La France a toujours été la terre de la liberté. Aujourd'hui, des centaines de milliers de français, mais pas uniquement, ont manifesté pour que nous montrions, en bloc, que nous refusons la dictature de la barbarie. Ce n'était pas un combat "pour ou contre Charlie Hebdo", mais une marche pour que l'on puisse vivre libre en France.
J'étais avec ma femme place de la République. Des drapeaux français, l'hymne national et des "Je suis Charlie" partout.
En 2015, on ne doit pas mourir pour son appartenance religieuse, la couleur de sa peau ou ses idées. On doit respecter les autres et la loi, mais aucun acte meurtrier ne peut être accepté. Il faut combattre l'intolérance, la violence gratuite et la bêtise. Il y a du travail, me direz-vous !
Je vivais à New-York au moment des attentats du 11 Septembre et j'ai eu l'impression de revivre des scènes similaires.
Beaucoup de ferveur dans une recherche de cohésion (Photo GK)
Beaucoup de ferveur, il faisait bon être dans cette foule cet après-midi et sentir tous ces gens, solidaires, heureux d'être unis par un objectif commun : préserver cette liberté.
Toutes les nationalités étaient là, toutes les religions étaient représentées. Des chrétiens, des juifs, des musulmans, tous étaient là.
Après l'horreur de cette semaine, où des journalistes, des dessinateurs, des citoyens juifs, des membres des forces de l'ordre sont morts par la main de fanatiques, il y a eu aujourd'hui ce moment, unique, historique, réconciliateur.
Chefs d'Etat ... Et après ? (Photo GK) Et oui ... et après ?
A l'instant, je lis dans la presse qu'il y a eu à Paris plus d'un million de personnes ! Selon l'AFP, la mobilisation dépasserait les 2,5 millions de manifestants dans toute la France !! Probablement la plus grande manifestation, comme le disait un journaliste à la télévision, depuis la libération !
L'heure a sonné maintenant de nous poser les bonnes questions et surtout d'y répondre.
Nous devons agir. Voir tous ces chefs d'Etat dans notre belle capitale était réconfortant. C'est un geste d'autant plus important que l'action se doit d'être concertée.
Bonne année à tous mes lecteurs, merci pour votre fidélité à ce blog. J'ai repris cette image car elle correspond bien à mon idée de 2015 ! De belles perspectives !
Comme chaque année, les Etats de la France ont eu lieu.
C'était la neuvième édition, au Conseil économique, social et environnemental
(Palais Iéna), le17 Décembre 2014.
En présence de
nombreux ministres et personnalités, nous avons échangé et de nouveau réfléchi
aux réformes à lancer et/ou à poursuivre pour rendre la France encore plus
attractive.
Et comme
l'année passée (voir photo ci-dessous), nous avons dit de nouveau que nous
étions les meilleurs ambassadeurs pour défendre la France.
Ci-dessous le
programme, le papier publié dans l'Express / l'Expansion et le manifeste dans
les Echos.
Sondage: pourquoi ils hésitent à investir en France
Ils sont les patrons de filiales de multinationales. Réunis, comme tous les ans, pour leurs Etats de la France, ils portent un jugement très sévère sur l'attractivité du pays. Partenaire de ce forum, L'Express délivre, en exclusivité, les résultats dérangeants d'un sondage auprès de ces décideurs.
Sondage Ipsos réalisé du 31 octobre au 27 novembre 2014 auprès de 212 entreprises étrangères implantées en France avec un effectif supérieur ou égal à 250 salariés (au total 157 responsables interrogés), avec des quotas de secteur d'activité et de taille d'entreprise. Echantillon interrogé par Internet et par téléphone. Le mot "base" indique la partie de l'échantillon à laquelle certaines questions ont été posées. REUTERS/Philippe Wojazer; François Hollande reçoit des signataires du Manifeste des entreprises étrangères installées en France, en février.
La France n'est pas un pays attractif pour les entreprises étrangères. Elle l'est encore moins aujourd'hui qu'il y a un an. La faute en revient à ses gouvernements successifs. Celui de François Hollande parle beaucoup mais agit trop peu, trop lentement, trop faiblement. Ainsi résumé, le sondage Ipsos qui, le 17 décembre, ouvre les Etats de la France, dessine un pays compliqué, verrouillé, replié. Un vrai repoussoir. Voilà pour la mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que les choses peuvent changer.
