans une Europe à deux vitesses. Impossible de réussir autrement. Un autre cas comme la Grèce et c'est la fin de tout. 
La France dispose néanmoins d'atouts majeurs. Elle forme toujours une élite intellectuelle reconnue de tous et prisée un peu partout dans le monde, que ce soit dans la finance, dans le monde de l'entreprise ou dans la recherche. Nous avons également des savoirs-faire indiscutables. Certes, notre industrie n'est plus aussi flamboyante que par le passé, mais nous continuons de dominer des pans entiers du monde des affaires, et pas seulement dans la mode, le luxe et la grande cuisine. 
Nous devons pour réussir relancer notre économie. On ne peut pas gagner sans croissance. Il va falloir diminuer notre coût du travail. Une idée consisterait à envoyer en "off-shoring" non pas les tâches à faible valeur ajoutée mais l'inverse. En utilisant des ingénieurs étrangers (en Inde par exemple) à des prix plus compétitifs que chez nous, on peut réduire le prix de son haut de gamme et ainsi générer du business qui lui-même peut alors créer de l'emploi ... en France. En partant d'une situation ubuesque, puisque l'on décide d'envoyer de l'emploi à l'extérieur, on finit par en tirer bénéfice. C'est exactement ce que l'Allemagne a fait dans le secteur de l'automobile. On connait la suite ...
Nous allons devoir aussi faire des économies de l'ordre de 120 à 130 milliards d'euros dans les 4 années à venir. Cela se fera sur base de baisse des dépenses, mais aussi par des hausses d'impôts. Il faudra sans doute aussi privatiser. Peut-être des banques. Sans doute du reste. 
La chine a besoin de l'Europe. L'Allemagne ne peut prendre la responsabilité de faire imploser l'euro après avoir dévasté notre continent par deux guerres mondiales dévastatrices. La France sans euro connaitrait de graves difficultés. En clair, tout le monde a intérêt de réussir. Mais comment ? 
Tout tient donc en un mot. Il faut croitre. Il faut reprendre le chemin du succès. Pour y parvenir, il faut du leadership. Des leaders. Des femmes et des hommes qui n'auront aucune peur, qui prendront les décisions qui s'imposent, qui sauront faire face à l'adversité, pour le bien de tous. Des leaders qui ne chercheront pas uniquement à faire briller leurs étoiles. En agissant pour la communauté, qu'ils se rassurent, ils rentreront dans l'histoire ... et par la grande porte !

01 décembre 2011

Qu'en penserait le Général de Gaulle ?

Je me faisais récemment une remarque en écoutant une émission politique à la radio et où un nouvel homme politique se réclamait du Gaullisme et même du Général de Gaulle, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Car le Gaullisme est une doctrine politique qui, bien qu'elle se soit inspirée de l'oeuvre du Général, n'est pas née de la volonté du grand homme. Bien au contraire, dans la mémoire collective de ceux qui ont eu la chance de l'approche, il n'était pas partisan de donner son nom à un tel mouvement. En réalité, lui-même refusait le terme. Il était né pendant l'occupation, dans la bouche même des allemands qui qualifiaient ainsi cette résistance excessive. Mais l'homme est tellement immense, son oeuvre tellement hors du commun qu'il est de bon ton de s'en rapprocher, de se faire adouber par lui. C'est d'autant plus facile qu'il n'est plus là. Mais s'il était là, s'il revenait parmi nous, combien de ces hommes politiques qui prétendent défendre ses idées trouveraient grâce à ses yeux ? Tiens voilà une bien bonne question ! 

Bio express tirée de Wikipédia

Charles de Gaulle, né le 22 novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises en Haute-Marne, est un homme d'État, général et écrivain français.
Après son départ pour Londres en juin 1940, il devient le chef de la France libre qui résiste face au Régime de Vichy, et à l’occupation allemande et italienne de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Président du Gouvernement provisoire de la République française de 1944 à 1946, dernier président du Conseil des ministres de 1958 à 1959, il est l'instigateur de la fondation de la Ve République, dont il est le premier président de 1959 à 1969.
Il est l'unique grand maître de l'ordre de la Libération.