18 février 2013

Michel Serres : le monde au coeur d'un changement sans précédent

"Petite Poucette", de Michel Serres, Editions Le Pommier. Dans la collection "Manifestes", le philosophe et historien publie ce petit opus ...

Ce qu'en dit l'éditeur :

Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer !

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi majeure, s’accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.

De l’essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né : Michel Serres le baptise « Petite Poucette » – clin d’œil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces.

Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître… Débute une nouvelle ère qui verra le triomphe de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d’une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique…

Faisons donc confiance à Petite Poucette pour mettre en œuvre cette utopie, seule réalité possible !

Mes réflexions sur le livre :

Comme Michel Serres, j'ai la conviction que nous sortirons sous peu de la crise financière. Non pas qu'elle sera totalement derrière nous, mais les économies occidentales devront très vite relancer la croissance, en réglant en particulier le problème de l'€, beaucoup trop haut aujourd'hui, comparativement au dollars.

Plus important, le philosophe affirme qu'il y a finalement plus important que la crise économique elle-même. Nous sommes au croisement de divers changements plus fondamentaux, qui vont influencer nos modes de vies. Je partage cet avis également. Je crois même que nous avons du mal à percevoir l'ampleur de ce qui est devant nous.

En 80 ans environ, la population mondiale a été multipliée par plus de 3 et l'espérance de vie a suivi le même chemin. La multiplication de l'agriculture vers l'industrie a été brutale. Aussi brutale que celle de l'industrie vers les services que nous commençons à découvrir aujourd'hui ... un peu tard à dire vrai.
Michel Serres met aussi en avant dans son petit livre les révolutions qui ont eu lieu au milieu des années 60 (Mai 68 en particulier), dans les années 80, puis enfin celle des nouvelles technologies. Tout cela a changé la donne. Notre donne. Que le mouvement soit idéologique, technologique ou sociétal, tout s'accélère et nous sentons bien que nous sommes en train de changer de terrain.

Et Michel Serres de conclure : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde".

Vous lirez ce livre en très peu de temps, mais il vous fera réfléchir longtemps. Le propre des philosophes !

Qui est Michel Serres ?

Professeur à Stanford University, membre de l’Académie française, Michel Serres est l’auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences, dont les derniers, Temps des crises et Musique ont été largement salués par la presse. Il est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture.

10 février 2013

Une équipe n'est pas juste une somme d'individus ...

Une équipe n'est pas juste une somme d'individus. Cela serait trop simple. Par exemple, quinze joueurs de rugby de classe internationale ne font pas forcément une équipe de classe internationale. Il en est de même pour toute autre discipline sportive, au sein d'une entreprise, d'une association, d'un gouvernement, etc.  


La question est donc bien de savoir comment former une équipe qui gagne. Certes, disposer de quelques individualités qui dans leur discipline sont les meilleurs est indéniablement un atout. Cela motive les autres joueurs en leur donnant un modèle, une référence parfois. Cela amène un public aussi s'il s'agit par exemple d'une activité sportive. Une tête d'affiche au théâtre produit les mêmes effets. Ce n'est pas négligeable mais ce n'est toutefois pas suffisant. 

Pour gagner, il faut autre chose. L'équipe doit avoir une âme, sa propre identité. Elle doit en fait exister par elle-même. 

Les principes qui s'appliquent à un leader peuvent l'être à une équipe. Un leader doit être optimiste. Une équipe aussi. Un leader doit y croire, une équipe aussi bien sûr. Un leader doit prendre plaisir à ce qu'il fait et cela doit se voir. Une équipe aussi, avec une petite dimension supplémentaire, elle doit également prendre du plaisir à faire ce qu'elle fait mais avec les autres membres de l'équipe. 

Une équipe, ce n'est donc pas seulement la somme des individus qui la composent, mais c'est aussi et surtout une envie collective, le désir de partager, l'abandon de son égo propre pour le rehausser d'un cran et le transposer en une fierté nationale, d'entreprise ou de club, peu importe au fond la cause défendue et ce qui permet à des femmes et des hommes de se retrouver ensemble pour faire corps. Il faut avoir confiance. En soi d'abord. Mais aussi dans l'autre. Sans confiance, comment se tourner vers un autre membre et se convaincre qu'il va y arriver et faire le travail demandé ? 

La motivation est sans doute un facteur primordial. Avec elle, des équipes peuvent se surpasser et l'emporter, alors que sans elle, elles redeviennent un ensemble fade et sans élément particulièrement différenciateur. 

On peut se transcender pour une cause, pour un but précis, pour un maillot, pour un étendard, pour un blason ou un logo. On peut aller au-delà de ses propres limites pour tout donner et faire honneur aux autres membres que l'on respecte et que l'on aime. 

Les raisons pouvant expliquer qu'une équipe marche moins bien ou pas sont nombreuses et pas toujours celles que l'on croit. Le coach ou le chef peut être en cause si elle ou il n'arrive pas ou plus à trouver les mots mobilisateurs. Mais cela peut tout aussi bien être lié à une absence de motivation, à un ou deux joueurs, salariés ou acteurs qui ne jouent pas le jeu et cassent l'ambiance de l'équipe. Cela peut aussi être dû à un manque d'objectif. La cible peut ne pas avoir été assez explicitée ou ne pas être crédible. Elle ne mobilise pas. 

Dans tous les cas, le succès d'une équipe dépend d'une alchimie savante qui se passe d'abord dans la tête de chaque membre, puis de l'harmonie qui se crée ou pas entre eux pour former un orchestre ou une cordée qui fonctionne ! 

Comme tout est complexe, il est très difficile de trouver les ingrédients qui conduisent une équipe au succès. Mais quand tous les clignotants passent au vert, alors c'est ... magique ... tout réussit ... on sent que le groupe devient fort, invulnérable et jusqu'à un certain point il l'est. 

05 février 2013

Faire plus avec moins ... Est-ce réaliste ? Et comment ?

La crise est là et frappe nos économies de plein fouet depuis 2008 avec plus ou moins de violence selon les géographies et les pays. Parmi les conséquences les plus dramatiques figure bien sûr la montée du chômage. Un peu partout dans le monde, en Europe, en France, les plans sociaux et les licenciements se multiplient. Et comme les tâches à accomplir dans les entreprises n'ont pas baissé pour leur part, on se retrouve à faire la même chose avec moins, voire plus avec moins.