Chaque année -le cru 2014 est la neuvième édition- les Etats de la France réunissent plus de 500 personnes autour de 72 responsables de filiales françaises de multinationales. Pour attirer l'attention des politiques sur les réformes à mener. Pour aider les dirigeants de filiale, qui produisent et emploient en France, souvent des Français, à vendre les atouts de leur pays auprès de leurs sièges sociaux.
Cette manifestation, créée par Denis Zervudacki, aurait pu rester confinée à un cercle de patrons et d'experts si, l'an dernier, elle n'avait connu un retentissement particulier : le cri d'alarme qu'ils ont lancé en décembre 2013, relayé par Les Echos, est entendu à l'Elysée. Le 31 décembre, lors de ses voeux aux Français, François Hollande annonce un pacte de responsabilité, qu'il détaille au cours de sa conférence de presse du 14 janvier.
"Le temps est venu de régler le principal problème de la France : sa production. Oui, je dis bien sa production. Il nous faut produire plus, il nous faut produire mieux", martèle François Hollande ce jour-là. Un tournant majeur dans un quinquennat aux contours flous. Désormais, la priorité est donnée à la compétitivité et le chef de l'Etat prend l'engagement de baisser, à nouveau, les charges des entreprises ; de leur dire clairement à quelle sauce fiscale elles seront mangées d'ici à la fin du quinquennat, une sauce au demeurant allégée ; de leur simplifier la vie quotidienne en nettoyant le maquis de leurs obligations juridiques, comptables, etc.
La vie est belle... En tout cas, elle aurait dû l'être, mais, un an plus tard, les patrons se plaignent encore : ils sont 77% à estimer que la France n'est "pas très" ou "pas du tout attractive", et, parmi eux, 97% à en rendre responsables les gouvernements successifs. Car ils savent que ces problèmes ne se créent ni ne se règlent en un an. Les 23% qui trouvent la France attirante attribuent ce mérite à ses traditionnels points forts : de bonnes infrastructures, une main-d'oeuvre qualifiée.
"Je suis étonnée que l'innovation technologique et le dynamisme de la recherche ne soient valorisés que par 29% des personnes interrogées, car, pour nous, l'excellence scientifique française est un atout incontestable", souligne Corinne Le Goff, présidente de Roche France (laboratoire pharmaceutique). Toutefois, Gérald Karsenti, président de Hewlett-Packard France, relativise l'importance de ces atouts : "Infrastructures et main-d'oeuvre sont des critères seconds face à l'essentiel : le coût du travail, la flexibilité et la fiscalité."
"L'action du gouvernement peut encore gagner en
lisibilité"
Trois domaines où la
France a pris des décisions ces derniers mois, jugées très positivement par les
patrons sondés. Mais ils sont 93% à trouver que les choses ne vont pas assez
vite, justifiant ainsi l'intitulé de ces 9es Etats de la France : "Plus
vite, plus loin... plus fort". Christophe de Maistre, président de Siemens
France, résume l'opinion commune: "L'action du gouvernement peut encore
gagner en lisibilité. Elle reste également brouillée par des dispositions,
comme la mise en place du compte pénibilité pour la retraite, et par le
sentiment que les réformes tardent à être mises en oeuvre."
Corinne Le Goff renchérit
: "Il y a un sujet de constance dans les politiques publiques. Si nous
prenons l'exemple du crédit impôt recherche [CIR], qui est un instrument
indispensable, le fait qu'il soit débattu régulièrement est un souci, car
l'investissement dans la recherche scientifique demande un engagement dans la
durée."
Cette communauté patronale
attend beaucoup de la loi sur la croissance et l'activité défendue par Emmanuel
Macron, ministre de l'Economie. "J'espère que le texte ne sortira pas trop
dénaturé du débat parlementaire", avance Alain Dehaze, président d'Adecco
Groupe France. Les uns et les autres espèrent qu'ils pourront brandir ce
symbole de modernité pour convaincre leurs sièges d'investir en France.
Pour Hewlett-Packard
France, Gérald Karsenti résume la problématique : "Nous ne rencontrons
aucun problème dès qu'un investissement est lié à la croissance du chiffre
d'affaires en France, mais, s'il s'agit de savoir où l'on implante telle entité
qui travaille pour l'ensemble du groupe - un centre de recherche, par exemple
-, le choix ne se fait pas en faveur de la France." Alain Dehaze le dit
tout aussi clairement : "La France n'est pas prioritaire dans notre croissance
externe."
