27 janvier 2013

On ne dit pas assez aux salariés qu'on apprécie qu'on les apprécie

En écoutant cette chanson de Louis Chedid, toujours talentueux, je me suis posé de nouveau cette question : doit-on dire à des talents, aux hauts potentiels de l'entreprise par exemple, tout le bien que l'on pense d'eux ? Il s'agit là d'un point délicat effectivement. 

Le dire c'est jouer la clarté, s'assurer qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises un jour, ni pour l'un ni pour l'autre. Pas d'ambiguïtés. Il n'y a rien de pire pour un salarié que de découvrir le jour où il remet sa lettre de démission qu'il comptait finalement plus qu'il n'avait pu l'imaginer. Et inversement il n'y a rien de pire pour un employeur que d'être pris de court et de se reprocher de ne pas avoir parlé. 

Un peu comme en amour. Revenons sur la chanson de Louis Chedid, tirée de l'album portant le même nom et sorti en 2010 : "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime". Pour ne pas avoir dit à son conjoint les sentiments que l'on éprouvait à son égard, on peut le perdre, sans s'en rendre compte. Pour ne pas avoir dit à un ami à quel point elle/il comptait pour vous, vous pouvez voir les liens se distendre sans vraiment en comprendre les raisons. Car un jour les faits sont là et il est trop tard. 

Vous ne risquez au fond qu'une chose à le dire : qu'elle ou qu'il ne sache pas gérer l'information correctement. En d'autres termes qu'elle ou qu'il prenne "la grosse tête". 
Mais ne serait-ce pas là la preuve d'une limite ? Si un individu lambda ne sait pas gérer son égo, il est peu probable qu'il sache évoluer positivement, avec humilité dans l'entreprise. Autant le savoir.  

Pour ma part, je pense donc qu'il faut le dire.
Je pense aussi qu'il ne faut pas limiter cet exercice de transparence à certains profils mais l'appliquer à tous ceux qui sont importants pour vous.  

Alors parlons, livrons nos pensées, sans états d'âmes, avant de se  retrouver un jour face à une nouvelle qui ne sera pas la bienvenue ! 

20 janvier 2013

Concentration ... quand tu nous lâches !

Publié par Sinéad Lachever
dans "little Roisin's stuff"

Notre époque est celle de l'information. Si le monde a connu plusieurs révolutions, agricole, industrielle, technologique, c'est bien celle de l'information que nous vivons actuellement. Les données fusent et nos technologies nous assistent pour tenter d'en capter l'essentiel. De fait, du réveil au coucher, nous utilisons, à des degrés différents selon nos addictions, toutes sortes d'outils, des "smartphones", des tablettes, des PC Portables ou fixes, des systèmes d'impression intelligents, divers objets numériques, ... A la maison, nous avons définitivement basculé dans le 21ème siècle et nous n'en sommes qu'au début. Immeubles intelligents, domotique, robotique, notre vie va encore se transformer. 

Mais en attendant, force est de constater que nous sommes tous, comprenons bien tous, les esclaves de nos technologies et du contenu auxquelles elles sont censées nous donner accès. Le but de ce "post" n'est certainement pas de livrer un plaidoyer "anti-techno". Ce serait un comble vu le métier que j'exerce avec passion depuis toujours. Les technologies n'ont rien à voir dans cette affaire. Elles nous permettent indiscutablement de vivre mieux. Non, il s'agit plutôt d'un plaidoyer pour plus de raison car le problème vient de l'usage excessif que l'on peut en faire parfois. L'abus n'est bon en rien. Et bien, là non plus ! 
Trop d'emails reçus dans nos boites, trop de réseaux sociaux, trop de virtuels, trop de tout. Je ne suis pas un bon exemple ! 

Le résultat semble être sans appel. Des études Britaniques et Françaises récentes montrent que les enfants n'arrivent plus à se concentrer plus de 20 minutes. Ils éprouvent alors des difficultés à l'école et aussi pour faire leurs devoirs à la maison. Les fautifs ? L'ordinateur, l'internet, la TV mais surtout les jeux vidéos. Elles montrent de façon très claire qu'en jouant souvent et depuis leur plus jeune âge, les enfants n'arrivent rapidement plus à se concentrer dans le temps. Ils font tout, très vite. Dix choses à la fois. Je devrais dire dix petites choses à la fois au lieu d'en faire une ... mais plus en détail. On préfère "zapper" sur internet plutôt que de lire un bon livre. Il est difficile de juger, il faudrait pousser l'analyse car le jeu par exemple leur permet à l'inverse de rendre leurs esprits plus vivaces. Mais les détracteurs diront que c'est bien là que réside justement le problème, que c'est bien la raison qui explique cette impossibilité pour eux de se poser longtemps sur le même problème. 
Bien sûr, il n'est pas très difficile de faire un parallèle avec nos activités professionnelles à l'âge adulte. Au bureau, nous sommes également attachés à nos technologies. Certains meetings se déroulent avec tous les participants les yeux rivés derrière leur écran. Rares sont celles et ceux qui mettront leur téléphone en veille et qui renonceront à les consulter deux heures durant. Cela nous parait insurmontable ! 

Ce qui semble impossible aussi c'est de se concentrer très longtemps sur un même thème, de l'approfondir. Cette difficulté est le résultat d'un très long processus qui s'est déroulé en parallèle du progrès technique. L'exigence de résultat et de vitesse ont pris le pas peu à peu sur l'analyse. De nos jours, il faut se hâter en tout : il faut analyser vite, décider vite, exécuter vite. Ne pas le faire vous expose à passer pour un dirigeant passif, incapable de trancher, de décider. C'est parfois vrai du reste pour certains ! 
Nous avons pris l'habitude, comme nos enfants, de faire de multiples choses à la fois et donc de les survoler. 

Notre société de consommation est un peu devenue celle du Kleenex. N'est-ce pas de nature à nous inquiéter ? 

Ne faut-il pas prendre des mesures, chez nous, au travail, pour que nous puissions retrouver le sens de l'effort intellectuel, le goût de l'approfondissement ? 
Pour ne pas nous laisser envahir plus longtemps par ce qui n'a pas d'importance. Pour nous concentrer sur ce qui l'est, sur l'essentiel. 
Pour prendre la mesure de l'importance de certains choix. 

Tout comme nous avons pris l'habitude de vivre ainsi, nous pouvons non pas faire machine arrière, cela serait loin d'être idéal, mais trouver un juste milieu et nous défaire de certaines mauvaises habitudes.