Nous sommes nombreux à connaitre ce sentiment pour avoir eu à l'expérimenter une ou plusieurs fois au cours de notre vie professionnelle. Voir des collègues partir, même dans des conditions satisfaisantes, est frustrant et au final pas très satisfaisant. On éprouve un vague sentiment d'échec. On se console en se disant que c'était inévitable et bien souvent c'est le cas. Je dis "bien souvent" car pris dans le tourbillon de nos activités, nous ne réfléchissons pas assez à des plans alternatifs. Comment se préparer en permanence à une chute d'activité ?

Mais pour l'heure, réfléchissons à ce qu'il convient de faire lorsque nous sommes confrontés à un plan social et à cette situation malheureuse de réduction d'effectifs.
Bien sûr, l'idéal est de disposer d'une croissance à deux chiffres pour éviter de se retrouver dans une telle situation. C'est la seule solution vertueuse que je connaisse: croissance. Et même croissance profitable. Car l'entreprise est mesurée par les marchés par toutes sortes d'indicateurs dont des ratios de performance qui rapportent par exemple la marge opérationnelle (ou le profit généré par les opérations) aux dépenses opérationnelles (ou les OPEX). Si ce ratio monte régulièrement, alors c'est que l'entreprise connait probablement une activité soutenue et qu'elle opère dans des segments à forte valeur ajoutée (qui dégagent de la marge). S'il baisse, alors c'est que vous êtes probablement confrontés à la situation inverse, avec de plus des problèmes de coûts de structure. Cela explique pourquoi les entreprises font le yo-yo entre "alléger les coûts" et "relancer l'entreprise". On voit bien que ce système n'est pas viable sur le moyen et le long terme. Il peut satisfaire les marchés qui sont rassurés généralement de voir les coûts baisser mais rien de plus. Et de plus, ce n'est pas tant les coupes qui les intéressent que la sensation que le management de l'entreprise s'y intéresse !

Mais en attendant de trouver la potion magique, le plus important est de profiter de ces périodes plus tendues  pour entamer des chantiers de transformation et d'éviter ainsi de surcharger celles et ceux qui restent à pied d'oeuvre au sein de l'entreprise une fois leurs collègues partis :
  • Couvrir le marché de façon différente. Disposer de moins de ressources doit nous inciter à revoir notre copie. A repartir d'une page blanche. Oui c'est possible, mais dans les entreprises bien établies, même dans un groupe international. Il faut se poser quelques questions simples en s'appuyant sur des statistiques et chiffres (où fait-on notre chiffre d'affaires, comment, etc.) : quels sont les clients ou segments de clients que je souhaite couvrir pour maintenir mon chiffre ? Quels sont les canaux de vente que je souhaite actionner (vente directe, partenaires, téléventes, etc.) ? Que peut-on éliminer ? Où doit-on concentrer nos efforts ? (croissance des comptes existants, conquête de nouveaux clients, peu de cibles ou beaucoup, etc.) Où est l'essentiel pour assurer la génération d'une marge convenable ? Comment déplacer le modèle vers plus de valeur ? Bon, les questions sont simples à poser, mais fondamentales. Il est peu fréquent d'avoir l'opportunité de se les poser. Ces périodes difficiles permettent de le faire et sont une chance formidable d'éviter de faire plus avec moins, mais de faire autrement.
  • Réduire l'inutile. Nous faisons trop de choses. Nous émettons trop de mails, nous en recevons trop. Nous produisons trop de données, sans savoir si au fond elles nous sont vraiment utiles. Il est intéressant de se poser cette question. Je dispose autour de moi de centaines de pages de données, de graphiques, d'informations, mais quelles sont celles qui me sont vraiment nécessaires ? (voir mon précédent "post"). 
  • Déléguer d'avantage et mieux. C'est en période tendue qu'il faut faire confiance et déléguer plus aux équipes qui sont en contact avec le client. Cela ne dispense de contrôler la façon dont cette délégation est exercée, mais il faut le faire car c'est là un des outils pour se garantir de la vitesse, élément fondamental de succès, nous en savons déjà parlé.
  • Investir sur la compétence. C'est paradoxal, je le sais, de dépenser de l'argent pour former les salariés au moment où l'on en fait partir d'autres. Le réflexe est de ne pas le faire. Mais pendant que vous conduisez votre plan de transformation, le marché continue de bouger et si vous n'accompagnez pas ce mouvement, vous avez de fortes chances d'être de nouveau dans une impasse. Le rôle d'une direction est de comprendre avant les autres où se trouvent les marchés en croissance et d'y déplacer leurs forces. La formation est là un outil stratégique pour valoriser le capital humain de l'entreprise.
  • Remettre du sens au coeur de notre action. Dans les tempêtes, les marins doivent connaitre le cap et le but poursuivi. Pourquoi sont-ils là à braver les vagues et la colère céleste ? Nos valeurs, notre culture, ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas sont des briques essentielles pour construire une nouvelle dynamique et entrainer l'entreprise dans un renouveau si fondamental. Donner à chacun une fiche d'identité professionnelle, un lien d'appartenance et de reconnaissance. Créer un sens commun. Une équipe soudée, prête à en découdre avec de nouveaux défis. Voilà le challenge.
La liste n'est pas exhaustive. Je sais par ailleurs que tout n'est jamais aussi simple. A la longue, se contenter de réduire les coûts n'est pas réaliste. Alors par expérience, j'ai pu vérifier qu'en faisant au moins cela, avec toute son énergie, on multiplie ses chances de succès ... pour le futur de l'entreprise et de celles et ceux qui restent. C'est déjà suffisant pour s'y pencher !  Et on peut même le faire (et surtout même) ... hors plan social ou de restructuration !

03 février 2013

Vous avez dit "Big Data" ?

L'explosion des données est là. IDC prévoyait en 2010 que le volume des informations numériques stockées dans le monde passerait la barre des 1,8 zettaoctets (1,8 milliards de gigaoctes) en 2011, soit plus de 9 fois celui que nous connaissions en 2006 !!! De quoi surprendre, étonner, alerter. De quoi faire peur aussi. A ce rythme là, comment ferons-nous face ? D'autant plus que depuis un an et demi, cela n'a fait qu'empirer. 

Certes, la technologie a connu un progrès technique sans réel précédent. HP a ainsi annoncé les prémices des résultats d'un vaste programme de recherches et d'innovations, connu sous le nom de code "moonshot". Chaque annonce porte elle-même le nom d'une fusée et matérialise à chaque étape un bond en avant très significatif : plus de performance, des consommations énergétiques et calorifiques divisées par plus de dix et un emplacement au sol réduit de façon considérable. Tout cela est essentiel car l'accroissement des données devient inéluctable avec entre autres facteurs, la prolifération des réseaux sociaux, des outils de collaboration et de messagerie et la production qui ne cesse de repousser les limites un peu plus chaque jour. 