Le spécialiste du travail
temporaire ne brûle donc pas de l'envie d'acheter une entreprise hexagonale. Il
n'est pas le seul, puisque 77% des responsables sondés pensent que leur maison
mère ne va pas investir davantage en France dans les années qui viennent.
Toutefois, 23% répondent positivement à cette question, et ce chiffre n'est pas
négligeable. Si l'on ajoute que 90% pensent que la France peut redevenir un
pays attractif, tout espoir n'est pas perdu. Dans cet heureux scénario, après
une année 2014 consacrée aux belles paroles, 2015 serait celle des actes et des
résultats. C'est le souhait des présidents de filiales étrangères. C'est
probablement celui de François Hollande.
Opinion sur l'attractivité de la France pour les entreprises
D'une manière générale,
avez-vous le sentiment que la France est aujourd'hui un pays attractif pour les
entreprises?
Les points forts de la France en matière d'attractivité
Quels sont, dans la liste suivante, les trois principaux éléments qui expliquent que la France soit aujourd'hui un pays attractif pour les entreprises?
Base : à ceux qui pensent que la France est un pays attractif, soit 23% de l'échantillon.
La qualité des infrastructures de transport et de communication:90%
La présence d'une main-d'oeuvre qualifiée: 83%
L'emplacement géographique, au coeur du marché européen:37%
L'innovation technologique et le dynamisme de la recherche: 29%
L'appartenance de la France à la zone euro: 20%
Le poids du marché intérieur français, la proximité des clients ou consommateurs: 18%
La sécurité de l'environnement politique, économique et social:15%
La motivation et l'engagement des cadres et des salariés français:5%
Le dynamisme de la démographie française: 4%
Le coût de l'énergie: -
Total supérieur à 100, trois réponses possibles.
Les raisons du manque d'attractivité de la France
Les raisons du manque d'attractivité de la France
Pour chacune des raisons suivantes, dites si, selon vous, elle joue un rôle très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout important dans le manque d'attractivité de la France pour les entreprises.
La capacité de la France à redevenir attractive pour les entreprises
Pensez-vous que la France peut redevenir un pays attractif pour les entreprises?
Base : à ceux qui pensent que la France n'est pas un pays attractif, soit 77% de l'échantillon
L'opinion sur les réformes engagées par le gouvernement
D'une manière générale, les réformes engagées par le gouvernement depuis un an pour améliorer l'attractivité de la France vont-elles, selon vous...
L'opinion détaillée sur les mesures gouvernementales
Plus précisément, pour chacune des mesures suivantes prises depuis un an, dites si, selon vous...
L'opinion sur le rythme des réformes engagées par le gouvernement
Le rythme des réformes engagées par le gouvernement est-il...
L'évolution de l'attractivité de la France depuis un an
Depuis un an, avez-vous le sentiment que l'attractivité de la France...
L'impact des mesures sur le développement de son entreprise en France
Ces mesures ont-elles encouragé votre entreprise à développer son activité en France?
L'impact de différentes mesures sur l'attractivité de la France
Pour chacune des mesures suivantes, dites si, selon vous, elle aurait un impact positif pour l'attractivité de la France?
L'image de la France auprès des sièges mondiaux correspond-elle à la réalité?
Diriez-vous que l'image de la France auprès de vos sièges mondiaux...
L'image de la France auprès des sièges mondiaux
D'une manière générale, la France a-t-elle une image très positive, assez positive, pas vraiment positive ou pas positive du tout auprès de vos sièges mondiaux?
L'intention d'investir en France
Pensez-vous que, dans les années qui viennent, vos maisons-mères vont investir davantage en France pour développer leurs activités dans le pays?
Créée par HEC Paris et le cabinet de conseil AXESSIO, la première édition des « Blue Awards » vient de récompenser neuf entreprises françaises qui ont réussi à créer leur propre marché.
Eclairage sur un modèle d’Innovation initié par la valeur de l’offre.
Je vous laisse découvrir les gagnants. Vous pourrez également en savoir plus sur le prix lui-même.