Il est intéressant de constater que les élections sont par exemple et contrairement à ce que beaucoup pensent un moment clé pour se poser et réfléchir à des questions de société (l'avenir des retraites, pour ou contre l'euthanasie, etc.) ou existentielles (dans quel monde voulons-nous vivre ...). C'est la raison qui explique le succès d'émissions comme "Des paroles et des actes". Ces périodes sont aussi celles où l'on engage la discussion assez facilement et avec toutes sortes de gens, quitte à afficher des désaccords. On devrait faire de même à chaque moment clé de notre vie. 

Provoquer des discussions à la maison autour d'un livre ou d'un film en famille. Provoquer la discussion avec des groupes de salariés sur des questions essentielles et complexes. 

Pour ne pas laisser nos neurones au chômage !

12 janvier 2013

Le succès d'une entreprise ou d'un état : équation ou alchimie ?

Pour redresser une économie, les mêmes règles prévalent que pour une entreprise. Faut-il encore définir une stratégie financière ? Cette dernière doit être mise en oeuvre, à priori, pour mettre en place la stratégie générale de l'entreprise et son plan opérationnel (capacité à faire arriver les choses ou d'exécution comme disent nos amis anglo-saxons). 

Les leviers sur lesquels il est dès lors possible de s'appuyer sont nombreux : 
  • on peut décider de privilégier la croissance du chiffre d'affaires avec l'idée de prendre des parts de marché. C'est un objectif compréhensible mais il faut s'attendre qu'il pèse sur la marge et donc sur le profit opérationnel, sauf à aligner les coûts (OPEX) de façon proportionnelle. 
  • On peut décider de mettre l'accent sur la marge. On pourra le faire par un changement du mix- produits, en faveur des produits et/ou services à forte valeur ajoutée, comme certaines activités de services ou des produits présentant un avantage compétitif déterminant (donc plus chers, mieux positionnés). 
  • On peut décider d'abandonner certaines activités qui ne sont pas en ligne avec les objectifs de marge et de profit du groupe, avec l'inconvénient de voir son chiffre d'affaires se tasser. 
  • On peut décider au contraire d'étendre son champs, en ayant le maximum de produits et/ou services, sous condition qu'il y ait une cohérence dans les choix opérés. On réalise une sorte de "one-stop shopping". 
  • On peut décider de gagner des parts de marché au détriment de la marge, mais alors de réduire les dépenses de façon drastique pour maintenir un profit élevé, propre à satisfaire les marchés. 
Un gouvernement aujourd'hui se retrouve face aux mêmes problématiques. 

Relancer l'économie en période de crise est toujours possible, nous en avons déjà parlé, mais obtenir une dynamique à plus de 2 ou 3% est actuellement illusoire, surtout en Europe. 

L'Europe présente de nombreux atouts. Sa taille, sa diversité, son leadership dans de nombreux secteurs, son histoire qui lui donne un certain recul. 

Elle affiche également de gros déficits. Du reste le mot est bien choisi ! Un déficit creusé par les dépenses publiques, une balance commerciale versus d'autres zones qui n'est pas au mieux, un chômage qui monte, des dettes rampantes dont on ne voit pas les racines. 

La France n'échappe pas aux difficultés. Mes propos n'ont rien de politique. La situation n'est bien sûr pas le fait du gouvernement actuel. Il récupère même une situation très difficile. Les gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans ont tous enfoncé la nation. Inconsciemment peut-être. Par incompétence, facilité ou ... par manque de courage ... difficile à dire. Mais tous, de droite ou de gauche, ont participé à cette situation. Il faut en sortir. 

Or, le chômage est en phase ascendante. Les dépenses publiques en proportion du PIB n'ont jamais été aussi fortes. Le coût du travail prohibitif. La législation complexe et manquant totalement de flexibilité. A force de vouloir défendre le salarié, ce qui est tout à fait respectable, j'en suis un aussi, nous avons oublié que ce sont bien les actionnaires qui créent ou pas de l'emploi en France. Si notre environnement les inquiète, leur fait peur, ils vont se déplacer ailleurs. 

Et aujourd'hui, nous ne faisons pas peur, c'est peut-être encore excessif, mais nous posons question. Et encore que je n'en suis plus très sûr. Lorsque je discute avec mes amis internationaux, leurs commentaires m'inquiètent parfois. Cela commence sur le ton de la plaisanterie, on aime bien charrier les français, mais cela se termine toujours par des opinions tranchés, rarement en notre faveur. "Investir en France cela coûte cher"; "Si on embauche chez vous, on sera coincé car nous tomberons sous les fourches caudines de vos plans sociaux extrêmement chers"; "Il fait bon vivre en France mais pour combien de temps ?". 

Ces questions (ou constats) peuvent déranger, je ne peux qu'être d'accord, mais elles sont une réalité. Notre réalité. Nous assistons, au-délà des départs de français aisés à l'étranger, à des ruptures organisationnelles des entreprises mondiales qui sont inquiétantes :
  • Proliférations de centres de services partagés : on regroupe le service commun à plusieurs pays en un seul lieu, un pays où le coût du travail est très bas ... pas la France. Cela pourra être la logistique, les achats, l'informatique, la gestion de la trésorerie, etc. 
  • Développement de "l'offshoring" : on signe un contrat de services en France mais on l'opère là où le coût du travail est très bas, en Inde, au Vietnam, en Roumanie, etc. 
  • Regroupement des sièges sociaux, là où la fiscalité est plus attractive: Londres, Genève ou Zurich.
Que faire alors ? 
  • Couper les coûts ou les dépenses publiques peut fonctionner à court terme mais bien entendu la limite ne tarde pas à venir. L'exercice comporte de nombreux risques, au-delà du manque singulier de vision, de mettre l'entreprise en difficulté sur le moyen/long terme. 
  • Augmenter les prélèvements, les impôts et taxes en particulier, est une solution facile, solution à laquelle il faut avoir recours, mais pas au-delà de certaines limites. Quand la fiscalité devient confiscatoire ou dissuasive, elle a l'effet inverse à celui recherché initialement. Les entreprises ne s'installent plus chez vous, voire fuient, les individus font de même, et au final c'est moins de recettes fiscales. Le gouvernement Fillon avait voter 30 milliards de ponctions supplémentaires. Le gouvernement actuel a fait de même. C'est 60 milliards de plus ! Il fallait sans doute le faire. Mais nous sommes à la limite de l'exercice, surtout si l'on ajoute que ceux qui créent la richesse ont en perspective la taxe à 75% au-delà du million d'euros. 
  • Relancer l'économie, facile à dire me direz-vous, reste la seule solution saine et viable sur le moyen terme. Il faut améliorer notre compétitivité par les coûts, favoriser l'innovation et la création de nouvelles entreprises, accompagner les talents (plutôt que de les laisser partir), multiplier les pôles d'attraction autour de nouvelles technologies et de savoir-faire spécifiques. 
Pour qu'une politique fonctionne, c'est un peu comme une salade, pour qu'elle soit bonne (effective), il faut un bon assaisonnement ! 