S'il est louable que les acteurs de l'informatique se penchent sur cette question et apportent des solutions pertinentes et performantes, il reste que nous sommes aussi en droit de nous poser d'autres questions, toutes aussi importantes :

- accompagner l'explosion des données certes, mais comment faire pour éviter qu'elle ne se produise ? Peut-on ralentir la production de données ? Si cela parait difficile de prime abord, comment faire alors pour au moins en limiter les impacts ? De belles missions de conseil en perspective sur un thème qui nécessite de réelles compétences. 
- a-t-on réellement besoin de toutes les données, tous les tableaux, chiffres, graphiques, etc. que nous produisons sans discontinuer tous les jours ? N'est-il pas affligeant par exemple de voir les heures passées par des équipes opérations pour préparer une revue d'affaires, qui finalement ne retiendra que 20% des "charts" élaborés avec soin. 
- savons-nous toujours interpréter les données produites ci et là. 
- n'a-t-on pas perdu l'habitude de l'analyse
- les données sont-elles vraiment sécurisées ? N'y-a-t-il pas un risque à ce sujet ? 

Le cloud a permis l'avénement d'une informatique sans complexe. On "mutualise" les moyens informatiques et les applications pour gagner en efficacité, en compétitivité et en coûts. On achète des services plutôt que des ordinateurs et des logiciels. Mais les interrogations précédentes sont légitimes et commencent à susciter des réflexions désobligeantes, un peu comme dans les années 80 et 90, lorsque les directeurs informatiques étaient vus comme des centres de coûts. 

Aujourd'hui, l'informatique, devenue l'arme sécrète des dirigeants, n'est plus un sujet tabou, un sujet réservé à une élite technique. Il s'agit plutôt d'un des piliers stratégiques, l'un de ceux qu'il faut très vite maîtriser. 

La donnée est l'essence de nos organisations. Sans elle, pas d'entreprise. Ce constat doit nous amener à réfléchir aux solutions permettant de réduire leur production et de nous préparer ainsi aux étapes futures avec plus de sérénité.

Conclusion : commençons par réduire le volume produit chaque année, puis gérons l'accroissement inéluctable grâce à des solutions éprouvées. 

27 janvier 2013

On ne dit pas assez aux salariés qu'on apprécie qu'on les apprécie

En écoutant cette chanson de Louis Chedid, toujours talentueux, je me suis posé de nouveau cette question : doit-on dire à des talents, aux hauts potentiels de l'entreprise par exemple, tout le bien que l'on pense d'eux ? Il s'agit là d'un point délicat effectivement. 

Le dire c'est jouer la clarté, s'assurer qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises un jour, ni pour l'un ni pour l'autre. Pas d'ambiguïtés. Il n'y a rien de pire pour un salarié que de découvrir le jour où il remet sa lettre de démission qu'il comptait finalement plus qu'il n'avait pu l'imaginer. Et inversement il n'y a rien de pire pour un employeur que d'être pris de court et de se reprocher de ne pas avoir parlé. 

Un peu comme en amour. Revenons sur la chanson de Louis Chedid, tirée de l'album portant le même nom et sorti en 2010 : "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime". Pour ne pas avoir dit à son conjoint les sentiments que l'on éprouvait à son égard, on peut le perdre, sans s'en rendre compte. Pour ne pas avoir dit à un ami à quel point elle/il comptait pour vous, vous pouvez voir les liens se distendre sans vraiment en comprendre les raisons. Car un jour les faits sont là et il est trop tard. 

Vous ne risquez au fond qu'une chose à le dire : qu'elle ou qu'il ne sache pas gérer l'information correctement. En d'autres termes qu'elle ou qu'il prenne "la grosse tête". 
Mais ne serait-ce pas là la preuve d'une limite ? Si un individu lambda ne sait pas gérer son égo, il est peu probable qu'il sache évoluer positivement, avec humilité dans l'entreprise. Autant le savoir.  

Pour ma part, je pense donc qu'il faut le dire.
Je pense aussi qu'il ne faut pas limiter cet exercice de transparence à certains profils mais l'appliquer à tous ceux qui sont importants pour vous.  

Alors parlons, livrons nos pensées, sans états d'âmes, avant de se  retrouver un jour face à une nouvelle qui ne sera pas la bienvenue ! 

20 janvier 2013

Concentration ... quand tu nous lâches !

Publié par Sinéad Lachever
dans "little Roisin's stuff"

Notre époque est celle de l'information. Si le monde a connu plusieurs révolutions, agricole, industrielle, technologique, c'est bien celle de l'information que nous vivons actuellement. Les données fusent et nos technologies nous assistent pour tenter d'en capter l'essentiel. De fait, du réveil au coucher, nous utilisons, à des degrés différents selon nos addictions, toutes sortes d'outils, des "smartphones", des tablettes, des PC Portables ou fixes, des systèmes d'impression intelligents, divers objets numériques, ... A la maison, nous avons définitivement basculé dans le 21ème siècle et nous n'en sommes qu'au début. Immeubles intelligents, domotique, robotique, notre vie va encore se transformer. 

Mais en attendant, force est de constater que nous sommes tous, comprenons bien tous, les esclaves de nos technologies et du contenu auxquelles elles sont censées nous donner accès. Le but de ce "post" n'est certainement pas de livrer un plaidoyer "anti-techno". Ce serait un comble vu le métier que j'exerce avec passion depuis toujours. Les technologies n'ont rien à voir dans cette affaire. Elles nous permettent indiscutablement de vivre mieux. Non, il s'agit plutôt d'un plaidoyer pour plus de raison car le problème vient de l'usage excessif que l'on peut en faire parfois. L'abus n'est bon en rien. Et bien, là non plus ! 
Trop d'emails reçus dans nos boites, trop de réseaux sociaux, trop de virtuels, trop de tout. Je ne suis pas un bon exemple ! 

Le résultat semble être sans appel. Des études Britaniques et Françaises récentes montrent que les enfants n'arrivent plus à se concentrer plus de 20 minutes. Ils éprouvent alors des difficultés à l'école et aussi pour faire leurs devoirs à la maison. Les fautifs ? L'ordinateur, l'internet, la TV mais surtout les jeux vidéos. Elles montrent de façon très claire qu'en jouant souvent et depuis leur plus jeune âge, les enfants n'arrivent rapidement plus à se concentrer dans le temps. Ils font tout, très vite. Dix choses à la fois. Je devrais dire dix petites choses à la fois au lieu d'en faire une ... mais plus en détail. On préfère "zapper" sur internet plutôt que de lire un bon livre. Il est difficile de juger, il faudrait pousser l'analyse car le jeu par exemple leur permet à l'inverse de rendre leurs esprits plus vivaces. Mais les détracteurs diront que c'est bien là que réside justement le problème, que c'est bien la raison qui explique cette impossibilité pour eux de se poser longtemps sur le même problème. 
Bien sûr, il n'est pas très difficile de faire un parallèle avec nos activités professionnelles à l'âge adulte. Au bureau, nous sommes également attachés à nos technologies. Certains meetings se déroulent avec tous les participants les yeux rivés derrière leur écran. Rares sont celles et ceux qui mettront leur téléphone en veille et qui renonceront à les consulter deux heures durant. Cela nous parait insurmontable ! 