Hier soir, jeudi 11 décembre, s’est tenue la nouvelle édition du Prix du Leadership qui a récompensé deux nouvelles personnalités du monde de l’entreprise ayant fait preuve d’innovation en termes de leadership et de management. Cet événement a été créé par le Cercle du Leadership qui a pour ambition de mettre à l’honneur les stratégies les plus méritoires appliquées en entreprise. Permettre un partage des connaissances et la transmission d’une vision innovante en matière de management, telles sont les missions que s’est donné le Cercle du Leadership.
Pour cette deuxième édition, le jury a ainsi choisi de décerner le Prix du Leadership 2014 à Georges Plassat, PDG de Carrefour, qui a su remplir ses fonctions avec efficacité et simplicité. Directeur d’une grande entreprise de plus de 400 000 salariés, il a réussi à mettre en place un leadership de proximité en veillant à être présent sur le terrain en permanence. Etre au plus près des collaborateurs et instaurerune relation de confiance sont deux objectifs qui font partie des priorités de Georges Plassat en tant que chef dirigeant. Le Jury a également souligné sa faculté à redresser les entreprises dont il prend les rênes, dont Carrefour.
Cette édition était également l’occasion pour le Jury de remettre le Prix Espoir du Leadership destiné aux jeunes entrepreneurs et c’est tout naturellement que Frédéric Mazella, Président fondateur de Blablacar, a été distingué pour son site de co-voiturage lancé en 2006. Entrepreneur créatif, il s’est démarqué par des méthodes de management originales favorisant laproximité, l’autonomie et la responsabilisation des équipes. Par ailleurs, en créant un concept qui répond à un véritable besoin sociétal, lutte contre la pollution, économie de partage…, le Jury a également récompensé Frédéric Mazella pour ses qualités deleadership d’influence.
Georges Plassat, president du groupe Carrefour recevant le prix de Gérald Karsenti
Les nominés pour le Prix du Leadership étaient :
Clara Gaymard, Présidente de GE
Jacques-Antoine Granjon, Président de Ventesprivées.com
Françoise Gri, DG de Pierre & Vacances
Franck Riboud et Emmanuel Faber, Président & DG de Danone
Les nominés pour le Prix Espoir du Leadership étaient :
Emmanuelle Duez, Fondatrice et Dirigeante de Women´up The Boson Project
Céline Lazorthes, Fondatrice et Présidente de Leetchi
Anne Leitzgen, Présidente de Salm
Alexandre Malsch, Co-fondateur et Directeur Général Melty
Le 17 novembre dernier, HP
a officiellement inauguré le programme HP Start Up, un projet
d’aide aux start-up innovantes grâce aux solutions HP qui a pour objectif de
trouver les pépites de demain.
C’est au Laboratoire
(Paris, 1er arrondissement) que s'est déroulé l’événement.
Devant des journalistes et
des membres de l’écosystème des start-up, le programme a été détaillé.
Après une introduction de
Gérald Karsenti, Monique Esteves, en charge du projet start-up, a mené ce
lancement avec une présentation du plan d’actions.
La session s'est alors
poursuivie par une table ronde interactive réunissant des entrepreneurs.
Gérald Karsenti et Monique Esteves avec des dirigeants de Start-up
A la fin du post 1 de cette nouvelle rubrique "Nouveau modèle de société ? Nouveau leadership ?", j'écrivais qu'avant de définir les qualités du leader de demain, encore fallait-il savoir ce que serait justement le monde de demain ? Vers quoi allons-nous ? En fonction de cela, nous verrons bien si les leaders actuels sont capables d'évoluer dans ce nouvel environnement ou s'il nous faudra au contraire aller chercher une nouvelle génération, plus à même d'embrasser les défis actuels et à venir.
Ce n'est pas faux. Et en même temps, il serait légitime de se demander si ce ne sont pas les femmes et les hommes qui vont influencer notre évolution future ... et ce que sera notre environnement demain. Il en a au fond toujours été ainsi. Aux moments clés de l'histoire de l'humanité, il y a toujours eu des individus, hors norme, que ce soit du côté de l'entreprise ou du monde public et politique, qui ont surgi pour guider les autres, pour trouver de nouveaux chemins.
Pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui ?