Les entreprises au fond doivent en premier lieu dégager du cash-flow et même du "free cash-flow". Au fait, un rappel sur cette dernière notion. Ce ratio mesure la performance financière d’une entreprise. Il représente la capacité d'une entreprise à générer du cash mais après avoir investi dans le maintien ou la croissance de ses actifs (équipement, bâtiment, etc.). 

C'est donc au fond ce qui est "libre" une fois l'essentiel assumé ! Ce "cash-flow libre" peut alors être utilisé pour se développer ou pour distribuer des dividendes, etc. Pour le calculer, il convient d'ajouter les amortissements au bénéfice avant impôts et intérêts et de déduire ensuite la variation du fonds de roulement et les investissements en capital. Il est important parce qu'il est le signe annonciateur de bonne santé. Sans ce "cash-flow libre", l'entreprise ne peut pas réaliser de nouvelles acquisitions, investir en recherche et développement, rembourser sa dette. Sans ce "cash-flow libre" l'entreprise n'a pas de flexibilité. Elle est étranglée et sa survie est compromise. 

Tout gouvernement est dans la même situation. Il doit rembourser sa dette, investir (pour rénover l'école et les universités par exemple ou moderniser son armée), attirer les investissements étrangers, etc. Pour cela, il lui faut une capacité de fonds disponible une fois les dépenses publiques payées, les intérêts d'emprunts assumés et idem pour tous les autres remboursements obligatoires. Et c'est là que l'histoire se complique. 

Nous avons intérêt à parier sur le succès des actions en cours. L'accord obtenu entre les syndicaux et le patronat ces jours-çi est plutôt une bonne chose, surtout pour la flexibilité du travail, les ajustements fiscaux opérés par le gouvernement précédent et l'actuel étaient nécessaires. Il faut maintenant aller plus loin et donner un élan à notre économie, qui seul pourra donner l'envie (voir mon avant-dernier post).

Alors au final, "Le succès d'une entreprise ou d'un état : équation ou alchimie ?"



On pourrait être tenté de répondre "équation", car tout semble rationnel et être le fruit de savants mélanges économiques et financiers, où le hasard n'a guère de place. Mais reste que les femmes et les hommes qui conduisent les changements font toute la différence. Et c'est pourquoi, il faut une juste compréhension de ce qu'il convient de faire, la volonté de le faire mais surtout celles et ceux qui vont faire d'un plan une réalité. 


Alors alchimie sans hésitation !



06 janvier 2013

La courbe d'apprentissage (english version follows "the learning curve")

From Marvin Weisbord
(on the internet)
La question est : apprenons-nous quelque chose du passé ? 

Bien sûr, nous sommes toujours en crise, du moins économique, car apparemment pour certains économistes ou politiques la crise financière et de l'Euro serait derrière nous. Je n'y crois pas une seconde. Que la volonté soit à présent de sauver la zone euro et que cette idée soit partagée par tous les pays européens, y compris l'Allemagne, je le crois aussi, mais de là à dire que le problème est réglé, certains vont à mon sens un peu vite en besogne. Il me semble que les centaines de milliards de dollars injectés dans l'économie mondiale au cours de trois ou quatre dernières années ne se sont pas évaporés du jour au lendemain et que la fragilité de certains pays européens, et même dans le monde, appelle la plus grande vigilance. Mais au fond, ce n'est pas tant de cela que je voulais traiter dans ce billet. Mon point est ailleurs. 

Ce que la communauté internationale voulait changer pouvait tenir en quelques lignes:
  • Arrêtons de regarder à court terme et de mettre en péril la croissance effective des entreprises. En d'autres termes, il faut laisser les entreprises bâtir des plans de moyen et long terme, sans se soucier toujours de la valorisation trimestrielle de leur cours en bourse;
  • Il faut arrêter cette course en avant qui consiste à financer la croissance à crédit, ce qui implique au final un cercle vicieux où nos économies remboursent les intérêts des intérêts et n'arrivent plus à générer du cash. Or, le cash pour les entreprises c'est leur survie. 
  • Il faut redonner du sens à l'action des entreprises et de la société en général. Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? 
Ces dernières années, les bourses se sont envolées, certaines valeurs se sont appréciées sans cohérence réelle avec leur valorisation effective et leur valeur "business", le capital humain n'a pas été valorisé correctement, etc. La liste serait longue en fait ... 

Alors les choses ont-elles ou sont-elles en train de changer ? 

Pas sûr. On voit bien de nouveau les prémisses de retour à des démons du passé. Les bourses repartent à la hausse alors même que les problèmes sont toujours devant. Certes, le président des Etats-Unis d'Amérique a franchi une étape importante, mais le plus dur pour lui est à venir, dans les deux mois, avec les prochaines discussions autour de la fiscalité. Selon le résultat, l'économie mondiale pourrait sérieusement chanceler. En Europe, la Grèce ne va pas mieux. L'Espagne, le Portugal ou l'Italie non plus. Et la France commence à souffrir. On voit bien dans les rues, dans les restaurants, dans les magasins que les choses ont changé, que les réflexes de consommation se sont modifiés. 

Nous pensions prendre le prétexte de cette crise pour remettre tout à plat et corriger les déviations de nos systèmes. 

A-t-on fait cela ? A-t-on seulement commencé à y réfléchir ? J'ai ma réponse, mais je vous laisse vous faire votre idée !

English version : The Learning curve.


The question is: do we learn anything of past ?

Of course, we are always in crisis, at least on the economic side, because apparently for some economists or politics the financial crisis and of the Euro would be behind us. I do not believe in it one second. That the will is at the moment to save the Eurozone and what this idea is shared by all the European countries, including Germany, I also believe it, but from there to say that the problem is settled, some jump the gun in my opinion. It seems to me that billion dollar hundreds injected in the world economy during the past three or four years did not evaporate overnight and that the fragility of certain European countries, and even in the world, calls the biggest vigilance. But at the bottom, it is not so much it that I wanted to treat in this post today. My point is somewhere else.

What the international community wanted to change could be summarized like in few lines:
  • Let us stop considering short-term and putting in danger the effective growth of companies. In other words, it is necessary to let companies build mid and long-term plans, without caring always about the quarterly valuation of their stock exchange price; 
  • We need to stop this running race forward which consists in financing the growth on credit, what implies in the end a vicious circle where our savings (economies) pay off the interests of the interests and do not any more manage to generate some cash. Gold, the cash for companies it is their survival;
  • It is necessary to give sense in what we are doing, both companies and the society in general.  Why do we do what we do ?