Ce qui semble impossible aussi c'est de se concentrer très longtemps sur un même thème, de l'approfondir. Cette difficulté est le résultat d'un très long processus qui s'est déroulé en parallèle du progrès technique. L'exigence de résultat et de vitesse ont pris le pas peu à peu sur l'analyse. De nos jours, il faut se hâter en tout : il faut analyser vite, décider vite, exécuter vite. Ne pas le faire vous expose à passer pour un dirigeant passif, incapable de trancher, de décider. C'est parfois vrai du reste pour certains ! 
Nous avons pris l'habitude, comme nos enfants, de faire de multiples choses à la fois et donc de les survoler. 

Notre société de consommation est un peu devenue celle du KleenexN'est-ce pas de nature à nous inquiéter ? 

Ne faut-il pas prendre des mesures, chez nous, au travail, pour que nous puissions retrouver le sens de l'effort intellectuel, le goût de l'approfondissement ? 
Pour ne pas nous laisser envahir plus longtemps par ce qui n'a pas d'importance. Pour nous concentrer sur ce qui l'est, sur l'essentiel. 
Pour prendre la mesure de l'importance de certains choix. 

Tout comme nous avons pris l'habitude de vivre ainsi, nous pouvons non pas faire machine arrière, cela serait loin d'être idéal, mais trouver un juste milieu et nous défaire de certaines mauvaises habitudes.

Il est intéressant de constater que les élections sont par exemple et contrairement à ce que beaucoup pensent un moment clé pour se poser et réfléchir à des questions de société (l'avenir des retraites, pour ou contre l'euthanasie, etc.) ou existentielles (dans quel monde voulons-nous vivre ...). C'est la raison qui explique le succès d'émissions comme "Des paroles et des actes". Ces périodes sont aussi celles où l'on engage la discussion assez facilement et avec toutes sortes de gens, quitte à afficher des désaccords. On devrait faire de même à chaque moment clé de notre vie. 

Provoquer des discussions à la maison autour d'un livre ou d'un film en famille. Provoquer la discussion avec des groupes de salariés sur des questions essentielles et complexes. 

Pour ne pas laisser nos neurones au chômage !

12 janvier 2013

Le succès d'une entreprise ou d'un état : équation ou alchimie ?

Pour redresser une économie, les mêmes règles prévalent que pour une entreprise. Faut-il encore définir une stratégie financière ? Cette dernière doit être mise en oeuvre, à priori, pour mettre en place la stratégie générale de l'entreprise et son plan opérationnel (capacité à faire arriver les choses ou d'exécution comme disent nos amis anglo-saxons). 

Les leviers sur lesquels il est dès lors possible de s'appuyer sont nombreux : 
  • on peut décider de privilégier la croissance du chiffre d'affaires avec l'idée de prendre des parts de marché. C'est un objectif compréhensible mais il faut s'attendre qu'il pèse sur la marge et donc sur le profit opérationnel, sauf à aligner les coûts (OPEX) de façon proportionnelle. 
  • On peut décider de mettre l'accent sur la marge. On pourra le faire par un changement du mix- produits, en faveur des produits et/ou services à forte valeur ajoutée, comme certaines activités de services ou des produits présentant un avantage compétitif déterminant (donc plus chers, mieux positionnés). 
  • On peut décider d'abandonner certaines activités qui ne sont pas en ligne avec les objectifs de marge et de profit du groupe, avec l'inconvénient de voir son chiffre d'affaires se tasser. 
  • On peut décider au contraire d'étendre son champs, en ayant le maximum de produits et/ou services, sous condition qu'il y ait une cohérence dans les choix opérés. On réalise une sorte de "one-stop shopping". 
  • On peut décider de gagner des parts de marché au détriment de la marge, mais alors de réduire les dépenses de façon drastique pour maintenir un profit élevé, propre à satisfaire les marchés. 
Un gouvernement aujourd'hui se retrouve face aux mêmes problématiques. 

Relancer l'économie en période de crise est toujours possible, nous en avons déjà parlé, mais obtenir une dynamique à plus de 2 ou 3% est actuellement illusoire, surtout en Europe. 

L'Europe présente de nombreux atouts. Sa taille, sa diversité, son leadership dans de nombreux secteurs, son histoire qui lui donne un certain recul. 

Elle affiche également de gros déficits. Du reste le mot est bien choisi ! Un déficit creusé par les dépenses publiques, une balance commerciale versus d'autres zones qui n'est pas au mieux, un chômage qui monte, des dettes rampantes dont on ne voit pas les racines. 

La France n'échappe pas aux difficultés. Mes propos n'ont rien de politique. La situation n'est bien sûr pas le fait du gouvernement actuel. Il récupère même une situation très difficile. Les gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans ont tous enfoncé la nation. Inconsciemment peut-être. Par incompétence, facilité ou ... par manque de courage ... difficile à dire. Mais tous, de droite ou de gauche, ont participé à cette situation. Il faut en sortir. 

Or, le chômage est en phase ascendante. Les dépenses publiques en proportion du PIB n'ont jamais été aussi fortes. Le coût du travail prohibitif. La législation complexe et manquant totalement de flexibilité. A force de vouloir défendre le salarié, ce qui est tout à fait respectable, j'en suis un aussi, nous avons oublié que ce sont bien les actionnaires qui créent ou pas de l'emploi en France. Si notre environnement les inquiète, leur fait peur, ils vont se déplacer ailleurs

Et aujourd'hui, nous ne faisons pas peur, c'est peut-être encore excessif, mais nous posons question. Et encore que je n'en suis plus très sûr. Lorsque je discute avec mes amis internationaux, leurs commentaires m'inquiètent parfois. Cela commence sur le ton de la plaisanterie, on aime bien charrier les français, mais cela se termine toujours par des opinions tranchés, rarement en notre faveur. "Investir en France cela coûte cher"; "Si on embauche chez vous, on sera coincé car nous tomberons sous les fourches caudines de vos plans sociaux extrêmement chers"; "Il fait bon vivre en France mais pour combien de temps ?". 