Il n'y a là aucune raison en réalité que cela soit différent. Le génie humain a inventé les religions, le monothéisme en particulier, le concept même de la démocratie, de la liberté, le droit, mais il a aussi permis de constamment faire progresser la pensée, les idées, l'art. Le progrès technique nous permet de mieux vivre, plus longtemps, en meilleure santé, de gagner du temps, de faire des choses que nous n'aurions pu imaginer quelques décennies plus tôt. On peut par exemple traverser l'atlantique en quelques heures aujourd'hui ! C'était impensable au début du siècle dernier. On soigne des cancers, on prévient des infarctus, on imprime des objets (3D) et on se déplace avec son bureau ou son "chez soi" grâce aux technologies de la mobilité.
L'innovation, voilà bien ce qui guide le monde. Elle permet de progresser, de changer notre vision du monde, nos paradigmes. Elle permet aux entreprises de concevoir de nouveaux produits et services, de dégager des profits qui servent au réinvestissement et à la création de valeur et d'emplois ! Sans innovation, le monde ne serait pas là où il en est.
Il y a une condition néanmoins. Faut-il encore que cette innovation soit tournée sur le bien-être, sur le service rendu à la communauté. Un produit qui n'aurait aucune utilité permettrait peut-être d'enrichir un individu ou plusieurs pendant un temps donné mais au final il n'y aurait là aucune création de valeur.
Alors, comme je le dis souvent, notre société a évolué par étape depuis la fin de la première guerre mondiale. Avant 1940, les lettrés dominaient. Passer un bac philo ou entrer à Normale Sup en section littéraire ou philosophique était la panacée. Les idées avaient le vent en poupe. Après la seconde guerre mondiale, il a fallu tout reconstruire. Les ingénieurs ont pris la barre et gouverné pendant les trente glorieuses. Cela va profondément modifier l'évolution sociétale des économies occidentales. Mais après deux chocs pétroliers et une industrie plus ou moins bien rétablie, il a fallu trouver un nouveau carburant. Les marchés financiers allaient prendre le relais pour les deux décennies suivantes, propulsant les financiers au pouvoir. Les ingénieurs viennent flirter avec les salles de marché oubliant leur formation d'origine.
Mais aujourd'hui, comme le dit Michel Serres, nous ne sommes pas face à une crise mais face à un "changement de monde" (voir mon post du 18 février 2013). La spéculation a tout broyé sur son passage. Nous avons eu les yeux plus grands que le ventre ou en d'autres termes nous avons vécu au-dessus de nos moyens. Cela est vrai pour nous autres individus lambda, mais aussi au niveau des entreprises (le modèle de la valorisation à court terme) ou des états (accroissement des déficits publics et par là-même de la dépense publique).
Le modèle actuel ne convient plus. Il faut imaginer un monde différent. Il va falloir le "digitaliser" pour en tirer tout le potentiel, intégrer les générations des "digital native", la diversité et changer notre appréhension au monde, par exemple la prise en compte de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Voilà des défis passionnants qui nous font face et qu'il faudra aborder d'une façon différente.
Pour autant, il faudra le faire sans renier le passé, nos valeurs, notre culture au fond. Car nous ne sommes que le produit de notre histoire. Impossible de se projeter sans en avoir la pleine maitrise.
L'innovation n'a jamais cessé. Mais l'innovation utile s'est un peu éloignée. Elle n'est pas toujours recherchée et n'est plus l'élément vital de décision. On innove pour vendre et moins pour être utile à la société. Pourrait-on renoncer aujourd'hui à mettre sur le marché un produit néfaste et inutile mais porteur d'enrichissement potentiel. J'espère que oui mais je n'en suis pas du tout persuadé.
Nous sommes dans une société de l'hyper-consommation. Et nous allons devoir revoir nos objectifs. Aussi pour des raisons liées à l'environnement. Que veut-on faire du monde de demain ? Y répondre c'est définir une direction et un axe d'évolution pour l'humanité avec une inflexion certaine et nécessaire.
Ce post met en avant des idées très différentes. Les suivants y reviendront mais l'idée de ce jour est celle-ci : après les littéraires, les ingénieurs, les financiers ... eh bien nous allons vers les créatifs !!! Ce sont les créatifs qui vont faire bouger les frontières. Plus que les politiques au fond. Les créatifs seront partout. Dans l'entreprise, dans l'enseignement, dans les administrations, dans les gouvernements, dans l'art, partout.