These last years, stock exchanges soared, certain values appreciated without real coherence with their effective valuation and their business value, the human resources was not correctly valued, etc. The list would be long in fact... 

Then things have or are they changing ?

Not sure. We see signs again that we could be returning on the devils of the past. Stock exchanges go up again even if the problems are always in front of. Certainly, the president of the United States of America crossed an important step, but most hard for him is to come, in two months, with the next discussions around the tax system. 
According to the output, the world economy could seriously waddle. In Europe, Greece does not get better. Spain, Portugal or Italy either. And France begins to seriously suffer. We see in the streets, in restaurants, in stores that things changed, that consumption attitude has been significantly modified.

We thought of taking the pretext of this crisis to put everything on the table and correct the deviations of our systems as much as possible.

Did we make it ? Did we only begin to think about it ? I have my own answer, but I let you be made your idea !

01 janvier 2013

L'envie


Nous avons tous en tête l'Iliade et l'Odyssée, oeuvres attribués à l'aède Homère. Elles ont bien souvent bercé notre adolescence, la mienne en particulier, et notre vie plus largement. Tel Alexandre le Grand, toute proportion gardée, nous y puisons le rêve, l'ambition, des leçons de vie et ... l'envie. L'envie d'aimer, l'envie de conquérir, l'envie d'aller de l'avant, l'envie de faire d'une idée une réalité, l'envie d'entreprendre, parfois l'impossible, l'envie de tout ... et bien plus encore. 

Car ces oeuvres sont avant tout des référents, des guides spirituels et intellectuels, des textes auxquels on peut se reporter toute sa vie durant. Le jeune roi l'avait bien compris grâce à l'enseignement du philosophe Aristote.
Il l'avait tellement bien compris que ces ouvrages ne le quittaient pas. Les épopées d'Achille, d'Ajax le Grand et d'Ulysse, face à Priam et ses fils, Hector en particulier, ce héros solide et responsable, défenseur de la belle Hélène, amour interdit et fou de son frère Paris, nous y sommes de nouveau, et nous comprenons encore que ces écrits légendaires et mythologiques avaient de nombreuses vocations, dont l'une était de faire briller la Grèce Antique. 

Chants allégoriques, ils avaient pour vocation de rendre le récit plus poignant, plus intense qu'un carnet de bord, plus énergisant qu'un compte-rendu de guerre. 
Ils déclenchaient toutes sortes d'émotions et ... l'envie. 
L'envie d'appartenir à cette patrie empreinte de sens et d'ordre, envie de se reconnaitre dans ces héros de champs, envie de les admirer, d'être à leurs côtés, envie de fouler le même sol, envie de porter la même nationalité, de faire partie de la même démocratie, envie d'être là, avec eux, même si cela ne fut bien souvent que par les idées. 
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est d'avoir envie. Envie de quelque chose. Se donner un but, avoir une passion, ...
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est de donner envie. Donner la foi, donner confiance. 
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est de faire envie. Comme dit le dicton, "mieux vaut faire envie que pitié". Pas faux ... 
Il me semblait que commencer l'année sur le thème de l'envie était une bonne idée. Rappelons-nous, là encore souvenirs de lecture, que l'envie a longtemps était mal perçue, assimilée au mal, on pourra ainsi reprendre les oeuvres de Saint-Thomas d'Aquin. N'étais-ce pas un pêché capital ? L'envie n'a souvent rien de rationnel. Elle est tout l'inverse. On a envie de quelque chose qui normalement nous est interdit. L'interdit a quelque chose de grisant, il en est ainsi depuis la nuit des temps. Mon propos n'est pas d'encourager l'interdit, je laisse chacun maître de son destin, mais plutôt de réhabiliter ce sentiment si fort et si intense. 

L'envie nous guide vers le plus haut, le meilleur, le bien-être, quelque soit la définition que l'on veut bien lui donner. Le bien-être et la réussite sont des notions propres à chacun, nous y mettons tous des pondérations différentes et nos aspirations le sont aussi. Par exemple, j'ai toujours placé la réussite littéraire au-dessus de tout, question d'éducation sans doute. La pensée, les idées, l'analyse et la réflexion sont des éléments qui nous distinguent des autres espèces vivant sur terre. Nous savons que nous avons une fin et cela change tout. 

Alors, il ne faut pas comme Ulysse, voulant se protéger des belles sirènes, se boucher les oreilles avec de la cire et s'attacher au mât du navire, mais se laisser bercer par nos envies. 

J'ai toujours essayé, bien que cela ne soit pas toujours facile, de faire de ma vie un choix. Renoncer parfois est salutaire. Mais renoncer trop souvent est destructeur. Et pour ne pas renoncer, il faut avoir l'envie cheviller au corps. Alors, donnons envie, où que nous soyons, quoique nous fassions, donnons envie aux autres, ce qui commence par avoir envie soi-même, et même par faire envie. 

Tous les dirigeants, politiques ou autres, devraient se souvenir de cela. Rien ne compte tant au fond que l'envie. 
Si le monde n'était que raison, il serait sacrément ennuyeux !

Meilleurs voeux à tous !

