08 juillet 2012

Rencontres économiques d'Aix-en-provence 2012

J'assistais ces trois derniers jours aux 12ème Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence organisées par le Cercle des Economistes (dont le président est Jean-Hervé Lorenzi). Le thème, sous lequel les discussions se sont inscrites, était "Et si le soleil se levait aussi à l'Ouest ... ou la nouvelle dynamique mondiale". Amusant d'une certaine façon. Moins de l'autre. Les sessions "Délocalisation et relocalisation", "L'innovation" ou "Choc des cultures et des modèles sociaux. Quel renouveau ?" étaient intéressantes, porteuses d'idées. Il y avait aussi de nombreuses personnalités, dont l'ancien Président de la République française Valéry Giscard d'Estaing ou le nouveau ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici. Mais au final pas de grandes révolutions, si ce n'est une conviction : l'Europe doit se dépêcher de s'adapter ou la douche risque d'être très froide. Le BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) nous font une concurrence effrénée, tout en se dépêchant de nous dire qu'ils admirent l'Europe, la France en particulier et qu'ils rêvent d'arriver là où nous en sommes. L'argument n'est pas infondé, sans doute sincère même, car effectivement nous disposons d'un système social, je dirais presque "sociétal", stable, enviable pour beaucoup. Nous vivons dans des démocraties, où le mot "liberté" prend tout son sens. On peut comprendre l'envie des autres de nous copier de ce point de vue. Mais tout cela a un prix. Ne rejetons pas ce modèle, nous y sommes globalement attachés. Il coûte cher, mais c'est aussi ce qui a permis de construire cette France que nous connaissons et que nous apprécions. Pas sûr que nous aurions aussi bien résisté sans lui. Cependant, les conséquences sont connues. Notre coût du travail est élevé. Notre croissance difficile à trouver. Nos emplois s'envolent et notre industrie fout le camp. Sans compter que dans les services nous devons lutter contre des taux journaliers qui se situent 3 à 7 fois plus bas que les nôtres ! De quoi refroidir même les plus optimistes. La réponse, nous la connaissons. Valeur, valeur et valeur !! Nous n'avons plus trop le choix, nous devons monter en gamme et proposer aux clients des services de haute volée et des produits différenciés. C'est à ce prix que nous pourrons renouer avec la croissance. Et pour atteindre cet objectif, il faut ... innover ! Notre salut est dans l'innovation. Au fil des conférences d'Aix, il était facile de détecter l'un des fils conducteurs du renouveau français et européens ... l'innovation effectivement. C'est le coeur du problème, la solution à nombre de nos maux.

Le Cercle des Economistes

Nous avons aussi eu l'occasion, pour certains, d'assister à des opéras. C'est la saison bien sûr à Aix. Samedi soir, on donnait "Les Noces de Figaro" de Wolfgang Amadeus Mozart, sur une mise en scène de Richard Brunel (très originale car "moderne") et sous la direction musicale du Chef d'Orchestre Jérémie Rhorer, un jeune homme très brillant, avec qui j'ai eu l'occasion de partager un diner la veille et donc d'échanger, comme les 8 autres convives. J'avoue avoir été très impressionné par son talent, sa verve, son dynamisme et sa vision. Le lendemain, il ne m'a pas déçu, bien au contraire. Si vous avez l'occasion, faites un détours par Aix, vous ne le regretterez pas. 


Jérémie Rhorer
Courte biographie de Jérémie Rhorer :


Né en 1973, Jérémie Rhorer a fait partie de la Maîtrise de Radio-France, puis étudié au CNR puis au CNSM de Paris (flûte, clavecin, écriture; écriture, orchestration et clavecin). Il se forme à la direction avec Emil Tchakarov.
Sur ses conseils, il fonde son orchestre : Les Musiciens de la Prée. Avec cette formation, il attire l’attention de Christopher Hogwood et de Marc Minkowski dont il devient l’assistant. Il travaille ensuite avec William Christie en tant que chef assistant, notamment pour le Jardin des voix ou Les Boréades. Il dirigera les Arts Florissants à Vienne dans Hercules de Haendel. Il dirige aussi l’Ensemble orchestral de Paris ou les Musiciens du Louvre.
Il est également compositeur (quatuor à cordes, Rodéo pour clarinette et piano, créé par Paul Meyer) Il a enregistré les concertos pour orgue de Haydn avec Olivier Vernet et la Missa pro defunctis de Cimarosa.