L'ère à venir sera celle de la créativité sélective ou de la créativité utile. Pas créer pour créer. Mais créer pour le mieux.
Et bonne nouvelle, cette fois personne ne devrait être privilégié ou défavorisé. Car chacun peut créer et innover. Le profil comptera plus que la formation. La personnalité primera plus que le reste. L'envie, la passion, l'élan que l'on saura générer ou pas.
C'est sans doute pourquoi on nous parle sans cesse de startups, d'entrepreneuriat et de tout ce qui touche à la création. Car nous sentons que les choses vont peu à peu dans ce sens.
Nous cherchons un nouveau modèle. L'innovation en sera le ciment. Là il n'y a aucun doute. Il convient même de l'espérer.
Le monde qui nous entoure est complexe et turbulent. Tout bouge très vite. Trop vite parfois. Les technologies sont de plus en plus performantes. Elles nous permettent en réalité de presque tout envisager. Et c'est cela même qui peut en inquieter certains. Où sont les limites ? Comment les définir ? Qui doit les poser ? Le faut-il seulement ?
Le progrès technique a été tel au cours des trois dernières décennies qu'il ne semble y avoir aucune limite. Dans le même temps, les coûts ont été divisés par deux ou par trois. L'information circule à la vitesse de la lumière au moindre coût. On a parfois à peine le temps de se familiariser avec une technologie donnée qu'elle est remplacée ! Faut-il le regretter ? Peu importe ... car ce n'est peut-être pas la bonne question.
Pour autant, nous sommes tous, à des degrés différents, inquiets, perplexes, en questionnement. En particulier sur ce que sera la société de demain. Nous voulons comprendre, donner du sens à nos existences, nous recherchons bonheur et bien-être. Nous voulons trouver des nouveaux équilibres alors même que tout est fait pour les rompre. Pris dans le tourbillon des réseaux sociaux, d'une communication incessante et parfois paralysante, nous vivons dans le "toujours connecté", toute notion d'étanchéité entre vie privée et vie professionnelle tendant à s'estomper peu à peu. Et pourtant, il faut bien se ressourcer. On ne peut être performant et créatif sans prendre régulièrement le recul nécessaire.
Alors il est peut-être tant de revenir à l'essentiel. Car si les générations changent, si les besoins évoluent, il existe malgré tout une constante, et cette constante est vitale. Elle fédére, elle rassemble, elle crée le ciment entre des individus qui diffèrent pourtant en de nombreux points, qui n'ont même parfois pas les mêmes vues ou opinions, mais qui se retrouvent à un moment autour d'un projet commun. Cette glu s'appelle la culture. Celle-ci est indélébile. Nous la transmettons de père en fils, de génération en génération. Grâce à elle, nous savons qui nous sommes. Elle nous définit et nous sert de phare, de point de ralliement. Elle est un cri intérieur, une source d'apaisement. Des membres d'une même groupe peuvent la définir différemment, peu importe au fond, du moment qu'ils vibrent à l'unisson.
La fracture que nous vivons aujourd'hui, du moins depuis la crise de 2008, correspond en réalité à une nouvelle adaptation de celle-ci. Car si elle ne peut pas être copiée par d'autres, elle peut évoluer. En cela, les jeunes générations, la Y, et même la Z qui pointe son nez, jouent un rôle prépondérant. Les "Digital Native" ne sont pas "déjantés", comme nous pourrions le penser de prime abord. Non, ils ont des aspirations différentes des générations précédentes, mais se retrouvent curieusement sur l'essentiel. Ils ne sont pas prêts par exemple à tous les sacrifices au nom d'une sacrosainte carrière. Cela ne veut pas dire qu'ils veulent travailler moins. cela veut dire qu'ils veulent travailler mieux et en tout cas différemment. A coup sûr, ils vont insuffler quelque chose de très nouveau.
Le modèle capitaliste s'est depuis longtemps imposé comme le thermomètre du monde moderne. L'économie de marché, si critiquée, a finalement été adoptée par la plupart des économies occidentales et des courants politiques, de droite comme de gauche. Rien ne compte tant de toute façon que de croître et d'assurer le plein emploi. Une phrase d'un révolutionnaire me revient à l'esprit. Alors qu'il se trouve à la tribune, il s'adresse aux représentants du peuple en ces termes : "La faim et la privation de liberté sont les deux piliers de la révolte". Bien que je ne me souvienne plus de son nom, force est de constater que cela reste vrai aujourd'hui encore !