16 décembre 2012

Le courage d'agir

Dessin pris sur internet
Une femme ou un homme politique est-il libre d'agir ? Oui si justement il se détache des suffrages électoraux à venir. Mais dans ce cas, il ne sera peut-être plus élu et par voie de conséquence ne pourra plus agir ! 
Mais s'il agit dans le contexte actuel, s'il conduit les réformes nécessaires, alors comment peut-il espérer le vote de ses concitoyens ? C'est un cercle vicieux qui conduit la plupart du temps à ... l'immobilisme. 
En France, comme dans le reste de l'Europe, il faut agir et vite. faute d'avoir reformé l'Etat, nos structures, nos institutions, nous sommes confrontés à des coûts de travail qui deviennent un fardeau pour les entreprises, une taxation qui fait fuir les plus aisés et décourage l'initiative et le sens de l'entreprise, l'investissement (bien que la France reste encore une terre d'asile pour de nombreuses entreprises dont la mienne). Un bilan rapide nous montre que le système actuel ne peut que nous entrainer dans le trou. L'élite va peu à peu fuir, ceux qui sont dans le besoin, dans d'autres pays en particulier, vont tenter d'émigrer en France, terre d'accueil par excellence (cela a toujours été l'un des éléments fondateurs de notre république et de notre constitution) et nous deviendrons à n'en plus douter un pays dont le potentiel économique sera des plus modestes. La spirale négative se dessine déjà. Il faut donc agir. Il faut lancer des réformes. Il faut s'attaquer au système scolaire et universitaire qui coûte trop cher pour des résultats qui ne sont plus là. Certes, nous formons des élites dans nos grandes écoles, mais la plus grande masse sort des études avec des diplômes amoindris. Toutes les études et les classements le montrent, la France a dégringolé. Il faut redonner le goût aux jeunes gens pour les études scientifiques, et pour ceux qui en font, les dissuader d'aller vers la finance. L'industrie a besoin de renfort. La recherche aussi. Il faut donner des moyens à nos laboratoires. Nous formons certes des élites, encore faut-il les garder. Il faut motiver les jeunes à innover. Il faut identifier les jeunes pousses, les futurs "google" et les accompagner dans leur émergence. C'est un travail nécessaire. Les américains font cela depuis toujours. On voit le résultat. De façon générale, il faut célébrer la réussite. Les entrepreneurs s'ils réussissent gagnent de l'argent, parfois beaucoup, mais tant mieux, ils créent aussi de l'emploi par la croissance qu'ils génèrent. Où est le problème ? Le problème est que nous n'avons pas de "google" ! 
Il faut réformer notre de système de retraite. Nicolas Sarkozy a certes fait un premier pas, mais nous sommes loin du compte. Il faut aller beaucoup plus loin, et sans aller sans doute à un pur système par capitalisation, il faut allonger les périodes de cotisation et réduire les pensions. Nous n'y couperons pas. Il faut réformer notre système d'allocations. Nous n'avons plus les moyens de nos ambitions. Sans tomber dans le modèle anglo-saxons, nous devons trouver un compromis acceptable qui permette à nos enfants de vivre dans de bonnes conditions. Il faut finalement revoir notre système fiscal dans sa globalité, mais cela dépend de tout ce qui est écrit plus haut. Si nous réformons, les coûts à financer chaque année seront moindres et nous n'aurons pas besoin de taxer autant. Dans le cas contraire, nous y sommes contraints. C'est le "chien qui se mord la queue". 
Il n'est pas question ici de "droite" ou de "gauche". Il m'arrive d'entendre que le gouvernement actuel mène une politique de droite. Mais la question n'est plus là. Tout gouvernement, quelque soit son orientation, a le devoir de conduire des transformations profondes, au risque de ne pas être reconduit, au risque d'une gronde sociale. Le président Obama a lui maintenant les coudées franches pour quatre ans. Il ne craint pas pour le prochain scrutin. Il peut juste vouloir terminer sur autre chose qu'un vaste conflit social. Nous verrons bien ce qu'il fera. Intéressant de voir par exemple les décisions qu'il prendra sur les armes à feu suite au drame que les USA viennent de vivre. Avant les élections, il n'aurait même pas imaginer toucher au sujet. Mais à présent ? Ce sera là un bon test en quelque sorte. 
Les politiques sont dépendants du peuple. Mais s'en affranchir conduit à la dictature. La démocratie est source de liberté, mais c'est aussi une prison. Combien de changements ont avorté, ont été abandonnés ou conduits de façon partielle, par peur du lendemain ? Mais pour ne pas avoir ces contraintes, il faudrait basculer dans un système autocratique ! Il n'en est évidemment pas question. Donc, il faut des politiques courageux, qui se font élire en acceptant l'idée que leur mandat puisse ne pas être reconduit.
4 ou 5 ans pour transformer. 
4 ou 5 ans pour laisser une trace dans l'histoire. 
Cela n'en vaut-il pas la peine au fond ? 

Pour que tous les parents puissent continuer de souhaiter à leurs enfants une vie meilleure que la leur !

09 décembre 2012

Inciter les jeunes générations à entreprendre ...

Qualités de tout créateur.
Mais la plus importante de toutes
n'est-elle pas la gestion du risque ? 
Des études récentes, conduites au niveau européen, mettent en avant la faible proportion de jeunes français attirés par la création d'entreprise en comparaison d'autres pays européens.  Nous sommes en particulier décalés par rapport à la Grande-Bretagne et aux pays Nordiques. Davantage encore bien sûr par rapport aux Etats-Unis si nous sortons de la zone euro. Plusieurs questions me sont alors venues à l'esprit. 

En premier lieu, est-il vraiment important d'entreprendre ? Indiscutablement oui. En poussant les jeunes générations à créer des entreprises, sur de véritables idées, nous contribuons à générer une dynamique, à créer de l'emploi et à favoriser la croissance du segment des petites et moyennes entreprises, si vital pour nous tous. Tout ce dont nous avons besoin en ce moment !

Est-il vrai que la France est en retard par rapport à l'Europe en général ? Oui et non. Cela dépend à qui l'on se compare. Plus intéressant est de se demander pourquoi nous le sommes ? Les raisons sont multiples. La France est un pays aux racines profondes, ancestrales, ancré dans une histoire millénaire, un brin rigide certes, mais aussi pleine de valeurs. Parmi ces dernières figure celle de la conformité. Dans tous les pays dits "traditionnels" (la France en fait partie), où la culture a figé une grande partie de nos codes et de nos modèles de référence, nous avons pris l'habitude d'ériger des principes, qui sont parfois autant de carcans. Difficile souvent de s'en affranchir. Même parfois de pouvoir le faire. Il est de bon ton de bien travailler à l'école, puis à l'université, d'obtenir un travail fixe (un CDI comme disent les parents avertis et responsables), de bénéficier d'un bon salaire, de se marier et de fonder une famille, etc. C'est ce que j'appelle la conformité, ou la mise en conformité. Depuis la nuit des temps, nous sommes incités à nous conformer à des règles. La Bible (ancien et nouveau testaments), le Coran, tous textes religieux en fait, les constitutions d'états, les lois, les textes législatifs, les conventions collectives, le mariage, etc. tout cela est fait pour nous proposer des modes opératoires auxquels le plus grand nombre doit adhérer. C'est ainsi qu'une société peut fonctionner. L'ancien testament par exemple qui a inspiré les deux autres religions monothéistes comme nous le savons tous est pour une grande partie un ensemble de règles de vie et de droit. De temps à autre, au gré des générations, des individus, des hommes et des femmes sortent du lot, un côté un peu rebelle, indiscipliné, ils ne veulent pas être dans un moule, ils veulent au contraire en sortir, et exprimer leur potentiel, leur savoir-faire, leur talent. Ces profils, que l'on pourrait qualifier de leaders, peuvent en sortir tout en respectant la loi ou la transgresser. Ils seront artistes, sportifs de haut niveau, acteur, entrepreneur ou voyou, bandit, criminel. C'est Steve Jobs ou Jacques Mesrine. Dans le premier cas, c'est tout bénéfice pour la société, dans le second cas, c'est une catastrophe qu'il faut alors gérer. On met alors en place d'autres règles, la police, la justice, les prisons. Mais bien sûr, concentrons-nous sur celles et ceux qui sortent des modèles proposés pour créer, innover, apporter de la valeur et pas sur la seconde qui n'a rien d'admirable, bien au contraire. Elles/ils sont animés par le désir puissant de laisser parler tout leur être et de réaliser quelque chose d'exceptionnel. Elles/ils ont en commun d'appréhender la notion de risque de façon tout à fait différente. Différemment des autres en tout cas. Elles/ils ne cherchent pas à toujours prendre la décision la plus raisonnable, mais à opter pour celle qui les fera avancer vers leur but, celle qui les mettra potentiellement sur le chemin du succès. Elles/ils acceptent la possibilité d'échouer, de perdre. 
Du reste, elles/ils ne voient jamais cela ainsi, mais plutôt comme une première étape, une phase nécessaire pour un jour atteindre leur nirvana. La France fait sûrement partie des pays qui n'incitent pas les jeunes à la prise de risque. D'ailleurs, le mot risque en France fait peur, alors qu'aux Etats-Unis, ou même en Angleterre, il apparait comme la marque du leader, de celui qui est prêt à jouer pour l'emporter. Il y a du respect dans le regard des américains à l'égard des jeunes créateurs qui réussissent, de la défiance ou de la méfiance dans celui des français, et plus généralement des européens. Cela tient aussi à nos systèmes de protection (sociaux en particulier), à l'existence d'une fonction publique très puissante et à celle de syndicats qui amplifient souvent les sentiments de revendications déjà solidement arrimés à l'éducation basique d'une française ou d'un français. Sans en être conscient, nous naissons avec le sentiment diffus qu'il faut être raisonnable et qu'il est préférable de mieux un peu comme ses parents, en mieux. J'exagère un peu, je grossis le trait bien sûr, mais c'est un peu vrai au fond. Dans des pays où la création est plus forte, on pousse au contraire les jeunes à changer la donne en permanence. C'est une question d'état d'esprit. La France devra y passer, quoiqu'il arrive, car notre économie ne pourra pas faire face, et nos systèmes sociaux protéger comme ils l'ont fait jusqu'à présent. Il va nous falloir déplacer nos frontières. 