Ces questions (ou constats) peuvent déranger, je ne peux qu'être d'accord, mais elles sont une réalité. Notre réalité. Nous assistons, au-délà des départs de français aisés à l'étranger, à des ruptures organisationnelles des entreprises mondiales qui sont inquiétantes :
  • Proliférations de centres de services partagés : on regroupe le service commun à plusieurs pays en un seul lieu, un pays où le coût du travail est très bas ... pas la France. Cela pourra être la logistique, les achats, l'informatique, la gestion de la trésorerie, etc. 
  • Développement de "l'offshoring" : on signe un contrat de services en France mais on l'opère là où le coût du travail est très bas, en Inde, au Vietnam, en Roumanie, etc. 
  • Regroupement des sièges sociaux, là où la fiscalité est plus attractive: Londres, Genève ou Zurich.
Que faire alors ? 
  • Couper les coûts ou les dépenses publiques peut fonctionner à court terme mais bien entendu la limite ne tarde pas à venir. L'exercice comporte de nombreux risques, au-delà du manque singulier de vision, de mettre l'entreprise en difficulté sur le moyen/long terme. 
  • Augmenter les prélèvements, les impôts et taxes en particulier, est une solution facile, solution à laquelle il faut avoir recours, mais pas au-delà de certaines limites. Quand la fiscalité devient confiscatoire ou dissuasive, elle a l'effet inverse à celui recherché initialement. Les entreprises ne s'installent plus chez vous, voire fuient, les individus font de même, et au final c'est moins de recettes fiscales. Le gouvernement Fillon avait voter 30 milliards de ponctions supplémentaires. Le gouvernement actuel a fait de même. C'est 60 milliards de plus ! Il fallait sans doute le faire. Mais nous sommes à la limite de l'exercice, surtout si l'on ajoute que ceux qui créent la richesse ont en perspective la taxe à 75% au-delà du million d'euros. 
  • Relancer l'économie, facile à dire me direz-vous, reste la seule solution saine et viable sur le moyen terme. Il faut améliorer notre compétitivité par les coûts, favoriser l'innovation et la création de nouvelles entreprises, accompagner les talents (plutôt que de les laisser partir), multiplier les pôles d'attraction autour de nouvelles technologies et de savoir-faire spécifiques. 
Pour qu'une politique fonctionne, c'est un peu comme une salade, pour qu'elle soit bonne (effective), il faut un bon assaisonnement ! 

Les entreprises au fond doivent en premier lieu dégager du cash-flow et même du "free cash-flow". Au fait, un rappel sur cette dernière notion. Ce ratio mesure la performance financière d’une entreprise. Il représente la capacité d'une entreprise à générer du cash mais après avoir investi dans le maintien ou la croissance de ses actifs (équipement, bâtiment, etc.). 

C'est donc au fond ce qui est "libre" une fois l'essentiel assumé ! Ce "cash-flow libre" peut alors être utilisé pour se développer ou pour distribuer des dividendes, etc. Pour le calculer, il convient d'ajouter les amortissements au bénéfice avant impôts et intérêts et de déduire ensuite la variation du fonds de roulement et les investissements en capital. Il est important parce qu'il est le signe annonciateur de bonne santé. Sans ce "cash-flow libre", l'entreprise ne peut pas réaliser de nouvelles acquisitions, investir en recherche et développement, rembourser sa dette. Sans ce "cash-flow libre" l'entreprise n'a pas de flexibilité. Elle est étranglée et sa survie est compromise. 

Tout gouvernement est dans la même situation. Il doit rembourser sa dette, investir (pour rénover l'école et les universités par exemple ou moderniser son armée), attirer les investissements étrangers, etc. Pour cela, il lui faut une capacité de fonds disponible une fois les dépenses publiques payées, les intérêts d'emprunts assumés et idem pour tous les autres remboursements obligatoires. Et c'est là que l'histoire se complique. 

Nous avons intérêt à parier sur le succès des actions en cours. L'accord obtenu entre les syndicaux et le patronat ces jours-çi est plutôt une bonne chose, surtout pour la flexibilité du travail, les ajustements fiscaux opérés par le gouvernement précédent et l'actuel étaient nécessaires. Il faut maintenant aller plus loin et donner un élan à notre économie, qui seul pourra donner l'envie (voir mon avant-dernier post).

Alors au final, "Le succès d'une entreprise ou d'un état : équation ou alchimie ?"



On pourrait être tenté de répondre "équation", car tout semble rationnel et être le fruit de savants mélanges économiques et financiers, où le hasard n'a guère de place. Mais reste que les femmes et les hommes qui conduisent les changements font toute la différence. Et c'est pourquoi, il faut une juste compréhension de ce qu'il convient de faire, la volonté de le faire mais surtout celles et ceux qui vont faire d'un plan une réalité. 


Alors alchimie sans hésitation !



06 janvier 2013

La courbe d'apprentissage (english version follows "the learning curve")

From Marvin Weisbord
(on the internet)
La question est : apprenons-nous quelque chose du passé ? 

Bien sûr, nous sommes toujours en crise, du moins économique, car apparemment pour certains économistes ou politiques la crise financière et de l'Euro serait derrière nous. Je n'y crois pas une seconde. Que la volonté soit à présent de sauver la zone euro et que cette idée soit partagée par tous les pays européens, y compris l'Allemagne, je le crois aussi, mais de là à dire que le problème est réglé, certains vont à mon sens un peu vite en besogne. Il me semble que les centaines de milliards de dollars injectés dans l'économie mondiale au cours de trois ou quatre dernières années ne se sont pas évaporés du jour au lendemain et que la fragilité de certains pays européens, et même dans le monde, appelle la plus grande vigilance. Mais au fond, ce n'est pas tant de cela que je voulais traiter dans ce billet. Mon point est ailleurs. 

Ce que la communauté internationale voulait changer pouvait tenir en quelques lignes:
  • Arrêtons de regarder à court terme et de mettre en péril la croissance effective des entreprises. En d'autres termes, il faut laisser les entreprises bâtir des plans de moyen et long terme, sans se soucier toujours de la valorisation trimestrielle de leur cours en bourse;
  • Il faut arrêter cette course en avant qui consiste à financer la croissance à crédit, ce qui implique au final un cercle vicieux où nos économies remboursent les intérêts des intérêts et n'arrivent plus à générer du cash. Or, le cash pour les entreprises c'est leur survie. 
  • Il faut redonner du sens à l'action des entreprises et de la société en général. Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? 
Ces dernières années, les bourses se sont envolées, certaines valeurs se sont appréciées sans cohérence réelle avec leur valorisation effective et leur valeur "business", le capital humain n'a pas été valorisé correctement, etc. La liste serait longue en fait ... 