Sans croissance économique, nous ne pourrions rien envisager. Mais si le modèle actuel a toutes les raisons de perdurer, il ne le pourra qu'au prix d'une profonde adaptation. Car nous ne pouvons pas continuer de sacrifier le long terme à des résultats boursiers de court terme. Nous ne pouvons pas continuer de poursuivre la coupe des coûts au nom d'une prétendue recherche de compétitivité. Nous ne pouvons pas poursuivre notre quête de productivité sans nous soucier de trouver de nouvelles formes d'équilibre, mélange d'économique et de social. Nous ne pouvons pas évoluer dans un écosystème en faisant abstraction de son devenir. Il est fait de femmes et d'hommes, qui sont autant d'êtres humains que de consommateurs potentiels.
J'entame donc une série de posts, sous forme de questions. Je vais les partager sur LinkedIn. Je vous encourage à les commenter et à donner votre point de vue sur les questions soulevées en me rejoignant.
Tout cela devrait nous amener à nous questionner sur le modèle de société de demain. Et au-delà à l'évolution des formes de leadership. Nous allons avoir besoin de leaders différents pour aborder le monde de demain.
Prochain post : avant de parler des caractéristiques du leader de demain à quoi ressemblera la société de demain ?
Ci-dessous le lien pour lire mon premier édito en tant que président du cercle du leadership. Un thème passionnant, éternel, nécessaire et plus que jamais d'actualité. Nous avons de beaux chantiers de réflexion devant nous.
Je souhaitais informer mes lecteurs de ma nomination en tant que Président du Cercle du Leadership, sachant que Philippe Wattier garde la direction opérationnelle. Il en est par ailleurs le fondateur.
La vocation du Cercle du leadership est de réunir des dirigeants de grandes entreprises désireux de promouvoir une vision et des actions innovantes en matière de management et de leadership.
Il s’appuie sur des partenaires : grandes entreprises industrielles, de service ou de prestations intellectuelles, qui ont la volonté de s’y engager en y apportant leur notoriété et leur expérience. Ces entreprises ont en commun la conviction que les avantages concurrentiels durables résultent aujourd’hui principalement des capacités à mobiliser les talents dans des organisations et des environnements complexes.
Il s’adresse aux dirigeants qui souhaitent adhérer au Cercle pour stimuler leur réflexion et leurs échanges sur ce thème et bénéficier ainsi d’un éclairage global sur une question essentielle pour la réussite de leur entreprise .
Il se différencie de la plupart des Clubs ou des Cercles existants en ce qu’il a pour ambition de réunir des dirigeants venant de toutes les fonctions de l’entreprise, membres du Codir en général, (DG, CFO, Dircom, DRH, Directeur de marketing, de production etc…) pour les amener à réfléchir à un sujet unique, le leadership et pour mener des expériences concrètes de leadership en s’engageant dans la Société.
Il organiseun certain nombre d’événements chaque année :
des conférences et des débats axés sur la réflexion, la confrontation d’idées, le partage des expériences, l’innovation et le développement personnel,
des visites in situ, dans un but de partage des pratiques et des expériences et de découverte de nouvelles perspectives,
des publications, pour garder en mémoire ses travaux, étendre son influence, valoriser ses réflexions aux yeux des tiers.
Le Cercle fonde son fonctionnement sur la force des idées, l’esprit de générosité et l’intelligence collective entre ses partenaires et ses adhérents. Il est indépendant de toute obédience de quelque nature qu’elle soit et se vante de réunir en son sein une diversité de pensées et d’opinions qui font sa force.
PDG de Hewlett Packard Enterprise en France, conférencier, professeur affilié à HEC Paris et président du think-tank "le Cercle du Leadership", je suis l'auteur de trois ouvrages de management/ essais (voir ci-dessous) et de diverses publications. Je suis par ailleurs diplômé de l'IEP de Paris (Sciences Po Paris), de HEC Paris (MSc), de l'université d'Oxford et de l'IAE Paris (MS Finance). Mes passions tournent autour du sport (Rugby en particulier), de l'art, de la littérature et de l'histoire (l'Antiquité en particulier).