Comment ? 
En modifiant les formations à l'école, en assurant des formations continues de haut niveau tout au long de notre vie, en facilitant la création d'entreprise (des progrès ont été faits ces dernières années à ce niveau), en acceptant l'échec (il n'est pas une fatalité), en coachant celles et ceux qui en ont besoin, en identifiant mieux et vite les initiatives qui pourraient déboucher sur un Amazon ou un Google, en incitant les entreprises à innovant, en payant mieux nos chercheurs pour qu'ils restent dans l'hexagone, en leur donnant des moyens pour qu'ils puissent conduire des recherches approfondies et performantes, en mettant en relation de façon continue la recherche, l'enseignement et l'entreprise pour transformer des idées en entreprises, en allégeant bien sûr la fiscalité pour inciter, pour motiver. Il faut faire la différence entre celui qui lance une entreprise et qui embauche et celui qui travaille comme salarié. L'entrepreneur prend des risques. C'est méritoire. Il faut lancer des campagnes de pub également. Faire savoir aux jeunes ce que l'on attend d'eux. Il faut rendre l'entreprise noble. L'entrepreneur qui réussit doit être mis en avant comme un exemple comme nous le faisons avec un commercial qui rencontre le succès. L'entrepreneur qui réussit doit devenir un icône. C'est ainsi que les jeunes par mimétisme voudront se lancer dans l'aventure, créer des entreprises qui deviendront mondiales, des références mondiales. 

Si dans quelques années, des entreprises, nouvellement créées, figurent au CAC40 ou en bonne place sur la bourse parisienne, si elles sont également cotées sur le Nasdaq, sans que personne ne se souvienne qu'à l'origine elles étaient françaises, alors nous pourrons en conclure que beaucoup de choses se seront passées. La France aura sans doute changer de vitesse. 
C'est tout le mal que l'on peut se souhaiter ! 

25 novembre 2012

La nostalgie : que faut-il en penser ?

La crise qui nous frappe depuis 2008 amène certaines personnes, souvent les mêmes, à penser qu'hier était mieux qu'aujourd'hui. Alors arrêtons-nous quelques instants sur cette considération nostalgique. Est-il vrai qu'avant tout était mieux ? Où est-ce juste une vue de l'esprit de celles et ceux qui préfèrent au fond que rien ne change et que tout redevienne comme avant ? Il y a un peu de tout ça. 

Et puis, tout dépend où l'on positionne le curseur du temps. 

Certains diront que cela fait près de 70 ans que nous n'avons pas connu de conflit mondial (voir ci-dessous le lien sur le dernier post de Michel Serres et Michel Polacco dans le Sens de l'Info sur France Info). Certes, ce n'est pas faux, mais que dire des guerres localisées à des régions plus limitées, en Algérie, en Afghanistan, en Irak, sans parler des guerres qui prennent une nouvelle forme, le terrorisme, les attentats, les guerres d'indépendance, les mafias, les gangs, les ghettos qui se forment dans les banlieues et qui sont souvent hors contrôle. La violence a toujours fait partie de nos vies. Elle évolue simplement. Elle se modernise, elle s'adapte, elle change d'allure, mais elle a toujours été là. Nous sommes marqués par les massacres perpétrés par les hommes, tous ces holocaustes qui ont à l'humanité le visage insoupçonné de l'inhumanité. Mais ces 70 ans sans massacre d'une ampleur équivalente, nous les devons à quoi ? A l'apprentissage ? A l'expérience ? Non, je pense que nous le devons en Europe à la construction d'une communauté, merci à nos pères, et à la peur. La peur guide les pas de l'homme. Les plus grands tyrans se méfient de nos jours. Ils savent que la sanction ne tarde plus trop de nos jours. Les fous et les barbares ont toujours existé, il y en aura toujours. Malheureusement. Il faut juste les mettre sous contrôle. 

Alors pourquoi cette nostalgie ? 