Alors les choses ont-elles ou sont-elles en train de changer ? 

Pas sûr. On voit bien de nouveau les prémisses de retour à des démons du passé. Les bourses repartent à la hausse alors même que les problèmes sont toujours devant. Certes, le président des Etats-Unis d'Amérique a franchi une étape importante, mais le plus dur pour lui est à venir, dans les deux mois, avec les prochaines discussions autour de la fiscalité. Selon le résultat, l'économie mondiale pourrait sérieusement chanceler. En Europe, la Grèce ne va pas mieux. L'Espagne, le Portugal ou l'Italie non plus. Et la France commence à souffrir. On voit bien dans les rues, dans les restaurants, dans les magasins que les choses ont changé, que les réflexes de consommation se sont modifiés. 

Nous pensions prendre le prétexte de cette crise pour remettre tout à plat et corriger les déviations de nos systèmes. 

A-t-on fait cela ? A-t-on seulement commencé à y réfléchir ? J'ai ma réponse, mais je vous laisse vous faire votre idée !

English version : The Learning curve.


The question is: do we learn anything of past ?

Of course, we are always in crisis, at least on the economic side, because apparently for some economists or politics the financial crisis and of the Euro would be behind us. I do not believe in it one second. That the will is at the moment to save the Eurozone and what this idea is shared by all the European countries, including Germany, I also believe it, but from there to say that the problem is settled, some jump the gun in my opinion. It seems to me that billion dollar hundreds injected in the world economy during the past three or four years did not evaporate overnight and that the fragility of certain European countries, and even in the world, calls the biggest vigilance. But at the bottom, it is not so much it that I wanted to treat in this post today. My point is somewhere else.

What the international community wanted to change could be summarized like in few lines:
  • Let us stop considering short-term and putting in danger the effective growth of companies. In other words, it is necessary to let companies build mid and long-term plans, without caring always about the quarterly valuation of their stock exchange price; 
  • We need to stop this running race forward which consists in financing the growth on credit, what implies in the end a vicious circle where our savings (economies) pay off the interests of the interests and do not any more manage to generate some cash. Gold, the cash for companies it is their survival;
  • It is necessary to give sense in what we are doing, both companies and the society in general.  Why do we do what we do ?


These last years, stock exchanges soared, certain values appreciated without real coherence with their effective valuation and their business value, the human resources was not correctly valued, etc. The list would be long in fact... 

Then things have or are they changing ?

Not sure. We see signs again that we could be returning on the devils of the past. Stock exchanges go up again even if the problems are always in front of. Certainly, the president of the United States of America crossed an important step, but most hard for him is to come, in two months, with the next discussions around the tax system. 
According to the output, the world economy could seriously waddle. In Europe, Greece does not get better. Spain, Portugal or Italy either. And France begins to seriously suffer. We see in the streets, in restaurants, in stores that things changed, that consumption attitude has been significantly modified.

We thought of taking the pretext of this crisis to put everything on the table and correct the deviations of our systems as much as possible.

Did we make it ? Did we only begin to think about it ? I have my own answer, but I let you be made your idea !

01 janvier 2013

L'envie


Nous avons tous en tête l'Iliade et l'Odyssée, oeuvres attribués à l'aède Homère. Elles ont bien souvent bercé notre adolescence, la mienne en particulier, et notre vie plus largement. Tel Alexandre le Grand, toute proportion gardée, nous y puisons le rêve, l'ambition, des leçons de vie et ... l'envie. L'envie d'aimer, l'envie de conquérir, l'envie d'aller de l'avant, l'envie de faire d'une idée une réalité, l'envie d'entreprendre, parfois l'impossible, l'envie de tout ... et bien plus encore. 

Car ces oeuvres sont avant tout des référents, des guides spirituels et intellectuels, des textes auxquels on peut se reporter toute sa vie durant. Le jeune roi l'avait bien compris grâce à l'enseignement du philosophe Aristote.
Il l'avait tellement bien compris que ces ouvrages ne le quittaient pas. Les épopées d'Achille, d'Ajax le Grand et d'Ulysse, face à Priam et ses fils, Hector en particulier, ce héros solide et responsable, défenseur de la belle Hélène, amour interdit et fou de son frère Paris, nous y sommes de nouveau, et nous comprenons encore que ces écrits légendaires et mythologiques avaient de nombreuses vocations, dont l'une était de faire briller la Grèce Antique. 

Chants allégoriques, ils avaient pour vocation de rendre le récit plus poignant, plus intense qu'un carnet de bord, plus énergisant qu'un compte-rendu de guerre. 
Ils déclenchaient toutes sortes d'émotions et ... l'envie. 
L'envie d'appartenir à cette patrie empreinte de sens et d'ordre, envie de se reconnaitre dans ces héros de champs, envie de les admirer, d'être à leurs côtés, envie de fouler le même sol, envie de porter la même nationalité, de faire partie de la même démocratie, envie d'être là, avec eux, même si cela ne fut bien souvent que par les idées. 
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est d'avoir envie. Envie de quelque chose. Se donner un but, avoir une passion, ...
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est de donner envie. Donner la foi, donner confiance. 
  • Peu importe au fond, ce qui compte, c'est de faire envie. Comme dit le dicton, "mieux vaut faire envie que pitié". Pas faux ... 
Il me semblait que commencer l'année sur le thème de l'envie était une bonne idée. Rappelons-nous, là encore souvenirs de lecture, que l'envie a longtemps était mal perçue, assimilée au mal, on pourra ainsi reprendre les oeuvres de Saint-Thomas d'Aquin. N'étais-ce pas un pêché capital ? L'envie n'a souvent rien de rationnel. Elle est tout l'inverse. On a envie de quelque chose qui normalement nous est interdit. L'interdit a quelque chose de grisant, il en est ainsi depuis la nuit des temps. Mon propos n'est pas d'encourager l'interdit, je laisse chacun maître de son destin, mais plutôt de réhabiliter ce sentiment si fort et si intense. 

L'envie nous guide vers le plus haut, le meilleur, le bien-être, quelque soit la définition que l'on veut bien lui donner. Le bien-être et la réussite sont des notions propres à chacun, nous y mettons tous des pondérations différentes et nos aspirations le sont aussi. Par exemple, j'ai toujours placé la réussite littéraire au-dessus de tout, question d'éducation sans doute. La pensée, les idées, l'analyse et la réflexion sont des éléments qui nous distinguent des autres espèces vivant sur terre. Nous savons que nous avons une fin et cela change tout. 