Le progrès technique, dans les domaines des télécommunications, de l'informatique mobile, des médias, du divertissement, du cinéma ou de la médecine, rend notre vie plus sûre, plus énergisante, nous la vivons en meilleure santé. Nous vieillissons mieux. Nous allons à l'école dès notre plus jeune âge, du moins dans les pays occidentaux, nous bénéficions d'une sécurité sociale, d'aides quand nous en avons vraiment besoin, nous sommes plus en sécurité. Notre vie est bien meilleure qu'avant en réalité. 
Alors pourquoi cette nostalgie ? 
Meilleure santé, meilleure éducation, accès à l'information, liberté, paix. Que demandez de plus ? Je pense que la nostalgie qui nous frappe vient de l'anéantissement de certaines valeurs qui faisaient la grandeur de nos nations. Prisonniers de nos claviers, endoctrinés par tout un tas de penseurs modernes qui structurent nos esprits, nous nous sentons de plus en plus isolés. Un combe, un paradoxe. Isolé dans un monde de communication et de réseaux. Les réseaux sociaux du reste ont pris le relais de nos vies bien réelles. Nous vivons par procuration dans le virtuel. Certains vivent avec leur smartphone comme s'il s'agissait d'une extension d'eux-mêmes ! 
Alors on veut revenir à l'essentiel, on veut retrouver les valeurs qui nous tiennent à coeur dans tout ce que nous faisons. On veut se retrouver entre amis, débattre à nouveau, avoir des contacts, s'engueuler, rire, pleurer, éprouver des émotions. On veut travailler pour des entreprises qui ne cherchent pas à nous formater, pour des entreprises qui nous entrainent dans un projet, simple mais enthousiasmant, un projet dont les valeurs seront les nôtres, un projet dans lequel nous pourrons nous inscrire sans nous poser mille questions. 

Alors oui si on se compare au passé, surtout lointain, sur un plan matériel, sur le plan de la paix, on peut penser que nous sommes mieux aujourd'hui. 
Mais si on se compare au passé sur le plan des valeurs, c'est plus compliqué. Je crois que la principale raison est liée au manque de temps et au manque de réflexion. Comme nous en manquons, nous suivons la pensée générale, j'allais dire unique, et nous oublions de nous arrêter quelques instants, pour remettre en cause ce qui parait établi. Or, bonne nouvelle, rien n'est vraiment figé, tout peut être remis en cause, c'est juste une question de volonté et de courage. Il faut juste le décider et commencer non pas à se rebeller, ou à s'indigner comme on le disait récemment, mais à réfléchir. 
N'est-ce pas finalement l'un des points essentiels qui différencie l'homme des autres espèces? Notre cerveau ! Et si on décidait de s'en servir vraiment et de ne plus confier notre système de réflexion à des médias, à des réseaux qui nous disent ce que nous devons penser, ce que nous devons faire et même comment nous devons nous sentir !
Il faut se souvenir du passé. C'est notre histoire, notre culture, mais il ne faut pas en être prisonnier. La vie est une course en avant qui réserve de belles surprises. 

Le passé est un trampoline qui doit nous servir à rebondir pour aller plus haut, vers un monde plus sain, plus équilibré, plus en ligne avec nos aspirations profondes. Et celles d'aujourd'hui ne sont justement pas celles d'hier !

19 novembre 2012

Réflexions sur le management actuel

Un de mes collègues m'a adressé un lien vers un article publié dans le journal Le Monde du 12 Novembre dernier.
Son titre : "Pour une révolution managériale: rétablir la confiance et l'engagement".
L'auteur : François Dupuy. Sociologue, directeur académique du Centre européen d'éducation permanente (Cedep) de l'Insead, auteur de La Fatigue des élites. Le capitalisme et ses cadres (Le Seuil, collection "La République des idées", 2005) et de Lost in Management. La vie quotidienne des entreprises au XXIe siècle (Seuil, 2011).
Ce papier, que je vous laisse découvrir çi-après appelle quelques commentaires de ma part.
Je partage totalement l'idée que le management actuel doit s'adapter à la nouvelle donne et qu'il convient de fuir tout management coercitif, toute pression inutile. On ne manage pas par la terreur. La révolution française, même si elle a sur le long terme marqué son temps et imprimé un vent de liberté, l'a clairement démontré. Robespierre n'a pu tenir très longtemps dans ce climat qu'il avait lui-même instauré, sans en prendre vraiment conscience, pour au final finir à son tour sur l'échaffaud. En période difficile, de crise, de tension, de décroissance, au moment où les affaires deviennent plus difficiles, où les clients investissement moins, où ils licencient, où tout le monde est incité à réduire les coûts, rien ne vaut plus que de se serrer les coudes, de former une équipe et d'éviter les débordements hasardeux et parfois nauséabonds. J'en suis plus que convaincu. La difficulté reste en fait d'aligner l'ensemble de son équipe, les managers plus particulièrement, à cette conviction (voir l'un de mes précédents posts).
Concernant les process et les outils. Bien sûr, il faut se méfier des champions des processus, ces bureaucrates que l'on trouve un peu partout, dans de nombreuses entreprises, particulièrement les multinationales. On connait tous ces spécialistes du thermomètre, qui en placent là où ils peuvent. A la fin, ils ne savent même plus pourquoi. Et pire, ils n'utilisent pas 20% des fameux KPIs qu'ils élaborent !! Un paradoxe ! A trop mesurer, on finit par ne plus savoir ce que l'on cherche à prouver ou à démontrer. Mais prétendre inversément que l'on puisse se passer de toute mesure est absurbe et vient généralement de personnes qui n'ont jamais managé d'entités opérationnelles. Il y a une grande nuance entre la théorie et la pratique. Mes nombreuses années à la tête d'entreprises m'ont définitivement convaincu que ce qui distingue les entreprises qui réussissent de celles qui échouent, c'est l'éxécution. La capacité à faire arriver les choses. Make things happen ! Bien sûr, il faut une stratégie, des produits et des services à vendre, des collaborateurs talentueux, une harmonie et un bien-être et bien d'autres éléments encore. Mais au final, l'exécution est vitale. Elle fait la différence. Et les managers capables de réfléchir, d'innover et d'agir simultanément sont des perles rares.
Concernant les hommes et leur importance au sein de l'entreprise. Je ne crois pas qu'ils soient plus importants aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier. Les choses n'ont pas fondamentalement évolué à ce niveau. Il faut des femmes et des hommes entrepreneurs qui investissent et prennent des risques. Il faut des dirigeants qui exploitent les idées des créateurs. Des dirigeants et des managers qui font en sorte que les plans opérationnels soient mis en place. Ils ont aussi la charge de déplacer les ressources (capitaux technologique, financier, humain, etc.) là où il le faut, là où la croissance se trouve, là où l'entreprise peut creuser l'écart. C'est tout un art. Il faut aussi qu'ils embauchent les bons profils, qu'ils les forment, les coachent, les fassent grandir au sein du groupe. Il faut qu'ils s'occupent avec attention de celles et ceux qui sont dans l'entreprise depuis plus ou moins longtemps et qu'ils se chargent de leur assurer un développement harmonieux. Un salarié motivé donne plus de lui-même qu'un autre, c'est une évidence. Mais les femmes et les hommes ont toujours eu un rôle clé dans le succès ou l'échec d'une firme. Aujourd'hui comme hier. Pas plus en 2012 qu'en 1960, 1980 ou 2000. Pas plus, pas moins. Il y a toujours eu des salariés qui se donnent à fond, qui vont au-delà de toute limite, plus pour eux, pour l'équipe, leurs collègues que pour l'entreprise. Certains le font aussi pour l'entreprise. Il y aussi toujours eu des salariés qui ne se donnent pas à la tâche. Les raisons sont multiples et je ne veux pas là les discuter. Ce n'est pas le propos de ce billet.
Alors faut-il de nouveaux managers ? De nouveaux dirigeants ? Faut-il une révolution managériale ? Pour rétablir la confiance et l'engagement. Oui, bien sûr, il fautde la confiance. On la veut. Oui bien sûr il faut de l'engagement. On le veut. Mais à de rares exceptions près, les dirigeants et managers en poste sont capables de faire cela. Quand ils ne le sont pas, ils doivent quitter leurs fonctions car leur échec à ce niveau aurait des conséquences bien trop importantes. Etre manager implique des devoirs qu'il faut être en mesure d'assumer. Ce n'est pas facile. On fait tous des erreurs. On apprend d'elles et on essaie d'en faire de moins en moins.
Ce qu'il faut, ce sont des dirigeants, des managers, différents, capables de saisir le monde vers lequel nous allons. Ce monde est différent et exige des qualités et un style appropriés, des compétences humaines et de leadership que nous possédons tous, de façon quasi innée, mais que nous n'avons pas appris à mettre en avant. Ni à l'école, ni à l'université, ni dans l'entreprise. Nous n'avions pas besoin de ce type de profil. Cela ressemblerait à quoi ? Un mélange d'intelligence émotionnelle et d'autres éléments pour constituer un tout. Un manager prenant en compte toutes les dimensions, pas seulement celle que nous qualifions de "financière", un manager ne priviligiant pas uniquement le court terme en sacrifiant le long terme, un manager capable de résister à la pression et de faire valoir ses vues, ses idées, et plus important ses valeurs.
Mais c'est là un autre thème sur lequel nous reviendrons sous peu ...
Je vous laisse à présent lire le papier de François Dupuy.  En synthèse, je suis d'accord avec lui que le monde des affaires d'aujourd'hui, le monde tout court du reste, ne tourne pas rond. Je suis d'accord que certains managers ne se conduisent pas bien. Mais cela a toujours été le cas. Il n'y a pas aujourd'hui une multiplication de ces profils. Du moins, ce n'est pas ce que je vois autour de moi. Je me méfie des enquêtes qui tranchent ainsi avec autant de détermination, et qui peuvent confondre pression et exigence. Je suis d'accord que la bureaucratie peut tuer les plus belles dynamiques et que dans les périodes difficiles il convient de porter attention aux femmes et aux hommes de l'entreprise, car ce sont elles et eux qui peuvent faire la différence. Mais je crois aussi qu'il faut de la discipline pour réussir, de la ténacité et une organisation qui fonctionne. Sans excès, sans comportement stupide. Et j'affirme que nous verrons dans les temps à venir émerger une nouvelle classe de leaders qui saura aborder les choses d'une façon très différente ... en tout cas je le souhaite, nous en aurons besoin.

11 novembre 2012

Que penser du prix Nobel de la Paix à l'Union Européenne ?

La crise économique que nous vivons aujourd'hui se transforme peu à peu en crise sociale, un peu partout en Europe, un peu partout dans le monde, avec comme toujours des points culminants, des zones plus touchées que d'autres. A sa source, il y a une crise financière. Les flux financiers dégressifs et les problèmes monétaires se traduisent vite par de la décroissance et des déséquilibres divers. En France, comme ailleurs, notre industrie souffre, le chômage s'aggrave et nous parlons de plus en plus de ... pauvreté. Qui aurait pu penser que certains pays européens comme l'Espagne, le Portugal, la Grèce ou l'Italie connaitraient les mésaventures actuelles ? C'était peu prévisible. Et pourtant, nous y sommes et la France n'en est pas loin. Les courbes de l'endettement, de l'emploi et de la balance extérieure sont arrivées dans une zone dangereuse où l'action devient nécessaire. D'où le plan adopté par le gouvernement dans la lignée du rapport Gallois. Choc, pacte ou trajectoire de compétitivité, tous les termes ont été employés, mais au fond peu importe, seul compte le résultat, il faut redresser l'industrie, générer de la croissance, source d'expansion et de création d'emplois. L'Europe a besoin de cela pour exister et vivre en paix. Sans croissance, l'Europe ne peut pas s'en sortir.
Il existe deux raisons majeures de révolte pour un peuple: la faim et la privation de liberté. "La seconde est acceptable un temps tant que la faim ne gagne pas les chaumières" disait le diction. Mais que se passe-t-il lorsque le pain vient à manquer et que la liberté file en lambeaux ? Eh bien c'est la révolution !!! En sommes-nous là ? Bien sûr, nous sommes loin d'une révolte ou d'une guerre, bien que certains intellectuels aient pu récemment prédire la possibilité d'un conflit mondial. Je n'y crois pas. Mais pour s'assurer que tout ira pour le mieux, il faut veiller à préserver cette paix qui est si importante pour tous les équilibres.
Récemment, l'Europe a reçu le prix Nobel de la paix. Cette annonce a été diversement appréciée. Certains ont applaudi des deux mains. D'autres ont critiqué cette décision qui favorisait une région du monde.
Je fais plutôt partie de la première catégorie. J'ai vu dans cet événement la consécration du travail des générations passées. Nous vivons sur un continent qui a connu des horreurs sur des millénaires. Les pires sont sans doute arrivées au XXe siècle. Confrontés à des idéologies totalitaires, nous avons connu les pires catastrophes humaines, certaines surpassant et de loin nos pires cauchemars. L'union européenne, car il s'agit bien d'une union, a permis l'unification pacifique d'un continent. D'un conflit cauchemardesque franco-allemand, étalé sur trois guerres, sur deux siècles, nous avons construit une alliance et une force. L'union en Europe, une fédération aux Etats-Unis, le modèle est différent, mais la logique est la même. Seule compte la paix. 
Nous devons faire face en permanence à des chocs. Des chocs de civilisation, des chocs industriels, des chocs culturels, et aujourd'hui un choc de compétitivité. En toile de fond, il y a des crises, des redressements, des hauts et des bas. Un peu comme dans toute association. Une entreprise, un gouvernement, une association, un couple, peu importe. Tout ne peut pas être rectiligne. Mais une chose est certaine.
On est plus fort quand on est uni.
On est plus fort quand on part le même language.
On est plus fort quand on partage des valeurs communes.
Alors oui, ce prix Nobel de la paix avait à mes yeux beaucoup de sens.