Alors, il ne faut pas comme Ulysse, voulant se protéger des belles sirènes, se boucher les oreilles avec de la cire et s'attacher au mât du navire, mais se laisser bercer par nos envies. 

J'ai toujours essayé, bien que cela ne soit pas toujours facile, de faire de ma vie un choix. Renoncer parfois est salutaire. Mais renoncer trop souvent est destructeur. Et pour ne pas renoncer, il faut avoir l'envie cheviller au corps. Alors, donnons envie, où que nous soyons, quoique nous fassions, donnons envie aux autres, ce qui commence par avoir envie soi-même, et même par faire envie. 

Tous les dirigeants, politiques ou autres, devraient se souvenir de cela. Rien ne compte tant au fond que l'envie. 
Si le monde n'était que raison, il serait sacrément ennuyeux !

Meilleurs voeux à tous !

16 décembre 2012

Le courage d'agir

Dessin pris sur internet
Une femme ou un homme politique est-il libre d'agir ? Oui si justement il se détache des suffrages électoraux à venir. Mais dans ce cas, il ne sera peut-être plus élu et par voie de conséquence ne pourra plus agir ! 
Mais s'il agit dans le contexte actuel, s'il conduit les réformes nécessaires, alors comment peut-il espérer le vote de ses concitoyens ? C'est un cercle vicieux qui conduit la plupart du temps à ... l'immobilisme. 
En France, comme dans le reste de l'Europe, il faut agir et vite. faute d'avoir reformé l'Etat, nos structures, nos institutions, nous sommes confrontés à des coûts de travail qui deviennent un fardeau pour les entreprises, une taxation qui fait fuir les plus aisés et décourage l'initiative et le sens de l'entreprise, l'investissement (bien que la France reste encore une terre d'asile pour de nombreuses entreprises dont la mienne). Un bilan rapide nous montre que le système actuel ne peut que nous entrainer dans le trou. L'élite va peu à peu fuir, ceux qui sont dans le besoin, dans d'autres pays en particulier, vont tenter d'émigrer en France, terre d'accueil par excellence (cela a toujours été l'un des éléments fondateurs de notre république et de notre constitution) et nous deviendrons à n'en plus douter un pays dont le potentiel économique sera des plus modestes. La spirale négative se dessine déjà. Il faut donc agir. Il faut lancer des réformes. Il faut s'attaquer au système scolaire et universitaire qui coûte trop cher pour des résultats qui ne sont plus là. Certes, nous formons des élites dans nos grandes écoles, mais la plus grande masse sort des études avec des diplômes amoindris. Toutes les études et les classements le montrent, la France a dégringolé. Il faut redonner le goût aux jeunes gens pour les études scientifiques, et pour ceux qui en font, les dissuader d'aller vers la finance. L'industrie a besoin de renfort. La recherche aussi. Il faut donner des moyens à nos laboratoires. Nous formons certes des élites, encore faut-il les garder. Il faut motiver les jeunes à innover. Il faut identifier les jeunes pousses, les futurs "google" et les accompagner dans leur émergence. C'est un travail nécessaire. Les américains font cela depuis toujours. On voit le résultat. De façon générale, il faut célébrer la réussite. Les entrepreneurs s'ils réussissent gagnent de l'argent, parfois beaucoup, mais tant mieux, ils créent aussi de l'emploi par la croissance qu'ils génèrent. Où est le problème ? Le problème est que nous n'avons pas de "google" ! 
Il faut réformer notre de système de retraite. Nicolas Sarkozy a certes fait un premier pas, mais nous sommes loin du compte. Il faut aller beaucoup plus loin, et sans aller sans doute à un pur système par capitalisation, il faut allonger les périodes de cotisation et réduire les pensions. Nous n'y couperons pas. Il faut réformer notre système d'allocations. Nous n'avons plus les moyens de nos ambitions. Sans tomber dans le modèle anglo-saxons, nous devons trouver un compromis acceptable qui permette à nos enfants de vivre dans de bonnes conditions. Il faut finalement revoir notre système fiscal dans sa globalité, mais cela dépend de tout ce qui est écrit plus haut. Si nous réformons, les coûts à financer chaque année seront moindres et nous n'aurons pas besoin de taxer autant. Dans le cas contraire, nous y sommes contraints. C'est le "chien qui se mord la queue". 
Il n'est pas question ici de "droite" ou de "gauche". Il m'arrive d'entendre que le gouvernement actuel mène une politique de droite. Mais la question n'est plus là. Tout gouvernement, quelque soit son orientation, a le devoir de conduire des transformations profondes, au risque de ne pas être reconduit, au risque d'une gronde sociale. Le président Obama a lui maintenant les coudées franches pour quatre ans. Il ne craint pas pour le prochain scrutin. Il peut juste vouloir terminer sur autre chose qu'un vaste conflit social. Nous verrons bien ce qu'il fera. Intéressant de voir par exemple les décisions qu'il prendra sur les armes à feu suite au drame que les USA viennent de vivre. Avant les élections, il n'aurait même pas imaginer toucher au sujet. Mais à présent ? Ce sera là un bon test en quelque sorte. 
Les politiques sont dépendants du peuple. Mais s'en affranchir conduit à la dictature. La démocratie est source de liberté, mais c'est aussi une prison. Combien de changements ont avorté, ont été abandonnés ou conduits de façon partielle, par peur du lendemain ? Mais pour ne pas avoir ces contraintes, il faudrait basculer dans un système autocratique ! Il n'en est évidemment pas question. Donc, il faut des politiques courageux, qui se font élire en acceptant l'idée que leur mandat puisse ne pas être reconduit.
4 ou 5 ans pour transformer. 
4 ou 5 ans pour laisser une trace dans l'histoire. 
Cela n'en vaut-il pas la peine au fond ? 

Pour que tous les parents puissent continuer de souhaiter à leurs enfants une vie meilleure que la leur !

09 décembre 2012

Inciter les jeunes générations à entreprendre ...

Qualités de tout créateur.
Mais la plus importante de toutes
n'est-elle pas la gestion du risque
Des études récentes, conduites au niveau européen, mettent en avant la faible proportion de jeunes français attirés par la création d'entreprise en comparaison d'autres pays européens.  Nous sommes en particulier décalés par rapport à la Grande-Bretagne et aux pays Nordiques. Davantage encore bien sûr par rapport aux Etats-Unis si nous sortons de la zone euro. Plusieurs questions me sont alors venues à l'esprit. 

En premier lieu, est-il vraiment important d'entreprendre ? Indiscutablement oui. En poussant les jeunes générations à créer des entreprises, sur de véritables idées, nous contribuons à générer une dynamique, à créer de l'emploi et à favoriser la croissance du segment des petites et moyennes entreprises, si vital pour nous tous. Tout ce dont nous avons besoin en ce moment !

Est-il vrai que la France est en retard par rapport à l'Europe en général ? Oui et non. Cela dépend à qui l'on se compare. Plus intéressant est de se demander pourquoi nous le sommes ? Les raisons sont multiples. La France est un pays aux racines profondes, ancestrales, ancré dans une histoire millénaire, un brin rigide certes, mais aussi pleine de valeurs. Parmi ces dernières figure celle de la conformité. Dans tous les pays dits "traditionnels" (la France en fait partie), où la culture a figé une grande partie de nos codes et de nos modèles de référence, nous avons pris l'habitude d'ériger des principes, qui sont parfois autant de carcans. Difficile souvent de s'en affranchir. Même parfois de pouvoir le faire. Il est de bon ton de bien travailler à l'école, puis à l'université, d'obtenir un travail fixe (un CDI comme disent les parents avertis et responsables), de bénéficier d'un bon salaire, de se marier et de fonder une famille, etc. C'est ce que j'appelle la conformité, ou la mise en conformité. Depuis la nuit des temps, nous sommes incités à nous conformer à des règles. La Bible (ancien et nouveau testaments), le Coran, tous textes religieux en fait, les constitutions d'états, les lois, les textes législatifs, les conventions collectives, le mariage, etc. tout cela est fait pour nous proposer des modes opératoires auxquels le plus grand nombre doit adhérer. C'est ainsi qu'une société peut fonctionner. L'ancien testament par exemple qui a inspiré les deux autres religions monothéistes comme nous le savons tous est pour une grande partie un ensemble de règles de vie et de droit. De temps à autre, au gré des générations, des individus, des hommes et des femmes sortent du lot, un côté un peu rebelle, indiscipliné, ils ne veulent pas être dans un moule, ils veulent au contraire en sortir, et exprimer leur potentiel, leur savoir-faire, leur talent. Ces profils, que l'on pourrait qualifier de leaders, peuvent en sortir tout en respectant la loi ou la transgresser. Ils seront artistes, sportifs de haut niveau, acteur, entrepreneur ou voyou, bandit, criminel. C'est Steve Jobs ou Jacques Mesrine. Dans le premier cas, c'est tout bénéfice pour la société, dans le second cas, c'est une catastrophe qu'il faut alors gérer. On met alors en place d'autres règles, la police, la justice, les prisons. Mais bien sûr, concentrons-nous sur celles et ceux qui sortent des modèles proposés pour créer, innover, apporter de la valeur et pas sur la seconde qui n'a rien d'admirable, bien au contraire. Elles/ils sont animés par le désir puissant de laisser parler tout leur être et de réaliser quelque chose d'exceptionnel. Elles/ils ont en commun d'appréhender la notion de risque de façon tout à fait différente. Différemment des autres en tout cas. Elles/ils ne cherchent pas à toujours prendre la décision la plus raisonnable, mais à opter pour celle qui les fera avancer vers leur but, celle qui les mettra potentiellement sur le chemin du succès. Elles/ils acceptent la possibilité d'échouer, de perdre. 
Du reste, elles/ils ne voient jamais cela ainsi, mais plutôt comme une première étape, une phase nécessaire pour un jour atteindre leur nirvana. La France fait sûrement partie des pays qui n'incitent pas les jeunes à la prise de risque. D'ailleurs, le mot risque en France fait peur, alors qu'aux Etats-Unis, ou même en Angleterre, il apparait comme la marque du leader, de celui qui est prêt à jouer pour l'emporter. Il y a du respect dans le regard des américains à l'égard des jeunes créateurs qui réussissent, de la défiance ou de la méfiance dans celui des français, et plus généralement des européens. Cela tient aussi à nos systèmes de protection (sociaux en particulier), à l'existence d'une fonction publique très puissante et à celle de syndicats qui amplifient souvent les sentiments de revendications déjà solidement arrimés à l'éducation basique d'une française ou d'un français. Sans en être conscient, nous naissons avec le sentiment diffus qu'il faut être raisonnable et qu'il est préférable de mieux un peu comme ses parents, en mieux. J'exagère un peu, je grossis le trait bien sûr, mais c'est un peu vrai au fond. Dans des pays où la création est plus forte, on pousse au contraire les jeunes à changer la donne en permanence. C'est une question d'état d'esprit. La France devra y passer, quoiqu'il arrive, car notre économie ne pourra pas faire face, et nos systèmes sociaux protéger comme ils l'ont fait jusqu'à présent. Il va nous falloir déplacer nos frontières. 

Comment ? 
En modifiant les formations à l'école, en assurant des formations continues de haut niveau tout au long de notre vie, en facilitant la création d'entreprise (des progrès ont été faits ces dernières années à ce niveau), en acceptant l'échec (il n'est pas une fatalité), en coachant celles et ceux qui en ont besoin, en identifiant mieux et vite les initiatives qui pourraient déboucher sur un Amazon ou un Google, en incitant les entreprises à innovant, en payant mieux nos chercheurs pour qu'ils restent dans l'hexagone, en leur donnant des moyens pour qu'ils puissent conduire des recherches approfondies et performantes, en mettant en relation de façon continue la recherche, l'enseignement et l'entreprise pour transformer des idées en entreprises, en allégeant bien sûr la fiscalité pour inciter, pour motiver. Il faut faire la différence entre celui qui lance une entreprise et qui embauche et celui qui travaille comme salarié. L'entrepreneur prend des risques. C'est méritoire. Il faut lancer des campagnes de pub également. Faire savoir aux jeunes ce que l'on attend d'eux. Il faut rendre l'entreprise noble. L'entrepreneur qui réussit doit être mis en avant comme un exemple comme nous le faisons avec un commercial qui rencontre le succès. L'entrepreneur qui réussit doit devenir un icône. C'est ainsi que les jeunes par mimétisme voudront se lancer dans l'aventure, créer des entreprises qui deviendront mondiales, des références mondiales. 

Si dans quelques années, des entreprises, nouvellement créées, figurent au CAC40 ou en bonne place sur la bourse parisienne, si elles sont également cotées sur le Nasdaq, sans que personne ne se souvienne qu'à l'origine elles étaient françaises, alors nous pourrons en conclure que beaucoup de choses se seront passées. La France aura sans doute changer de vitesse. 
C'est tout le mal que l'on peut se souhaiter !